•     Actualités   CYBERACTION URGENTE - CLAMONS PAR MILLIERS

      "I AM (je suis) GUARANI KAIOWÁ"

     POUR ENDIGUER LE GÉNOCIDE DE CE PEUPLE AU BRÉSIL

    Arrêtons le génocide des Indiens du Brésil  1) au choix, écrivez #‎IamGuaraniKaiowa avec un marqueur noir sur une feuille A4 ou téléchargez ce visuel à imprimer ou à afficher sur votre écran (tablette, ordinateur, etc...) ;

      2) faites une photo avec votre support #IamGuaraniKaiowa et postez-la vous-même depuis le formulaire de notre page dédiée à : http://raoni.com/alerte/kaiowa.php.

      Avec le soutien de personnalités (Paul Watson, Pierce Brosnan, Pierre Richard…), Planète Amazone relaye une cyberaction internationale d’urgence et appelle les internautes du monde entier à se mobiliser par milliers pour sauver le peuple Guarani-Kaiowá en se mettant en scène avec le hashtag #IamGuaraniKaiowa.

       Postés sur une page dédiée, les photos seront transmises à la Présidente du Brésil, afin de l’exhorter à signer prestement le décret d’homologation de 22 terres indigènes Guarani-Kaiowá, comme l’y oblige la Constitution de 1988, pour mettre fin aux conflits fonciers motivant l’annihilation de ce peuple de 45 000 âmes par les grands propriétaires terriens. Madame Rousseff bloque volontairement le processus de reconnaissance de ces terres indigènes depuis plusieurs années, sous la pression des puissants géants de l'agro-industrie. Actuellement, ce peuple fier, qui vivait en harmonie avec la nature, en est réduit à survivre misérablement dans des campements de fortunes recouverts de bâches plastiques, à la merci de fréquentes attaques d'hommes de mains armés à la solde des producteurs d'éthanol.

      Vos photos seront transmises à Dilma Rousseff, présidente du Brésil, avec une demande écrite émanant du peuple Guarani-Kaiowá exigeant la démarcation immédiate de leurs terres envahies, tel que stupulé dans l'article 231 de la Constitution de 1988.

      Ils ont déjà participé:

       Paul Watson & Yana Watson :

      " Yana et moi voudrions vous demander à tous, s'il vous plaît, de vous prononcer contre le génocide du peuple indigène Guarani-Kaiowá, au Brésil. Ils sont tués, violés et leurs enfants sont kidnappés. Il n'y a pas de justice pour eux de la part du gouvernement. Tout simplement parce que les riches propriétaires veulent leur terre, qu'ils prennent sans crier gare, détruisant leur forêt pour faire des plantations de canne à sucre et de soja! Tout ce que les Guarani-Kaiowá demandent c'est qu'on les laisse tranquille sur leur propre terre, afin qu'ils puissent continuer leur vie traditionnelle. Si nous ne prenons pas des mesures dès maintenant, le peuple Guarani-Kaiowá aura disparu dans moins de dix ans. Diffusez des informations, partagez, faire la même chose que je fais, si nous prenons tous des mesures pour les aider, nous allons sauver des vies, et la vie de la forêt du Brésil! "

       Pierre Richard et son épouse Ceyla :

      « L’horreur est à son comble ! Voilà qu’on tue encore au XXIème siècle les Indiens du Brésil, comme aux temps de la conquête. Les grands propriétaires terriens, sous le regard indifférent des autorités – quand elles ne sont pas complices –, les massacrent pour s’accaparer leurs terres au nom du Dieu Ethanol. Circulez les « sauvages », y a rien à voir ! Et si vous n’êtes pas contents une balle dans la tête ! Femmes, enfants, sans distinction. Où est la conscience morale dans tout ça ! L’humanité est bien malade l’argent finira par l’étouffer définitivement ! »

       Date de l'article : 27/07/2015   raoni.com


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  • Regarder la télévision diminue notre espérance de vie et bouleverse notre cerveau

     12 juin 2015,

    tous les jours je lave mon cerveau avec la tele

    La télévision affecte la santé et diminue l'espérance de vie

    En 2011, une étude scientifique malheureusement peu relayée dans les medias français avait montré que chaque heure passée devant la télévision réduisait l'espérance de vie. Ces travaux tout à fait sérieux ont été publiés dans la Revue Britannique de la Médecine Sportive (BJSM) et réalisés par des chercheurs de l'Université du Queensland à Brisbane (Australie). Ces scientifiques, dirigés par Lennert Veerman, ont utilisé et analysé l'ensemble des données épidémiologiques acquises en 1999-2000 auprès d'une cohorte de 11 247 Australiens. Ils ont ainsi pu évaluer l'impact de la télévision sur l'espérance de vie de leurs concitoyens : selon ces calculs, en 2008, les 9,8 milliards d'heures de télévision consommées par les Australiens auraient réduit l'espérance de vie moyenne des hommes de 21,6 mois et celle des femmes de 18 mois. Regarder la télévision 3 heures par jour pendant vingt ans réduirait donc en moyenne l'espérance de vie d'une année !

    Ces résultats implacables et très solides ne font que confirmer une autre étude publiée dans le Journal de l'Association Médicale Américaine (JAMA), réputé pour sa rigueur scientifique. Cette méta-analyse englobe les données de plusieurs cohortes suivies entre 1970 et 2011 aux Etats-Unis et elle aboutit à des conclusions très proches. Selon ces travaux, les personnes soumises à deux heures de télévision quotidienne ont un risque de développer un diabète de type 2 accru de 20 % et voient leur probabilité de souffrir d'une affection cardio-vasculaire augmentée de 15 %. Au final, la mortalité globale de ces téléspectateurs est augmentée de 13 %.

    S'agissant de l'impact psychique et neurobiologique de la télévision, une étude américaine publiée en 2005 a étudié les modes de vie de 135 personnes développant une maladie d'Alzheimer et les a comparés aux habitudes d'un groupe témoin de 331 personnes exemptes de cette maladie. Les conclusions de ce travail sont pour le moins étonnantes et montrent que chaque heure passée devant la télévision augmente sensiblement le risque de développer ce type de démence.

    La télévision accroît les risques de troubles de l'attention chez l'enfant

    Une autre étude publiée en 2011 par des chercheurs de l'Université de Virginie s'est focalisée sur trois groupes de 60 enfants âgés de quatre ans. Le premier groupe a regardé pendant neuf minutes un dessin animé au rythme très rapide. Le deuxième a visionné pendant la même durée un programme éducatif et enfin le troisième groupe a réalisé une activité de dessins. Tous ces enfants ont ensuite été soumis à quatre tests classiques mesurant leur capacité de concentration et leurs facultés logiques. Le résultat est sans appel : tous les enfants ayant regardé les dessins animés au rythme trépidant ont beaucoup moins bien réussi les tests que les enfants des deux autres groupes.

    Ces expériences confirment les travaux d'un autre scientifique de renom, Frédéric Zimmerman, de l'Université de Californie. Celui-ci a en effet montré qu'en moyenne, chaque heure quotidienne que les enfants de moins de trois ans passent à regarder la télévision correspond à un doublement du risque de développer des problèmes d'attention cinq ans plus tard. S'appuyant sur ces différentes études, la communauté scientifique considère à présent de manière consensuelle que le fait de regarder régulièrement la télévision avant l'âge de deux ans est associé à des retards de langage, des retards cognitifs et, plus tard dans la vie, à de moins bons résultats scolaires ainsi qu'un risque accru de troubles de l'attention.

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  • Le FBI mis en cause dans l’organisation d’attentats par des Américains musulmans

     


     Logo du FBI, Federal Bureau of Investigation. | AFP/BRENDAN SMIALOWSKI
     


    Par Le Monde.fr avec AFP, le 21 juillet 2014

    Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d’opérations de filature montées de toutes pièces. C’est la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié lundi 21 juillet.

    Dans nombre des plus de 500 affaires de terrorisme conduites par les tribunaux américains depuis le 11 septembre 2001, « le ministère américain de la justice et le FBI ont ciblé des musulmans américains dans des opérations clandestines de contre-terrorisme abusives, fondées sur l’appartenance religieuse et ethnique », dénonce ce rapport étayé de nombreux exemples.
     

    « LE FBI POURRAIT AVOIR CRÉÉ DES TERRORISTES  »

    L’organisation, aidée de l’Institut des droits de l’homme de l’école de droit de l’université de Columbia, a en particulier étudié vingt-sept affaires, de l’enquête au procès, en passant par l’inculpation et les conditions de détention, et interviewé 215 personnes, qu’il s’agisse des inculpés ou condamnés eux-mêmes ou de leurs proches, d’avocats, juges ou procureurs.

    « Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l’idée de commettre un acte terroriste », résume l’ONG, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30 % des cas, l’agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d’attentat.

    Dans de nombreux cas, les personnes ciblées « n’étaient apparemment pas impliquées dans un plan terroriste ni dans le financement de plans terroristes au moment où le gouvernement a commencé à enquêter sur eux », poursuit l’ONG.

    PERSONNES VULNÉRABLES 

    Selon HRW, le FBI a souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Des informateurs ou policiers infiltrés auraient alors interagi avec elles en élaborant le plan d’attentat, en fournissant les ressources pour le mettre en œuvre, puis en persuadant, voire en faisant pression sur la personne pour qu’elle y participe.

    L’étude cite notamment les « quatre de Newburgh », accusés d’avoir planifié des attentats contre des synagogues et une base militaire américaine, alors que le gouvernement avait, selon un juge, « fourni l’idée du crime, les moyens, et dégagé la voie », transformant en « terroristes » des hommes « dont la bouffonnerie était shakespearienne ».

    Le rapport cite également le cas de Rezwan Ferdaus, condamné à dix-sept ans de prison à l’âge de 27 ans pour avoir voulu attaquer le Pentagone et le Congrès avec des mini-drones bourrés d’explosifs. Un agent du FBI avait dit de Ferdaus qu’il avait « de toute évidence » des problèmes mentaux, mais le plan avait été entièrement conçu avec le policier infiltré, le FBI ayant notamment financé son voyage et son armement.


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  •  Mediator : l’Etat pris en faute

    Jeudi 10 Juillet 2014
     
    Clotilde Cadu - Marianne
    Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé 

    Le tribunal administratif de Paris estime que les pouvoirs publics ont commis une erreur en laissant sur le marché le coupe-faim du laboratoire Servier. Une première dans ce scandale sanitaire qui n'est pas sans conséquence. Cette décision permettra à l'ancienne consommatrice de Mediator qui avait saisi la justice en 2013 d'être indemnisée dans un délai raisonnable. Quand les autres procédures peuvent prendre jusqu'à une dizaine d'années...


    ESCHER/JDD/SIPA
    ESCHER/JDD/SIPA
     
    Les pouvoirs publics n’ont pas fabriqué le Mediator. Certes. Mais ils l'ont laissé sur le marché alors que des doutes sur la dangerosité du médicament existaient. Une faute qu’a décidé de sanctionner la justice : le tribunal administratif de Paris a retenu la responsabilité de l’Etat dans l’affaire des coupes-faims de Servier.

    « L’absence de suspension ou de retrait de l’autorisation de mise sur le marché du Mediator est constitutive d’une carence fautive de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) de nature à engager la responsabilité de l’Etat à compter du 7 juillet 1999, date de la séance de la commission nationale de pharmacovigilance à laquelle a été évoquée la situation du benfluorex (la molécule du Mediator, nldr) », peut-on lire dans le jugement rendu public le 3 juillet dernier (voir ci-dessous).

    Pour la première fois, l’Etat est déclaré « responsable des conséquences dommageables éventuelles » de Mme A., une ancienne consommatrice de Mediator qui avait saisi la justice en 2013. « Le tribunal administratif de Paris a retenu que les fautes des laboratoires Servier n’empêchent pas la responsabilité de l’Etat en tant qu’autorité de tutelle de l’AFSSAPS », indique Martine Verdier, l’avocate de Mme A.

    Une expertise médicale a été ordonnée, qui permettra par la suite de statuer sur l’indemnisation à verser à la victime. L’Etat pourra se retourner contre les laboratoires Servier, mais, au moins, la patiente sera indemnisée dans un délai raisonnable, quand les autres procédures traînent en longueur (au moins 2 ans auprès de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, sans doute une dizaine d’années au civil…). « Il existe des moyens d’échapper à ce qui peut sembler inéluctable », se félicite Me Verdier. En mai dernier, l’avocate avait obtenu un jugement favorable pour une victime d’un autre scandale sanitaire, celui du Distilbène, après plus de dix ans de bataille judiciaire.

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      La campagne en faveur de la tribu la plus menacée de la Terre a triomphé : le Brésil a annoncé que tous les envahisseurs du territoire awá ont été expulsés.
    © Survival

      Dans une victoire sans précédent de la campagne pour sauver les Awá, la tribu la plus menacée de la Terre, le gouvernement brésilien a annoncé que tous les envahisseurs de leur territoire dans l’est amazonien avaient été expulsés.

      Cette  nouvelle parvient exactement deux ans après que Survival International ait lancé, avec le soutien de l’acteur de renommée internationale Colin Firth, une campagne de grande envergure pour sauver les Awá de l’extinction – marquant une nouvelle étape dans l’histoire de Survival et de ses efforts pour protéger les territoires des peuples indigènes.

      En janvier dernier, sous une pression internationale sans précédent, le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d’hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá. A l’issue d’un survol de la zone la semaine dernière, le procureur public et le juge saisis du dossier ont remis aux Awá un document officiel confirmant que tous les non-Indiens avaient été expulsés de leur territoire.

      Le territoire awá renferme quelques-unes des dernières parcelles de forêt tropicale d’Amazonie orientale, en dépit du fait que les bûcherons clandestins en aient détruit plus de 30 %.

    Le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d'hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá.
      Le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d'hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá.

                                              © Silvano Fernandes/FUNAI

      Des experts brésiliens avaient averti que les Awá, l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs nomades d’Amazonie, risquaient l’extinction si aucune mesure n’était prise. La centaine d’Awá qui demeurent isolés et refusent tout contact sont particulièrement vulnérables aux maladies introduites par les étrangers qui pourraient les décimer .

      Les Awá avaient lancé de nombreux appels pour que soient prises des mesures d’expulsion contre leurs envahisseurs, dont la plupart étaient armés et étaient connus pour avoir commis des attaques violentes contre les Indiens.

      Un Awá avait déploré : ‘Nous ne pouvons plus chasser… nous ne pouvons plus trouver de nourriture. Les bûcherons sont ici depuis trop longtemps… nous avons alerté les autorités sur la présence des bûcherons, de leurs tronçonneuses, de leurs machines et de leurs camions qui grondent’.

      Nixiwaka Yawanawá, un Indien d’Amazonie en poste au siège de Survival à Londres, a déclaré : ‘Cette victoire importante est principalement due à la campagne de Survival International et à ses efforts soutenus pour protéger les forêts et la vie de mes frères et sœurs. Elle est bien évidemment le résultat de la pression de la communauté internationale sur le gouvernement brésilien pour qu’il garantisse les droits territoriaux des Indiens conformément à la constitution brésilienne. Nous sommes infiniment reconnaissants à tous nos sympathisants qui ont fait preuve d’une profonde solidarité dans ce combat pour la vie’.

     

    De nombreuses personnalités et des centaines de sympathisants ont photographié le logo de la campagne dans 38 pays en soutien à l'action de Survival en faveur des Awá.
      De nombreuses personnalités et des centaines de sympathisants ont photographié le logo de la campagne dans 38 pays en soutien à l'action de Survival en faveur des Awá.
    © Survival

    Faits et chiffres de la campagne de Survival en faveur des Awá :
    - Plus de 57 000 messages ont été envoyés au ministre de la Justice brésilien lui demandant de prendre des mesures pour expulser les bûcherons clandestins.

    - De nombreuses personnalités, telles que le photographe brésilien de renommée internationale Sebastião Salgado, l’actrice Gillian Anderson, la créatrice de mode Vivienne Westwood, le musicien Julian Lennon, et bien d’autres encore, ont apporté leur soutien à cette campagne.

    - Des centaines d’’awáicons’ – le logo de la campagne – ont été photographiés dans des sites célèbres de 38 pays.

    - Trois campagnes publicitaires ont attiré l’attention de millions de personnes dans le monde sur le sort des Awá.

    - La Commission interaméricaine des droits de l’homme, la plus haute instance des Amériques en matière de droits de l’homme, a pris des mesures suite à un appel urgent lancé par Survival et l’ONG brésilienne CIMI, qui défend les Awá depuis des décennies.

       Survival appelle maintenant les autorités brésiliennes à mettre en place un programme de protection permanente des territoires pour éviter d’autres invasions.

       Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Nous n’aurions pu obtenir cet important succès sans la mobilisation de l’opinion publique qui a exercé une pression considérable sur le gouvernement brésilien pour qu’il agisse. Cette victoire est la preuve indéniable qu’une vague mondiale de protestations est le moyen le plus efficace pour garantir la survie des peuples indigènes. Les sympathisants des Awá à travers le monde doivent maintenant rester vigilants et veiller à ce que des mesures adéquates soient prises pour éviter de nouvelles invasions’.

    Notes aux rédactions :  (téléchargements sur le site de Survival)

    - Télécharger la chronologie de la campagne awá (en anglais, pdf, 441 Ko)
    - Télécharger le document remis aux Awá confirmant l’achèvement de l’opération d’expulsions (en portugais, pdf, 1,4 Mo)
    - Voir d’autres campagnes victorieuses menées par Survival International telles que la démarcation du territoire yanomami en 1992 et le soutien juridique apporté aux Bushmen du Botswana pour leur droit à vivre sur leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central.

    Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10205


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  •   La parole est aux herboristes !


    Chère amie, cher ami,

    Cette semaine, je vous invite à lire cette interview de Michel Pierre, herboriste de référence en France, membre du comité d’éthique de l’IPSN et auteur de plusieurs ouvrages sur les plantes. Sans doute serez-vous, comme moi, révolté par la façon dont les autorités persécutent ceux qui permettent de soigner par les plantes.

    En bas de ce message, vous trouverez des informations sur le congrès des herboristes qui a lieu les 17 et 18 mai prochains à Lyon (inscriptions, programme, stands).

    Michel Pierre est herboriste depuis plus de 50 ans. Sa boutique, l’Herboristerie du Palais Royal résiste encore et toujours à l’interdiction qui est faite aux herboristes d’exercer depuis la suppression du diplôme en 1941. Mais les temps ont bien changé et le vent tourne. Car malgré une condamnation récente par le tribunal correctionnel de Paris, il sait que de meilleurs jours attendent l’herboristerie. La preuve en est que son livre Les plantes du bien être, publié au mois de mars 2014 aux éditions du Chêne, est déjà un succès en librairie.

    1/ IPSN : Que retenez vous du procès qui vous a condamné simplement parce que vous tenez une herboristerie ?

    Au-delà de l’injustice que représente cette procédure, qui vient me punir après plus de 50 ans de métier sans incidents, sans plainte de qui que ce soit et sans que jamais la clientèle ne faiblisse, je reconnais avoir eu de la chance : pour moi les autorités ont attendu tout ce temps. J’ai vu tous mes camarades se faire attaquer et condamner. Pas un n’y a échappé. C’était mon tour !

    Mais la condamnation ne change rien. Pourquoi changerais-je ma façon de faire alors qu’elle apporte satisfaction au public depuis toujours ? La vérité, c’est que la législation est mal faite. Il n’y a pas de place au plan juridique pour les herboristes, alors que l’attente du public est forte. L’herboristerie appartient théoriquement au monopole pharmaceutique, mais même les pharmaciens ne peuvent pas exercer ce métier : ils ne sont pas formés pour et ils n’ont pas le droit de s’inscrire à l’ordre des pharmaciens en tant qu’herboristes. Cherchez l'erreur… Personnellement, je travaille pour ma part avec une pharmacienne dûment diplômée. Ce qui ne m’a même pas évité la condamnation…

    Ce qu’il faut retenir, c’est le soutien du public. Lui est prêt à voir changer les choses. Les autorités finiront bien par suivre le mouvement. Et faire avancer le débat, c’est aussi un devoir citoyen. Nous devons continuer à nous battre jusqu’au bout pour que cette situation intenable change. Un diplôme d'herboriste doit voir le jour !

    2/ IPSN : Les écoles d’herboristerie font le plein depuis un certain nombre d’années et le public se passionne pour la médecine par les plantes. Il y a donc une relève ?

    Une relève ? Quelle relève ? Il y a des passionnés oui. L’engouement que suscite le congrès des herboristes ou la fête des simples (1) en sont des preuves. Le flot continu de clients dans les différentes herboristeries en France, y compris de médecins et de pharmaciens, en est une autre.

    Mais il n’y a pas de relève. Il ne peut pas y en avoir. Tant que nous n’aurons pas de diplôme, nous n’aurons pas de garantie pour ceux qui veulent exercer ce métier. Il y a des gens qui ont des connaissances sur les plantes. Mais qui souhaiterait ouvrir une boutique en risquant, tout au long de sa vie professionnelle, de passer devant les tribunaux comme un délinquant simplement parce qu’il fait bien son métier ?

    3/ IPSN : En attendant que nous obtenions ce fameux diplôme, que conseillez-vous à ceux qui voudraient s’installer ?

    Il y aurait eu peut être un coup à jouer pour les magasins de diététique s’ils s’étaient positionnés autrement. Mais ils ont raté le coche. Ce qui fait l’herboriste, c’est son amour des plantes, sa capacité à les reconnaître au premier coup d’œil, à les conseiller selon ce qu’il connaît de leurs vertus et de ce qu’en dit la tradition. C’est celui qui est prêt à affronter les stocks de plantes en vrac, les fournisseurs et leurs cahiers des charges. Aujourd’hui, c’est aussi celui qui connaît les compléments alimentaires par le biais desquels on peut vendre davantage de plantes. C’est enfin celui qui connaît la législation et qui a de bons avocats. Vous voulez être herboriste ? Mon conseil est simple : provisionnez pour les procès et les tracasseries administratives. Pour le reste, allez-y, le monde est à vous !

    Congrès des Herboristes : 17 et 18 Mai 2014

    Le congrès des herboristes a lieu cette année à Lyon, au parc de la Tête d’or, les 17 et 18 mai prochains. Il est ouvert à tous professionnels et au grand public. L’objectif est de réunir tous les passionnés des plantes et de débattre sur l’avenir d’un métier qui doit retrouver toute sa place dans la société.

    Vous trouverez le programme sur le site de l'ISPN et vous pourrez vous inscrire.

    Pour les professionnels, il est possible de tenir un stand à l’occasion du congrès. Une salle dédiée est spécialement prévue pour l’exposition des stands. Pour plus d’information contactez nous à l’adresse mail suivante : adelivois@ipsn.eu

    Enfin, nous cherchons encore deux ou trois bénévoles pour tenir l’accueil ou le bar à tisanes. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez (contact@ipsn.eu), vous aussi, être acteur du congrès !

    Bien à vous,

    Augustin de Livois
    Président de l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle  

    Source :

    1 La prochaine Fête des Simples aura lieu les 27 et 28 septembre 2014 à Fleury-la-Montagne (71340) en Bourgogne


     Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
            Association sans but lucratif
                    Rue du vieux Marché au grain, 48
                                 1000 BRUXELLES
                                                                                    IPSN


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  • Thierry Crouzet | Journaliste, écrivain (Rue 89)

     

    Jeune médecin, Didier Pittet a eu un jour une idée de génie : une lotion pour se laver efficacement les mains. Un produit qui permet aujourd’hui d’éviter à des millions de gens d’être infectés par des bactéries.


    David Pittet à l’ONU, à Genève, le 10 novembre 2006 (MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA)

    Vous arrivez au boulot. « Salut ! », vous lance un collègue qui sort des toilettes. Il vous tend la main. Que faites- vous ?

    Avant de répondre, sachez que, dans le monde, selon une étude [PDF] menée par la très sérieuse Michigan State University aux Etats-Unis, 15% des hommes et 7% des femmes évitent le lavabo après avoir uriné. Un tiers des autres n’utilise pas de savon et la plupart ne se frictionne pas assez longtemps pour se décrasser les paumes. Pour résumer, nous sommes sales.

    Making of

    Cette formidable histoire a d’abord été publiée par la revue Centre Commercial. Initié par l’équipe de la marque de baskets Veja et tiré à 3 500 exemplaires, ce semestriel est disponible dans une sélection de librairies, concept-stores et sur commande en ligne. L’auteur de l’article, Thierry Crouzet, a quant à lui consacré un livre entier au « Docteur Mains Propres ». Mathieu Deslandes

    Les hôpitaux ne sont pas épargnés par ce laxisme. Sauf que dans ce cas, cela peut s’avérer mortel. On touche un malade, on en touche un autre, et les germes sautent de mains en mains. Ils se glissent par les blessures, par les perfusions, ils plongent dans le sang ou s’arriment aux os qu’ils liment avec acharnement. Résultat : une maladie nosocomiale.

    En 2001, une autre étude américaine a révélé que chaque année, 1,7 million d’Américains étaient infectés à l’hôpital, dont 5,8% décédaient. Si l’on étend ces données à la planète, on tombe sur un vertigineux 16 millions de morts, un carnage dont les médecins répugnent encore à parler. Après les maladies vasculaires, c’est la deuxième cause de mortalité à égalité avec les cancers.

    Des staphylocoques dorés qui le rongent

    Rappelez-vous Guillaume Depardieu. Un samedi soir de 1995, en moto, il percute une valise, qui vient de se détacher du toit d’une voiture, et chute violemment. Ce grand gaillard au sourire triste séjourne un an à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. On lui propose une reconstruction du genou droit. [...] L’opération se déroule bien, mais la reconstruction échoue. Il accepte une nouvelle intervention. En avril 1996, on lui place une prothèse.

    « Quand la prothèse a pris, il faut enlever des trucs, résumera-t-il. Ça, ce sont des opérations que l’on dit bénignes, qui ne sont pas aussi importantes que les opérations de reconstruction, mais qui, en même temps, nécessitent l’ouverture du corps et donc la prise de risque en terme de contamination… »

    Après cette fameuse intervention, le fils de Gérard Depardieu contracte deux types de staphylocoques dorés. Ces bactéries le rongent de l’intérieur. Au bout de quelques années, les douleurs sont si violentes qu’il décide de se faire amputer. Il s’en sort, mais en octobre 2008, vulnérable, il contracte une pneumonie, doublée d’une nouvelle infection par un staphylocoque. Il décède trois jours plus tard.

    Cette année-là, il sera l’une des innombrables victimes des maladies nosocomiales.

    Se laver les mains 22 fois par heure

    Elles n’épargnent personne. Didier Pittet a décidé de lutter contre elles.

    De l’Afghanistan au Mali, de sa Suisse natale au Japon, ce quinquagénaire affûté, en costume confortable qui lui donne un air d’Indiana Jones avant qu’il ne parte à l’aventure, parcourt le monde au nom de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour expliquer une seule chose : en se lavant les mains, on divise par deux le nombre de maladies nosocomiales. De 16 millions de morts, on tombe à 8 ! Et ce n’est qu’un début.

    Tout commence par un éclair de génie. En 1994, lors d’une étude de terrain aux HUG, les hôpitaux universitaires de Genève, Didier Pittet, alors tout jeune chef de service, découvre que les infirmières des soins intensifs doivent se désinfecter les mains au savon 22 fois par heure. Le calcul est vite fait. Se désinfecter correctement nécessite 1’30, cela répété 22 fois, il ne reste pratiquement plus de temps pour les soins.

    Conséquence : l’hygiène hospitalière laisse à désirer, les germes s’en donnent à cœur joie. C’est un problème universel. Et voilà que la pomme tombe sur la tête de Didier Pittet.

    Quelques gouttes... et adieu bactéries !

    Pour le médecin, il faut se laver les mains non pas avec de l’eau et du savon, mais avec de l’alcool afin d’obtenir un maximum d’efficacité. C’est une idée si bête que l’on peut s’en vouloir de ne pas l’avoir eue avant.

    Le jeune homme rencontre alors le pharmacien William Griffith, un spécialiste des solutions alcoolisées. Avec l’aide de ce dernier, Didier Pittet met au point une formule désinfectante à base de chlorhexidine, un puissant antiseptique avec un effet rémanent, et d’isopropanol, un alcool de synthèse à effet immédiat.

    A ces deux composés essentiels s’ajoute de l’eau, car l’alcool à 100 % ne se fixe pas aux germes et ne les détruit pas. Ce cocktail initial, une fois testé et amélioré, devient le gel antiseptique mis en vedette lors de l’épidémie de grippe H1N1.

    Soudain, voilà que l’on retrouve partout les petites bouteilles inventées par Didier Pittet et son équipe. Elles investissent les sacs à main, les cuisines, les salles de bains, les « backpacks » des routards. Quelques gouttes, vingt secondes de friction et adieu virus et bactéries.

    Des taux d’infection divisés par deux

    Surtout, depuis son adoption dans presque tous les hôpitaux de la planète, cette lotion a divisé par deux les taux d’infection et, du même coup, la mortalité.

    Avec cet extraordinaire succès scientifique, Didier Pittet devient l’un des médecins les plus cités. La reine d’Angleterre le fait « Commander » pour le remercier d’avoir aidé son pays à mettre en place un programme de prévention des infections. L’OMS le nomme leader du programme Clean Care is Safer Care. Le médecin voyage et porte la bonne parole, partout.

    En janvier 2006, il se trouve au Kenya. Après avoir visité trois hôpitaux, il roule avec la délégation de l’OMS en direction de Nairobi. Ils ont deux heures d’avance sur leur programme. Didier Pittet propose d’improviser une quatrième visite.

    Quelques minutes plus tard, il débarque dans l’une des chambres d’un hôpital choisi au hasard. Immédiatement, il aperçoit un distributeur d’alcool cadenassé installé sur un support en bois. Quelque chose ne va pas. L’alcool devrait être accessible facilement. Toute entrave ne peut que limiter l’observance de l’hygiène des mains.

    Didier Pittet finit par découvrir que l’hôpital paye les flacons presque trois fois plus chers qu’en Europe ou qu’en Amérique.

    Son sang ne fait qu’un tour. « Le prix ne doit pas être un frein à l’hygiène des mains, affirme-t-il. Si une mesure de prévention coûte, elle ne marche pas. »

    Ils nous ont enrichis collectivement

    Une évidence s’impose : « Il faut que la solution soit fabriquée localement. » Et pour que cela soit possible, le docteur Pittet décide de publier la formule et d’en faire ainsi un bien commun de l’humanité. Tout en cassant, dans le même temps, le business des compagnies qui s’enrichissaient jusque-là sur le dos des malades.

    Comme la plupart des scientifiques, Didier Pittet aurait pu déposer un brevet, créer une entreprise prospère, devenir multimilliardaire. Il a plutôt choisi de partager sa découverte.

    Au début des années 1990, l’Anglais Tim Berners-Lee avait effectué le même choix en développant le World Wide Web en libre accès. Le Finlandais Linus Torvalds, lui, a fourni au monde Linux avec lequel fonctionnent la plupart des serveurs Internet. Ces deux hommes n’ont pas pensé à eux avant de penser à l’humanité. Ils n’ont pas pensé à s’enrichir, mais à nous enrichir collectivement. On a souvent dit de leur générosité qu’elle n’était envisageable que dans le monde numérique.

    L’histoire de Didier Pittet prouve que l’on peut l’étendre à la santé, à l’humain, à sa fabrique la plus élémentaire.


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  •  SRI LANKA : L'ARMÉE SPOLIE DES FAMILLES DE LEURS TERRES AU PROFIT DES TOURISTES

       "APRÈS AVOIR ÉTÉ CHASSÉES DE LEURS VILLAGES, LES POPULATIONS SE RETROUVENT SANS ABRI ET SANS AUCUNE SOURCE DE REVENU" Le Vénérable Chandrarathana Théro du temple de Paanama

     

      Les faits

       Plus de trois cent cinquante familles de pêcheurs et de paysan-ne-s privées de cinq cents hectares de terres ancestrales, des maisons brûlées : depuis 2010 les forces de sécurité s'attaquent à des villages du district d’Ampara, sur la côte Est du Sri Lanka et privent arbitrairement ses habitant-e-s de leurs maisons et de leur unique moyen de subsistance.

      La raison : Un projet d'établissement d’un camp militaire et la construction d’un complexe touristique hôteliers.

      En 2013, ils-elles ont déposé un recours devant la Cour suprême pour attaque physique, incendie de maisons et de biens, expulsion forcée, accaparement de terres, destruction des moyens de subsistance, menace et intimidation.
       Mais, les juges ne sont toujours pas saisis de cette affaire.

      L’armée semble bénéficier d’une complète impunité.

        Allez sur le site Peuples Solidaires pour signer une pétition afin de les soutenir.

       Ne faites pas de tourisme dans des lieux volés à leurs habitants.


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  • 2013    318 p.   16,90 €

        Si vous avez tenté de lire des ouvrages de développement personnel, mais les avez définitivement oubliés dans votre chevet ; si aux longues explications théoriques, vous préférez des illustrations vivantes et plaisantes ; si vous avez décidé de (re)prendre le pouvoir sur votre vie, d'éviter les manipulations dont il vous arrive d'être victime, le tout de manière abordable et concrète, alors ce livre est pour vous !
       Son secret ? Un roman vous entraîne dans une valse étourdissante, celle d'une industrie pharmaceutique qui a fait main basse sur la santé, des années 60 à nos jours, et celle de ses personnages principaux : Jean, industriel sans scrupule cherchant à imposer ses médicaments comme produits de consommation courante, et Clémence, dévouée médecin de campagne, qui se bat pour dessiner les contours d'une médecine adaptée aux besoins de l'humanité.
       A sa suite, un livre des clefs décode les scènes du roman. Comment fonctionnent la manipulation et les jeux de pouvoir ?
      Comment les éviter, en sortir et s'affirmer avec bienveillance ?
       Dans cette partie, trouvez toutes les clefs qui vous aideront à (re)devenir maître de votre vie. Des clefs de développement personnel transmises de façon romanesque, ludique et interactive !
       Fabien Rodhain est auteur de romans, d'essais et de pièces de théâtre. Expert en approches positives, il est engagé autour d'une conviction centrale : le besoin de ré-enchanter le monde, dans une démarche humaniste. Il donne aussi des conférences et intervient dans les entreprises sur ces thèmes.
      Carmen de Wasseige est praticienne en psychothérapie. Experte en Analyse Transactionnelle, elle se passionne tout autant pour les autres approches de développement de la personne, et se plaît à tirer des ponts avec la spiritualité. Pour elle, "l'humain est l'avenir de l'homme".
      

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  •   TAFTA : un projet de verrouillage de la gouvernance mondiale au seul profit des grandes entreprises.

    jeudi 17 avril 2014, par Lori M. Wallach
      Article paru dans Lignes d'Attac 97

     

      Les normes de sécurité sur lesquelles nous nous appuyons quotidiennement pour notre alimentation, nos médicaments et produits domestiques, les politiques énergétiques et climatiques nécessaires pour sauver notre planète, les nouvelles régulations financières visant à empêcher les banques de jouer avec notre argent et de créer une autre crise, voilà des politiques qui devraient être déterminées dans des espaces ouverts et démocratiques, où nous avons voix au chapitre.

       Mais un groupe constitué des plus grandes entreprises européennes et états-uniennes veut réécrire le contenu de ces politiques derrière des portes closes. Depuis plus d’une décennie, elles cherchent à développer de nouvelles règles de « commerce » entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis.

    Texte de Lori M. Wallach (Public Citizen, États-Unis - traduit par nos soins)

      C’est ainsi que se trouve aujourd’hui en négociation l’Accord de libre-échange transatlantique (TAFTA), que les promoteurs des multinationales ont rebaptisé « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » (TAFTA). Leur but est d’éliminer ce qu’il y a de meilleur en termes de protection de l’environnement, de la santé et des consommateurs des deux côtés de l’Atlantique et de diminuer les contraintes que la puissance publique peut mettre en place pour réguler leurs activités. Ce qui est promu comme des règles « de haut niveau du 21e siècle » pour l’économie mondiale est en réalité un régime qui ferait reculer beaucoup des progrès obtenus par les mouvements sociaux au cours du 20e siècle.

      Cet accord, qui n’a de « commercial » que le nom, exigerait des États-Unis et de l’UE de mettre en conformité avec les règles de l’accord leurs propres normes de sécurité alimentaires ou autres, leurs lois et régulations financières, leurs politiques climatiques, la protection de la confidentialité des données et d’autres politiques non commerciales.

      Les règles de l’accord seraient contraignantes et leur non-respect pourrait entraîner des sanctions. Le pacte donnerait aux transnationales étrangères des possibilités nouvelles de remettre directement en cause, devant des tribunaux extrajudiciaires, des politiques d’intérêt public et de réclamer des compensations financières dont la charge reposerait sur les contribuables. Si le TAFTA entrait en vigueur, il écraserait nos droits démocratiques : les décisions sur les politiques concernant notre vie quotidienne seraient transférées dans des espaces internationaux où nous n’aurions aucun rôle.

      De plus, des modifications au pacte ne pourraient être adoptées que par consensus de l’ensemble des parties. Ce projet est la dernière mouture d’un tour de passe-passe des multinationales qui, sous couvert de négociations « commerciales », attaquent sévèrement nos droits et nos besoins fondamentaux. Un projet qui échouerait s’il était mené ouvertement devant nos instances démocratiques.

      La conclusion d’un accord de libre-échange transatlantique est un projet de longue date du Transatlantic Business Dialogue (TABD), désormais connu sous le nom de Transatlantic Business Council (TBC). Le TBC s’est réuni en 1995 pour établir un dialogue officiel de haut niveau entre les chefs d’entreprise, les secrétaires de cabinets aux États-Unis et les commissaires européens. Il a affirmé publiquement que l’objectif du TAFTA était d’éliminer ce qu’ils appellent les « irritants commerciaux », qui limitent leur capacité à échanger tout produit entre les États-Unis et l’UE ou à opérer selon les mêmes règles dans les deux zones sans intervention des gouvernements.

      Sont ici visées les politiques que nous considérons comme les politiques fondamentales sur la sécurité alimentaire, environnementale, sanitaire ainsi que toutes les autres politiques qui composent le pacte social sur lequel nous nous basons tous. La « convergence réglementaire » est le terme aseptisé utilisé pour imposer aux gouvernements l’obligation d’autoriser les produits et les services qui ne satisfont pas aux normes domestiques, selon un processus appelé « équivalence » et « reconnaissance mutuelle ».

      La Chambre de Commerce des États-Unis et Business Europe, deux des plus grandes organisations entrepreneuriales au monde, ont appelé les négociateurs à mettre en place un processus par lequel les « parties prenantes » de l’industrie des deux côtés de l’Atlantique seraient « à la table avec les régulateurs, afin de co-écrire les réglementations » pour les futures politiques. Une autre recommandation est le gel des réglementations, privant ainsi nos gouvernements de l’espace politique nécessaire pour répondre aux défis politiques et aux crises imprévues (par exemple, une crise financière ou les changements climatiques) ainsi qu’à l’évolution des exigences des consommateurs.

      Les grandes entreprises ont été très claires quant à leurs intérêts et leurs objectifs. Ci-dessous un échantillon des documents soumis au représentant au Commerce des États-Unis :

    La remise en cause des réglementations sur les OGM

      Alors que la moitié des États américains envisage maintenant d’exiger l’étiquetage des OGM, une mesure soutenue par plus de 80 % des consommateurs américains qui pour beaucoup envient le système de l’UE, les entreprises qui produisent et utilisent des OGM exigent que le TAFTA annule l’étiquetage des OGM. L’Association nationale des confiseurs américains a déclaré sans ambages : « l’industrie américaine souhaiterait également voir l’accord de libre-échange États-Unis / UE réaliser des progrès dans l’élimination de l’étiquetage obligatoire des OGM et des exigences de traçabilité. »

      Beaucoup de sociétés américaines ont indiqué qu’elles aimeraient que le TAFTA force l’UE à revenir sur son principe de précaution concernant l’autorisation d’OGM. Par exemple, Monsanto espère que le TAFTA puisse être utilisé pour ouvrir un chemin à la « liste en plein essor des produits génétiquement modifiés en attente d’approbation ou de traitement ».

    La hausse du prix des médicaments

      PhRMA, le puissant groupe de pression des sociétés pharmaceutiques américaines telles Pfizer et Merck, souhaite que le TAFTA limite la capacité des gouvernements à négocier la baisse des coûts des soins de santé dans le cadre des programmes de santé publique. PhRMA a déclaré que le TAFTA devrait veiller à ce que ni le gouvernement des États-Unis ni ceux de l’UE n’achètent pour leurs programmes de santé nationaux des médicaments au prix des génériques. Selon PhRMA, « le prix gouvernemental pour un produit innovant ne doit jamais être fixé par référence aux prix des produits génériques ».

      Ils cherchent à obtenir dans le TAFTA des dispositions interdisant catégoriquement aux gouvernements les contrats dans lesquels le prix d’un médicament serait basé sur sa version générique à meilleur marché - une politique largement utilisée dans les systèmes de santé européens et promue aux États-Unis par l’Obamacare. PhRMA fait également valoir que le TAFTA doit inclure des règles pour que les sociétés pharmaceutiques puissent breveter des procédés médicaux, telles les interventions chirurgicales : « Inclure clairement dans les éléments brevetables les inventions de processus médicaux (telles les méthodes de traitement) et les inventions en matière de végétaux et d’animaux. »

    Une marinade chimique

      Les groupes environnementaux et de consommateurs américains se battent pour l’adoption de règles de sécurité chimique similaires au programme REACH de l’UE. Pour l’industrie chimique, le TAFTA est avant tout un moyen de neutraliser REACH. REApolicy Procter et Gamble, un fabricant américain de produits chimiques ménagers, se plaint que « la plupart des produits biocides [pesticides, désinfectants, conservateurs] approuvés aux États-Unis ne sont pas conformes à la réglementation de l’UE, et vice-versa ».

      La société propose que les États-Unis et les négociateurs commerciaux de l’UE utilisent le TAFTA pour accepter automatiquement les réglementations des produits chimiques de l’autre partie, octroyant ainsi une autorisation dérobée aux produits chimiques ménagers qui ne sont actuellement pas autorisés. De même, la société US Amway de cosmétiques et produits ménagers a fait valoir que « les restrictions [européennes] sur les matières organiques volatiles [et] les critères pour identifier les toxines environnementales » créent « des barrières arbitraires au commerce ».

    Faire voler en éclats les politiques climatiques

      Airlines for America, la plus grande association américaine de l’industrie du transport aérien, a fourni une liste de « règlements inutiles [qui] imposent un frein important à notre industrie » - règlements qu’ils espèrent voir démantelés par le TAFTA. En haut de leur liste, se trouve le Système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE, l’une des principales politiques européennes contre le changement climatique, qui exige que les compagnies aériennes paient pour leurs émissions carbone. Airlines for America a qualifié cette politique d’« obstacle au progrès » et demande que la suspension temporaire du programme devienne permanente.

      Business Europe, qui représente des compagnies pétrolières européennes comme BP, a demandé que le TAFTA soit utilisé pour interdire les initiatives américaines sur le climat telles que les crédits d’impôt pour les combustibles alternatifs plus respectueux du climat. Dans ses commentaires officiels sur le TAFTA, sous le titre « Le changement climatique et l’énergie », le conglomérat entrepreneurial affirme que « les crédits d’impôt des États-Unis sur les combustibles et le crédit aux producteurs de biocarburants cellulosiques devraient devenir impossibles à l’avenir ».

    Le démantèlement de la re-régulation financière

      Même après la crise financière mondiale, les négociateurs américains et européens se sont mis d’accord pour un chapitre sur les services financiers, confondant libéralisation et dérégulation. De telles règles empêcheraient d’interdire les services et les produits financiers risqués, elles empêcheraient également les politiques nationales de fixer des limites tant à la taille des compagnies qu’aux types de produits et de services qu’une entreprise peut proposer et à l’entité juridique par laquelle un service ou un produit peut être fourni. Ces dispositions ne permettraient pas aux gouvernements de faire face aux « trop grands pour faire faillite », de limiter les risques par l’intermédiaire de pare-feux et, par exemple, d’exiger des mécanismes de compensation pour les produits dérivés.

      Cela reviendrait à bannir catégoriquement certaines formes de régulation que les pays auraient pu adopter ou maintenir, et non à exiger un traitement égal des entreprises nationales et étrangères. Et comme si cela ne suffisait pas, au cœur du TAFTA se trouvent des règles diaboliques dites « investisseur-État » qui accorderaient aux entreprises étrangères le pouvoir d’attaquer directement des politiques de santé publique, financières, environnementales ou de tout autre domaine qui seraient considérées comme une atteinte aux nouveaux privilèges des investisseurs étrangers que le pacte doit établir.

      Toute loi portant atteinte aux profits escomptés ou tout changement politique qui entrerait en conflit avec les « attentes d’un environnement réglementaire stable » pourrait être attaqué. Cet accord donnerait aux sociétés étrangères un statut égal à celui des entreprises nationales, leur accordant les moyens de faire respecter en privé ce traité international en traînant les gouvernements devant des tribunaux extrajudiciaires.

      Ces tribunaux, composés de trois avocats privés qui n’ont aucun compte à rendre à aucun électorat, seraient autorisés à ordonner une indemnisation illimitée, qui serait finalement supportée par les contribuables, pour des politiques nationales ou mesures gouvernementales auxquelles les entreprises s’opposeraient. Beaucoup de ces experts exercent à la fois le rôle de « juges » ou d’avocats des grandes entreprises contre les gouvernements. Il n’existerait pas de mécanisme d’appel de leurs décisions.

      Et que dire des bénéfices supposés du TAFTA ? Ils sont évalués dans un cadre théorique anti-réglementaire pour lequel les gains économiques découlent de la déréglementation. Mais, même si l’on accepte cette folie, examinons les études spécifiques.

      La principale étude, préparée par ECORYS Nederland BV pour la Commission européenne, qui est la base pour les différentes annonces de croissance et de gains d’emploi, suppose que la moitié de l’ensemble des différences réglementaires entre l’UE et les États-Unis serait éliminée par le TAFTA. De cette hypothèse fantaisiste, l’étude constate alors des gains d’efficacité mais ne prend nullement en compte les impacts négatifs pour les consommateurs, les travailleurs et l’environnement.

      Cette approche est truffée d’hypothèses pouvant fausser totalement les résultats. Par exemple, une étude de la CNUCED (« Non-Tariff Barriers in Computable General Equilibrium Modeling ») constate que cette méthode n’est pas appropriée pour les analyses non-tarifaires, étant donné que les changements d’hypothèses modifient non seulement l’ampleur des effets, mais aussi leur direction – de positive à négative !

      Pendant ce temps, les promoteurs de l’accord n’ont réussi à présenter aucune preuve empirique de l’impact de la convergence réglementaire en termes d’efficacité. En fait, certaines études indiquent que la convergence réglementaire au sein de l’UE a conduit à peu ou pas de gains significatifs d’efficacité.

      La seule bonne nouvelle est que, par le passé, des tentatives d’utiliser le cheval de Troie des négociations « commerciales » pour imposer ce genre de vaste régime de gouvernance extrême et rétrograde ont été déjouées, notamment la Zone de libre-échange des Amériques (ZELA), l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), l’Accord de libre-échange de l’Asie-Pacifique et les tentatives répétées d’expansion de l’OMC. Alors, aujourd’hui, le public, les décideurs et la presse peuvent contribuer à faire dérailler ces tentatives dissimulées de saper la démocratie en faisant prendre conscience de cette menace avant qu’il ne soit trop tard.

      Aux États-Unis, l’attaque directe du TAFTA sur les barrières non-tarifaires a conduit beaucoup de nouveaux secteurs de la société civile à entrer dans le débat. Face aux menaces fondamentales que ces accords commerciaux représentent pour l’élaboration démocratique des politiques publiques et la protection de l’intérêt public gagnées par des décennies de lutte, le TAFTA a réveillé des organisations et des militant-e-s qui ne s’étaient jamais engagé-e-s dans les combats « commerciaux ».

      La question à laquelle nous devons faire face ensemble est de savoir comment les sociétés civiles états-unienne et européenne peuvent créer une force unie de résistance populaire pour arrêter ce dangereux cheval de Troie du monde des affaires.


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