•  Perturbateurs endocriniens: des avancées mais  encore beaucoup trop d’hésitations.

    (Réseau Environnement Santé )

    Le discours du Président de la République en ouverture de la Conférence Environnementale avait permis d’entrevoir une avancée. Pour la première fois sans doute, un discours présidentiel contenait des mots clef comme « crise sanitaire », « croissance des maladies chroniques », « perturbateurs endocriniens ». Le décalage avec la table ronde Santé Environnement n’en est apparu que plus brutal. Quand aujourd’hui le cancer touche 1000 personnes par jour et que le nombre de nouveaux cas a doublé en 25 ans, comment peut-on affirmer comme la facilitatrice, Agnès Buzyn, présidente de l’INCa, que l’on surestime les risques cancérigènes environnementaux ! Changement de décor quelques semaines plus tard avec le vote unanime du Sénat confirmant l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires et ajoutant même, dans la foulée, deux articles interdisant 3 phtalates (DEHP, DBP, BBP) mais aussi tous les PE et CMR dans les dispositifs médicaux. Cette décision positive est malheureusement entachée par le fait d’avoir porté l’échéance initiale d’interdiction du BPA du 1er janvier 2014 au 1er juillet 2015, à l’exception de la sénatrice EELV Leïla Aichi qui a défendu le maintien de la date initiale. « Notre devoir est de protéger, au plus vite, les populations les plus vulnérables des effets néfastes du bisphénol A » avait pourtant déclaré Marisol Touraine, en introduction au vote, et les sénateurs ont en effet maintenu l’échéance du 1er janvier 2013 pour les produits destinés aux 0-3 ans et celle-ci est donc maintenant définitivement acquise. Pourquoi alors ne pas s’être préoccupé de la même façon des embryons et des fœtus, qui sont les populations les plus fragiles par principe ? Avec le BPA comme avec tous les PE « La période fait le poison ». C’est cela l’enjeu sanitaire du changement de paradigme des PE : 1, 25 million d’enfants vont naître pendant ces 18 mois supplémentaires dont la santé aura été lésée par leur exposition au BPA pendant la grossesse.

    « Nous savons désormais que la qualité de l’environnement est un déterminant fondamental de notre état de santé » a encore affirmé Marisol Touraine. Au RES, nous sommes tout à fait d’accord, et nous ajoutons qu’une économie moderne et compétitive ne peut être basée que sur des produits sains. Loin d’être une contrainte insurmontable puisque les alternatives existent, l’interdiction du bisphénol A est une opportunité de progrès pour l’industrie agroalimentaire française, car les femmes enceintes, en France et ailleurs, qui vont avoir à choisir entre produits sans et avec BPA vont évidemment prendre de préférence les premiers !

    NOUS DEMANDONS DONC AUX DEPUTES DE MAINTENIR LA DATE QU’ILS ONT VOTÉE INITIALEMENT


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