• 10 bonnes idées à copier

     Les 100 bonnes idées à importer en France : 1 à 10

    Pascal Riché | Cofondateur Rue 89, Nouvel Observateur  

    Tickets de bus par SMS, distributeurs de livres, vente de médicaments à l’unité... Voici les dix premières bonnes idées suggérées par nos riverains de l’étranger.

    Le vendredi 5 juillet, nous avons lancé un appel à nos riverains vivant à l’étranger. Nous leur avons demandé de nous envoyer « des idées à importer » : un bon service, une bonne pratique, une bonne réforme, etc.

    Nous avons déjà reçu des dizaines de suggestions, que nous vous présenterons petit à petit. Nous visons la centaine, en voici dix pour commencer.

    Merci de nourrir cette rubrique en nous envoyant de courts textes décrivant des trucs que vous souhaiteriez importer en France (quelques paragraphes et, si nécessaire, une photo ou une vidéo). Merci de préciser « 100ID » dans l’objet du message.

    1 Les chauffeurs de taxi qui vous reconduisent, vous et votre auto

    Prague, République tchèque

     


    Capture d’écran du service Drink SOS, à Prague

    A Prague, en République tchèque, la tolérance pour l’alcool au volant est de 0,0 degré. Si vous êtes pris avec de l’alcool dans le sang, votre voiture part immédiatement vers la fourrière et votre permis est suspendu. Mais il existe une solution pour l’éviter : le service Drink SOS.

    Il mobilise deux conducteurs : l’un vous reconduit chez vous, dans votre propre voiture, l’autre suit au volant d’un autre véhicule pour pouvoir ramener le premier chauffeur. Et c’est à peu près le même prix qu’un taxi usuel : 30 couronnes par km, soit 1,1 euro, la distance étant mesurée par votre propre compteur.

    (Merci à Guillaume.)

    2 Des machines distributrices de livres

    Montréal, Québec

     


    La machine distributrice (capture d’&eacute ; cran, LaPresse.ca)

    Dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, au Canada, des livres sont vendus dans des distributeurs au coin de la rue, pour un dollar canadien. Les livres de poche viennent des fonds des bibliothèques : ils sont sélectionnés par les bibliothécaires au moment de « l’élagage » annuel. On trouve des livres de plage, des livres pour enfants, des classiques, des essais...

    Comme on le constate dans cette plaisante vidéo, si cela peut inciter les jeunes à la lecture plutôt qu’aux friandises, boissons gazeuses ou autres « croustilles »...

    (Merci à Valentin.)

    Des tickets de bus par SMS

    Prague, République tchèque

    A Prague, pour prendre le métro ou le tramway, il suffit d’acheter un ticket en envoyant un SMS à un numéro spécial. Quelques secondes plus tard, vous recevez ensuite, par SMS également, votre ticket. En cas de contrôle, vous montrez votre téléphone...

    Il existe également des applis pour smartphones permettant d’acheter son ticket et de le produire au contrôleur (photo).


    Captures d’écran des achats smartphones de tickets de bus

    Guillaume, qui nous signale ce système, ajoute :

    « Dans le métro, il n’y a ni barrières, ni tourniquets ou autres sortes de dispositifs contraignants. Vous n’avez pas de ticket ? Vous êtes en infraction, c’est tout. C’est comme sur les autoroutes : il n’y a pas de péage. Vous achetez votre pass une fois par an, comme en Suisse ou en Allemagne... C’est vraiment une autre façon de vivre ensemble. »

    (Merci à Guillaume.)

    4 Les médicaments vendus à l’unité près

    Etats-Unis, Pérou, Inde...   

    Aux Etats-Unis, en Inde, ou dans plusieurs pays d’Amérique latine comme le Pérou, les médicaments sont vendus à la pilule plutôt qu’à la boîte, pour éviter le gaspillage et les dépenses de santé inutiles. Ainsi, si le médecin prescrit une semaine de Zdryefine matin et soir, donc 14 pilules, le pharmacien ne vous vendra pas une boîte de 20 ou de 40 Zdryefine, mais découpera 14 cachets dans la tablette (photo).

    Cette pratique a été signalée par plusieurs riverains. « Quand on a testé le système, on a peine à croire comment on peut faire autrement », commente l’un d’entre eux.

    Autre bonne idée médicale, en Inde (merci à Adrak) : pour éviter les prescriptions difficiles à lire (parce que les docteurs écrivent mal ou parce que le patient peut être illettré), les docteurs dessinent un rond par prise de médicament (ex : o-o-o signifie « trois fois par jour »).

    La « boîte de maternité »

    Helsinki, Finlande

     10 bonnes idées à copier  Capture d’écran de la boîte de maternité et de son contenu (Kela.fi) 

    Témoignage de Gilles :

    « En Finlande, la sécurité sociale, “Kela”, distribue une boîte de maternité gratuite aux parents de chaque nouveau-né. Elle contient des vêtements, des draps, un sac de couchage, une serviette, des produits pour bébé et maman, des petits livres, un jouet, etc.

    Le but de cette initiative, prise en 1938, était d’aider les parents pauvres, de combattre la mortalité infantile et d’inciter les femmes enceintes à venir se faire examiner au centre prénatal. En 1949, elle est devenue disponible pour toutes les mères. Petit à petit, elle est devenue une pierre angulaire (et adorée) de la politique familiale finlandaise.

    Ce qui est génial, c’est que l’on peut même se servir de la boîte comme landau, vu qu’elle est équipée d’un petit matelas. Les tout-petits adorent. Pour l’obtenir, il suffit de produire un certificat du centre prénatal attestant que votre grossesse a duré 154 jours, et de remplir un formulaire en ligne. On vous envoie alors la boîte que vous récupérez à la poste la plus proche.

    Nous en avons reçu une nous-mêmes avant la naissance de notre fils, et je me rappelle l’avoir ouverte avec ma compagne comme si c’était le matin de Noël ! C’est un moment dont on se souvient tendrement. Et c’est d’autant plus pratique que lorsque l’on est parent pour la première fois, on ne pense pas toujours à tout ce dont bébé va avoir besoin. Le contenu change chaque année.

    L’histoire ne dit pas si cela encourage à faire d’autres bébés... »

    Le prélèvement des impôts à la source

    Allemagne, Belgique, Finlande...

    Le prélèvement des impôts à la source est évoqué par plusieurs riverains comme une idée qu’il faudrait importer en France. Le système existe déjà pour la CSG, par exemple. L’idée de faire de même avec l’impôt sur le revenu est évoquée de temps en temps, mais aucun gouvernement n’a encore osé s’y attaquer pour ce qui est des personnes physiques.

    SweetLou, en Allemagne :

    « Les impôts sont prélevés à la source et coordonnés avec certains logiciels achetables chaque année : cela représente beaucoup moins de paperasse du côté du citoyen et de l’administration. Et on a parfois de belles surprises lorsque le fisc allemand (“Finanzamt”) rembourse l’excédent de taxes déjà réglées au cours de l’année fiscale passée. »

    Delphine, en Belgique :

    « Ici en Belgique, l’impôt des citoyens est calculé par l’employeur (qui fait souvent appel à des boîtes spécialisées dans la gestion des fiches de paie et des déclarations sociales. Il est payé à la source. Quand vous recevez votre salaire “net”, c’est un vrai net !

    Vous pouvez ainsi faire des plans, sans avoir à penser à mettre de l’argent de côté pour payer vos impôts dans un an. On négocie donc un vrai net avec son patron et ensuite plus de soucis ! Autre avantage : si vous perdez votre travail, vous n’avez pas à vous creuser la tête l’année suivante pour savoir comment payer vos impôts (en France, j’ai des amies qui ont dû payer leurs impôts un an et demi après leur déclaration d’impôts, sur un revenu important alors qu’elles avaient perdu leur emploi). »

    Gilles, en Finlande :

    « Pas de déclaration compliquée : les retenues sur salaire se font mensuellement, et toutes les déductions d’impôt sont prises en compte (par exemple, sur un emprunt logement).

    En début d’année, l’employeur demande à chaque employé de lui fournir sa “carte d’impôt” (une double page) récapitulant les revenus potentiels. Si vous ne l’avez pas présentée avant cette date, la retenue sur le salaire est de l’ordre de 60%, ce qui incite tout le monde à s’occuper de ses affaires.

    La carte est fournie automatiquement par courrier par les services des impôts, qui se livrent à une estimation basée sur vos revenus de l’année précédente. Si elle correspond à ce que vous pensez gagner dans l’année, vous pouvez la donner directement à votre employeur.

    Mais si, par exemple, vous savez que vous allez changer de métier ou recevoir une prime, une augmentation, ou à l’inverse avoir une baisse de revenus, vous devez faire une modification de la carte en ligne. Vous imprimez la carte ainsi mise à jour. C’est d’une simplicité déconcertante quand on compare à la déclaration de revenus en France...

    Les services des impôts, dans leur évaluation, tombent juste presque tout le temps. A la fin de l’année, le centre d’impôts fait le différentiel avec les revenus effectivement touchés. Il vous en informe, et vous reverse le trop-perçu sur votre compte (ou vous demande de l’argent si vous n’avez pas assez payé). »

    Faire payer le ramassage des ordures au poids

    Brême, Allemagne

    Ce système a bien plu à Frédéric, étudiant en école d’ingénieurs en stage à Brême. Dans cette ville, le système de ramassage des ordures pèse les poubelles depuis l’automne 1993.

    « Chaque foyer à une poubelle personnelle. Chaque semaine, lorsque les éboueurs passent, avant de jeter les ordures dans la benne, ils pèsent la poubelle. Ainsi, régulièrement, les foyers reçoivent la facture au poids.

    Cette idée est un grand pas pour l’écologie ! En effet, les habitants font alors attention de ne pas trop jeter dans la poubelle (gain écologique, moins de gaspillage...) et surtout, lorsque qu’ils font leurs courses, ils achètent des produit avec peu d’emballage.

    Ainsi, au lieu de tenter vainement de convaincre les entreprises de réduire les emballages inutiles, ils le font naturellement sous la pression de la demande des consommateurs. »

    8 A la gare, des vélos d’appartement pour recharger son téléphone

    Anvers, Belgique

     


    Capture d’écran du vélo rechargeur de smartphones (WeWatt.be) 

    Nicolas a découvert ce système ce week-end à la gare d’Anvers :

    « Pour le voyageurs en panne de batterie pour leurs mobiles ou ordinateurs portables, la gare d’Anvers met à disposition des sortes de vélos d’appartement qui, avec un peu d’huile de coude (ou de genou, en l’occurrence), permettent à chacun un rechargement écolo. De plus, ça permet aussi de tuer les minutes d’attente entre deux trains.

    Le vélo se présente comme un meuble encastré. C’est une entreprise belge, We Bike, qui le commercialise. J’ai pédalé une dizaine de minutes à une allure plus que raisonnable pour recharger mon téléphone pour trois bonnes heures... »

    9 Un site internet pour gérer toutes ses factures

    Etats-Unis, Argentine...

    Lorsque je vivais aux Etats-Unis, je gérais mes factures sur le site internet de ma banque. Je remplissais la liste de mes fournisseurs, avec mes numéros d’abonnement (électricité, eau, journaux, etc.). Puis il suffisait, dès réception d’une facture, d’inscrire le montant dû en face du fournisseur concerné et de taper « enter » pour que la facture soit réglée. C’était très pratique.


    Capture d’écran du site PagoMisCuentas.com (PagoMisCuentas.com)

    Un système similaire est en place en Argentine, mais commun à toutes les banques, comme l’explique Thomas :

    « Le site PagoMisCuentas est accessible depuis le site internet de la plupart des banques, Supervielle dans le cas illustré.

    Les factures en attente de paiement s’affichent. On peut rajouter autant de fournisseurs qu’on veut, choisir un paiement manuel ou automatique (qu’on peut interrompre facilement depuis le site contrairement à un prélèvement automatique), etc.

    Tous les historiques sont accessibles. Très pratique pour centraliser ses factures, choisir son mode de paiement, et éviter le papier… »

    10 Pouvoir accrocher son vélo à l’avant des bus

    Washington DC, Portland... Etats-Unis

    A Washington DC, où j’ai vécu quelques années, il est possible d’accrocher son bus à l’avant des vélos municipaux. Non, l’inverse, pardon. Le dispositif est prévu pour porter deux bicyclettes maximum. L’usager accroche et décroche lui-même son vélo, ce qui prend quelques secondes. Ces deux opérations ont lieu sous sa propre responsabilité. Ce service est gratuit, et on peut y recourir pendant les heures de pointe.

    Le système existe dans d’autres villes comme Portland, dans le Maine.


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :