• Dépenses alimentaires

      Difficile pour les plus modestes de faire face aux dépenses alimentaires

    Mercredi 17 Juilet 2013l    Lou Marillier  (Marianne)

      L’INSEE a enquêté sur la consommation des ménages en 2011 - ses conclusions, publiées aujourd'hui, en disent long sur l’impact qu’a eu la crise sur les plus modestes. Notamment, et c’est alarmant, sur les difficultés croissantes qu’ils rencontrent pour « faire face aux dépenses alimentaires».

    Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
                                 Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
       La baisse du budget alloué par les ménages à l'alimention diminuait depuis 1979 grâce à l’augmentation continue de leur pouvoir d’achat. Elle s'était même réduite de 9% pour les ménages les plus modestes, qui rattrapaient peu à peu ceux au niveau de vie le plus élevé. Or, premier constat de l’INSEE : depuis 2007, la mécanique est rouillée. La part du budget accordé à l'alimentation stagne. Cette constatation est grave, car elle est révélatrice du recul du niveau de vie des plus modestes, enclenché depuis 2008.

    A la question « si vos ressources actuelles augmentaient de 10%, que feriez vous en priorité avec cet argent ? », l’alimentation arrivait en quatrième place en 2005, à 11%, derrière les loisirs, l’épargne, l’équipement du logement et le logement lui-même. Désormais, pour la même tranche de population – le quintile (20%) au plus bas de l’échelle du « niveau de vie » - l’alimentation caracole en deuxième place du classement, à 16% ! Non seulement les plus modestes n’ont plus les moyens de considérer des dépenses pour ce qui n’est pas de première nécessité, mais ils souhaiteraient pouvoir dépenser davantage pour s’alimenter. « Une partie d’entre eux semble se contraindre sur les dépenses d’alimentation », conclue l’INSEE. Pour la moyenne des ménages pourtant, en 2005 comme en 2011, ce poste était le moins cité. La part de l’alimentation, 1%, a même baissé chez les plus aisés de 2005 à 2001 – contrairement à leurs dépenses en restaurants, qui ont augmenté de 4 à 6%.

    Dans l’ensemble, la consommation reste stable : les disparités aussi

    La liste des disparités est longue : elles sont colossales. « En 2011, en France métropolitaine, les 20 % de ménages ayant les plus hauts niveaux de vie consomment 53 % de plus que la moyenne ; les 20 % de ménages les plus modestes consomment 38 % de moins », souligne le rapport. Pour autant, les inégalités ne se sont pas davantage creusées depuis 2005. Certaines se seraient même amoindries : dans les transports, le logement, les loisirs ou la culture. La consommation dans ces deux derniers postes a par ailleurs très légèrement diminué – rien à voir avec « la forte réduction de la consommation de loisirs par ménage observée en 2012 » par l’INSEE. Cette réduction est à mettre sur le compte de la baisse des prix informatiques ou audiovisuels, qui représentent 1/5ème des dépenses en loisirs – ce poste a même augmenté chez les ménages les plus pauvres.

    La consommation par ménage depuis 2005, faible - 0,1% - est restée stable dans son ensemble malgré la crise. Mais le pouvoir d’achat, en 2012 a chuté de 0,9%. La prochaine enquête, qui sortira en 2016, devrait donc réserver des surprises. Et, à moins d’afficher un optimiste digne de notre Président un 14 juillet, on doute qu’elles soient bonnes.

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