• Le manuel des jardins agroécologiques (Pierre RABHI....)

      012     176 p.    29 €

      Valo Dantinne est jardinier autodidacte, jardinier animateur et formateur à Terre & Humanisme depuis 2007.

     Erik Jansegers  est ingénieur agronome, jardinier animateur et formateur à Terre & Humanisme depuis 2007.

     Pierre-François Prêt est ingénieur en agriculture, directeur de Terre & Humanisme depuis 2006.  

      Plusieurs décennies d’agriculture intensive ont contribué à endommager gravement notre “terre nourricière”. Dans le même temps, et malgré l’arsenal de moyens employés, cette agriculture industrielle ne réussit pas à nourrir l’humanité : trois milliards d’humains ne mangent pas à leur faim. De nouvelles voies sont explorées pour relever ce double défi : nourrir l’humanité sans détruire notre patrimoine commun. Parmi les plus prometteuses se trouve l’agroécologie. Située au carrefour de l’agriculture et de l’écologie, elle est tout autant une science qu’une pratique qui se répand à travers le monde et que Pierre Rabhi a largement contribué à faire connaître en France. Elle appelle à un changement total de paradigme : cherchant à comprendre et accompagner les processus vivants pour produire une nourriture saine, sans dépense d’énergie excessive, elle est liée à un profond respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant. 

      Dans la première partie du livre, Pierre Rabhi retrace l’aventure humaine qu’a constituée pour lui l’agroécologie : non pas simplement un ensemble de techniques, mais une alternative globale pour chaque individu et pour la société, une magnifique opportunité pour changer de vision et donc d’humanité. L’agroécologie ainsi conçue allie la réponse à une nécessité irrévocable (produire une nourriture suffisante et saine) avec l’urgence de respecter, de préserver et d’améliorer le patrimoine nourricier.

    En 1995, pour promouvoir l’agroécologie, Pierre Rabhi a fondé l’association Terre et Humanisme. Prenant le relais dans la seconde partie du livre, les animateurs de ce mouvement, s’appuyant sur leur expérience de formation en Ardèche et en Afrique, ainsi que sur leurs pratiques dans les jardins vivriers du Mas de Beaulieu, présentent pas à pas l’approche agroécologique du potager : de l’observation du sol, des plantes qui y poussent et de l’écosystème au sein duquel on souhaite cultiver son jardin jusqu’au démarrage du potager, en passant par une revue des techniques mises en oeuvre dans l’agroécologie (la culture sur buttes, le compostage, le travail du sol, le paillage, la multiplication des végétaux, la taille...).

    Richement illustré d’images et de dessins explicatifs, le livre comprend aussi une douzaine de fiches techniques (sur les buttes sandwich, la culture en lasagnes, le compost, la santé des plantes, la protection des végétaux en hiver, les outils, la phytoépuration...), une bibliographie, des contacts utiles, ainsi qu’une présentation de projets qui mettent en oeuvre l’agroécologie, en France et à l’étranger.

      Si, depuis quelques années, les livres consacrés aux diverses facettes du jardinage naturel sont nombreux, Le Manuel des jardins agroécologiques présentent une démarche nouvelle et originale par sa globalité. À ce jour, il n’existe aucun ouvrage grand public qui traite de ce sujet.

      Agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie. Initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, il est aujourd’hui reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, Du Sahara aux Cévennes, Graines de possibles (cosigné avec Nicolas Hulot) ou encore, chez Actes Sud, Manifeste pour la Terre et l’Humanisme (2008) et Vers la sobriété heureuse (2010).

    L’association Terre et Humanisme œuvre à la transmission de l’agroécologie, pour l’autonomie alimentaire des populations et la sauvegarde des patrimoines nourriciers. Elle est basée en Ardèche, au Mas de Beaulieu, lieu de formation, d’expérimentation et de production en agroécologie. Elle y organise des stages qui rassemblent chaque année plusieurs centaines de participants, elle y propose des visites du jardin et accueille des bénévoles durant neuf mois de l’année. À l’étranger, elle est présente dans plusieurs pays d’Afrique où elle travaille, toujours avec des associations locales, à promouvoir l’agroécologie, la lutte contre la désertification et la préservation des semences. 

    CDURABLE.info

     


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  •  Quid de l'impartialité dans les écoles quand les chasseurs initient à la nature

     15 janvier 2013

    chasseur© C. Magdelaine / notre-planete.info

    Alors que dans le cadre du "Mariage pour tous", le gouvernement et le président de la République ont réclamé de l'impartialité et demander à ne pas faire de "prosélytisme à l'école"[1], de nombreuses associations de défense des animaux viennent d'adresser une lettre au Président de la République lui demandant de tenir ses engagements électoraux en rétablissant le principe d'impartialité dans les écoles en ce qui concerne l'initiation à la nature. Seul moyen de fermer la porte... au prosélytisme des chasseurs.

    Voici la lettre dans son intégralité :

     

    OBJET : PROPAGANDE DES CHASSEURS DANS LES ÉCOLES

    Monsieur le Président,

    Votre dernière déclaration concernant le « retour à l'impartialité de l'État » a retenu toute l'attention des associations de protection de la nature, des animaux, et des usagers non-chasseurs de la nature. Vous avez réaffirmé l'importance des principes d'impartialité qui, dites-vous à raison, « ne doivent souffrir aucune exception ». Or nos associations ont constamment dénoncé le privilège scandaleux qui, durant le dernier gouvernement, a autorisé les chasseurs à faire de la propagande dans les écoles élémentaires sous prétexte d'initiation à la nature. Depuis le partenariat signé le 4 mars 2010 entre Luc Chatel, Jean-Louis Borloo et la Fédération nationale des chasseurs, les chasseurs sont en effet habilités à donner des « leçons d'écologie » aux écoliers. Ils prétendent évidemment agir en toute neutralité, mais il suffit d'examiner leur « matériel pédagogique » pour en douter : un chien de chasse virtuel, dénommé Cartouche, des personnages enfantins vêtus de jaquettes de chasse et munis de cors, montrent bien le contenu orienté de ces « cours ».

    M. Ettori, vice-président de la Fédération nationale des chasseurs au moment de la convention du 4 mars, s'était félicité dans la presse des chasseurs de passer outre une Académie « qui fit circuler dans tous les établissements de son département une circulaire interdisant l'accès à toutes les structures cynégétiques ». Désormais, se vantait-il, « une fédération a le droit de
    proposer des animations auprès des jeunes, que l'inspecteur d'Académie le veuille ou non ». Si les écoles doivent rester, comme nous le croyons nous aussi, des lieux d'impartialité, il n'y a aucune raison pour que les chasseurs viennent recruter dès l'école pour initier au plaisir de tuer des animaux et surtout pour maintenir leurs effectifs afin de conserver leur influence politique.

    Ne conviendrait-il pas d'appliquer le principe de neutralité et de mettre une limite à la défense des intérêts particuliers et à la propagande des lobbies ?

    Nous vous appelons, Monsieur le Président, à mettre vos propos en pratique et à annuler dès à présent le droit des chasseurs à faire du prosélytisme dans les écoles tout en privant leurs adversaires de leur répondre. Ce privilège doit être immédiatement aboli. Nous sommes à votre disposition pour vous fournir tout renseignement complémentaire et serions heureux d'obtenir un rendez-vous d'un de vos collaborateurs pour avoir l'assurance que vos propos ne resteront pas lettre morte.

    Confiants dans votre volonté d'équité et de neutralité, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos salutations respectueuses.

    Muriel ARNAL,
    Présidente de l'association One Voice
    Pierre ATHANAZE,
    Président de l'ASPAS (Association pour la protection des Animaux Sauvages)
    Gérard CHAROLLOIS,
    Président de la Convention Vie et Nature
    David CHAUVET,
    Vice-Président de l'association Droits des Animaux
    Armand FARRACHI,
    porte-parole du Collectif pour l'abolition de la chasse à courre
    Christophe MARIE,
    directeur du B.P.A. de la Fondation Brigitte Bardot
    Christine SAUMON,
    chargée de communication de l'Association pour la défense des victimes de la chasse
    Orianne VATIN,
    chargée de communication de la SPA (Société Protectrice des Animaux)

    Notes

    1. Le ministre de l'Éducation nationale, V. Peillon a déclaré "Ne faisons pas de prosélytisme à l'école" (AFP)

    Auteur

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      OGM : Après la publication de Gilles Eric Séralini, un nouveau document d’infOGM montre le manque de rigueur de dossiers d’homologation d’OGM !
    Les promoteurs des OGM, qu'ils soient scientifiques, ingénieurs ou politiques, se prévalent de baser leurs soutiens à cette technologie sur la Science, la Vraie Science, la Science « saine ». Mais, les évaluations de ces OGM sont- elles vraiment conduites dans la plus grande rigueur scientifique, comme le prétendent ces personnes ?
    C’est à cette question de Frédéric Jacquemart (1) , d’infOgGM, a voulu répondre dans un document intitulé : ‘Expertise des OGM, l’évaluation tourne le dos à la science’ , qui vient d’être mis en ligne ici : http://www.infogm.org/IMG/pdf/brochure_eval_web.pdf
    Dans ce travail, Inf'OGM a pris le parti d'éplucher quelques dossiers et de comparer les positions des experts lorsqu'ils sont en position de scientifiques et lorsqu'ils sont en position d'expert, pour montrer leurs contradictions.
    Des découvertes ahurissantes.
    Les experts d’infOGM ont mis en évidence dans ce rapport une série de biais scientifiques considérables dans les dossiers étudiés : tri des données, en ne retenant que celles qui sont favorables à l'industriel, puissance des tests statistiques si faible qu'on ne peut pratiquement rien voir (ce qui est pratique lorsqu'on ne VEUT rien voir), affirmations dépourvues de bases scientifiques, réponse malhonnête de l'AESA aux élus et ministres qui s'inquiètent de ces anomalies, conclusion d'innocuité basée sur « le poids de l'évidence », qui signifie qu'aucune donnée ne vient réellement étayer la conclusion…
    « Générations Futures salue la publication de ce rapport d’infOGM qui montre que les dossiers d’homologation des OGM étudiés ne sont pas réalisés selon la rigueur scientifique qui s’impose » déclare François Veillerette, Porte Parole de Générations Futures. « Alors que l’EFSA viens de réagir dans un délai ridiculement court à la dernière étude de G E Séralini, en prétendant qu’elle n’avait aucune portée, cette agence ferait mieux …de faire son travail sérieusement et de s’assurer que les dossiers de demande d’autorisation d’OGM sont réalisés avec la meilleure rigueur scientifique possible, ce qui est loin d’être le cas selon cet excellent rapport d’infOGM » ajoute t’il.
    Frédéric Jacquemart est docteur en médecine, spécialiste de biologie médicale et docteur es sciences. I l est le président fondateur du GIET (Groupe International d'Etudes Transdisciplinaires), copilote de la mission biotechnologies de France Nature Environnement (FNE) et préside Inf'OGM, veille citoyenne d'information sur les OGM, depuis 2010.

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  •   Les éoliennes danoises sont bénéfiques pour les poissons

    28 août 2012,

    eoliennes_offshore_DNEoliennes danoises
    © C. Magdelaine / notre-planete.info

    L'effet positif des éoliennes sur l'environnement n'est plus à démontrer. Cependant, une nouvelle étude visant à étudier l'impact des parcs éoliens offshore sur la vie marine a révélé que cette source d'énergie renouvelable pouvait également être bénéfique pour les poissons.

    D'après les conclusions de cette étude, présentées dans un rapport publié par l'Institut national des ressources aquatiques (DTU Aqua) et intitulé « Effect of the Horns Rev 1 Offshore Wind Farm on Fish Communities. Follow-up Seven Years after Construction » (Effets du parc éolien offshore Horns Rev 1 sur les populations de poissons. Suivi sept ans après la construction), les éoliennes auraient un effet positif pour les poissons, certaines espèces ayant même vu leur population augmenter.

    Avec 80 énormes turbines situées dans des eaux relativement peu profondes regorgeant de poissons, le parc éolien Horns Rev 1 au Danemark est l'un des plus grands parcs éoliens offshore de la planète. Les chercheurs du DTU Aqua ont compilé et analysé des données concernant les poissons présents dans la zone en question. "Notre étude démontre que les turbines n'ont pas eu d'incidence néfaste sur les poissons de la région", explique Claus Stenberg, biologiste au DTU Aqua et principal auteur de l'étude.

    Les turbines de Horns Rev 1 sont implantées profondément dans le fond marin et sont entourées d'une barrière de protection constituée de rochers. Cette barrière a pour but de protéger les turbines contre l'érosion et d'empêcher les courants marins de creuser des tranchées dans le sable. Les chercheurs ont constaté que ces structures en pierre servaient également de récifs artificiels, offrant aux poissons des conditions de vie optimales. Non seulement les poissons y trouvent un abri et de la nourriture en abondance, mais cette zone attire en outre de plus en plus de poissons typiques des fonds rocheux. Autrement dit, les turbines ont créé un habitat pour plusieurs nouvelles espèces.

    "Plusieurs espèces qui affectionnent tout particulièrement les milieux récifaux, comme le rouquié, la loquette d'Europe et le lompe, se sont installées dans la région", explique le Dr Stenberg. "Plus on se rapproche des fondations des éoliennes et plus le nombre d'espèces observées est important." L'étude indique en outre que les éoliennes n'ont eu aucune incidence, positive ou négative, sur le lançon. En effet, ce dernier vit enfoui dans le sable fin et les éoliennes n'ont eu aucune influence ni sur la taille du grain de sable au fond, ni sur le nombre de lançons.

    D'après les chercheurs, il s'agit de la première étude qui évalue les incidences des éoliennes danoises sur les poissons. Cependant, ils ne pensent pas que les conclusions de cette étude pourront être répliquées dans les 11 parcs éoliens que comptent les eaux locales.

    "Le parc de Horns Rev est situé dans un environnement rude, où l'action des vagues est forte, ce qui signifie, par exemple, que les forêts d'algues, et les petits poissons qui y vivent, ne peuvent pas s'y installer. Nous nous attendons donc à ce que les effets positifs des récifs soient encore plus visibles dans un parc situé, par exemple, dans la zone plus abritée de Kattegat", explique le Dr Stenberg.

    Le chercheur du DTU Aqua poursuit en indiquant que, d'après l'étude, le parc de Horns Rev 1 est trop petit pour agir comme une véritable zone marine protégée (ZMP). En effet, durant leur vie, les poissons se déplacent dans une région beaucoup plus vaste que celle couverte par le parc éolien. "Mais il est permis de penser que plusieurs parcs situés à proximité les uns des autres pourraient avoir un effet positif combiné sur le frai et la survie des jeunes poissons, puisque des parcs éoliens situés en aval les uns des autres peuvent former une sorte de couloir de dispersion pour les oeufs et les larves", conclut-il.

    Auteur

    © Communautés européennes, 1990-2012 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/

     notre-planete.info


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  •  

    Pour se nourrir, ils ont besoin d'eau potable

     

     


    Bonjour,

    Effectivement, c'est déconcertant, mais sans eau, on peut mourir de faim.

    Ainsi, au Tchad, outre le manque de pluie et la sécheresse qui ont entraîné deux mauvaises récoltes consécutives, les familles, pour leur consommation d’eau, puisent les eaux stagnantes de mares ou de puits non couverts. Les bactéries présentes dans ces eaux entraînent des diarrhées, notamment chez les jeunes enfants.

    Or, quand un enfant en souffre de manière récurrente, son organisme ne peut pas retenir les nutriments et se retrouve très vite menacé de malnutrition. Et inévitablement, quand un enfant est malnutri, il est beaucoup plus fragile face aux bactéries présentes dans l’eau, tel le vibrion choléra.

    C’est un cercle vicieux, et l’approvisionnement en eau de bonne qualité est une solution qui permet d’en sortir.

     Expertes dans ce domaine, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL sur le terrain ont identifié des solutions. Pour les mettre en place nous avons besoin de votre soutien !

    Grâce à vos dons, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL peut aider les populations sur plusieurs fronts :

    En leur assurant au préalable un accès à l’eau potable qui, nous venons de le voir, garantit l’assimilation des denrées alimentaires distribuées. La réhabilitation de puits et la promotion à l’hygiène permettront à 4000 familles de se prémunir contre les maladies hydriques.

    En poursuivant des distributions alimentaires jusqu’aux prochaines récoltes grâce aux foires alimentaires : un dispositif local et innovant qui permet de préserver la dignité de ces familles et de respecter leurs habitudes alimentaires.

    Enfin, la distribution de semences permettra aux populations de relancer l’agriculture dès la prochaine saison des pluies.

    Pour vous informer, n’hésitez pas à lire les témoignages en provenance du terrain, révélateurs de la situation sur place.

    Je vous remercie de votre soutien à nos côtés !
    Sincèrement,

     

    C
    ette information est susceptible d'intéresser vos proches. Partagez la sur Facebook et Twitter

    SOLIDARITÉS INTERNATIONAL - Association loi 1901 - 50 rue Klock, 92110 CLICHY LA GARENNE - Tél : (0)1 80 21 05 05
     

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  • Consommation de viande : mais bon sang ! Restons donc stupides et gardons notre vilaine conscience !

    12 juillet 2012,

    steack_hache© C. Magdelaine / notre-planete.info

    Apanage des pays riches, la consommation de viande ne cesse d'augmenter dans le monde. L'élévation du niveau de vie dans les pays émergents amplifie les effets déjà catastrophiques d'une surconsommation de viande non soutenable et inutile.

    La consommation de la viande et du lait est partout en hausse. Elle s'accroit considérablement dans des pays comme la Chine. Depuis un demi-siècle, la production mondiale de viande est passée de 44 millions à plus de 220 millions de tonnes. La société humaine consomme annuellement plus de 53 milliards d'animaux par an ; dans l'ordre : poulets, canards, porcs, lapins, dindes, moutons, chèvres, bovins et chevaux. Dans le premier monde, 98 % de la totalité des animaux avec lesquels nous sommes en interaction servent à l'alimentation. Les abattoirs nord-américains tuent quotidiennement 25 millions d'animaux par jour. Selon les estimations de la FAO, la production planétaire de viande et de lait doublera d'ici 2050. À cette occasion, les éthiciens agitent de plus en plus la question de notre responsabilité morale à l'égard des animaux. Les États-Unis transforment chaque jour 1000 tonnes de viande de bœuf en hamburgers, et chaque citoyen nord-américain dévore durant sa vie 9 bœufs de 500 kg. Un Français mange 100 kg de viande par an, trois fois plus qu'il y a un demi-siècle.

    La plupart de ceux qui se prétendent écologistes sont tout autant zoophages et les partis verts et ONG environnementales se refusent d'aborder le sujet, y compris dans le cadre de la fameuse cantine scolaire Bio du WWF où la barbaque trône en maître.

    Aux États-Unis, 70 % des céréales sont destinés aux animaux d'élevage, contre seulement 2 % en Inde. Dans un parc d'engraissement américain de 37 000 bovins, 25 tonnes de maïs sont distribuées chaque heure. 90 % des cultures de soja, dévoreuses d'écosystèmes majeurs, vont aux animaux d'élevage pour la grande bouffe occidentale. Pour satisfaire à la demande, entre 1977 et 1980, le Brésil a augmenté de 400 % ses exportations de soja. Simultanément, 38 millions d'habitants étaient sous-alimentés et 10 000 petits Brésiliens mouraient de faim. Il faut 7 kg de céréales et 10 000 litres d'eau douce pour produire un seul kilogramme de bœuf.

    Un consommateur humain qui passe au tout végétal, ne serait-ce qu'une fois par semaine, fait montre d'une solidarité planétaire de l'ordre de 5 000 litres d'eau par an.

    Le choix du mode alimentaire est donc déterminant dans la valeur de l'empreinte écologique de chacun. Si toutes les céréales utilisées pour le bétail américain étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains.

    La production carnée est au premier rang des causes du détournement calorique planétaire : 500 calories d'énergie alimentaire issues d'un steak d'un demi-kilogramme demandent 20 000 calories de carburant fossile à produire. Les voilà les chiffres de la gabegie !

    Dans le système nord-américain qui nous obnubile, la moitié de l'eau dont la majeure partie est non-renouvelable, est dilapidée au profit de l'arrosage d'une agriculture servant à la nourriture des animaux d'élevage. La pollution des eaux, dont celle de nature pesticidaire, est en grande partie le fait des rejets de l'élevage productif.

    C'est aux méfaits de l'élevage qu'il faut attribuer 85 % de l'érosion de la fertilité des sols (déboisement, création de déserts agraires, désertification), et 20 % de l'augmentation de l'effet de serre causé par le méthane, gaz largement produit par les vaches que nous mangeons. On saccage 17 mètres carrés de forêt tropicale, abritant une phytomasse de 75 kg de plantes vasculaires et de vie animale, pour produire un steak haché de bœuf, chiffre évalué pour l'Amérique centrale. 200 millions d'hectares de forêts tropicales ont été rasés depuis 50 ans pour faire place à des pâturages d'engraissement ou à des fermes « modèles » de bovidés. En attendant d'amputer ce qui reste au profit des agrocarburants de première génération, nous transformons déjà des forêts en hamburgers tout en participant au réchauffement du globe.

    Dans les pays traditionnellement voués au pastoralisme, notamment ceux musulmans, le surpâturage de rente a succédé aux modestes troupeaux familiaux. Cette charge outrancière des troupeaux, qui se superpose à des paysages très sensibles parce que semi-arides, induit l'anéantissement irréversible des écosystèmes. C'est une tragédie sans remède et qui sera bientôt source de famine par tarissement des ressources naturelles, perte d'absorption des sols et assèchement des nappes phréatiques.

    Outre le fait qu'une alimentation végétarienne réduit le risque de mort par attaque cardiaque de 50 à 4 %, et divise par trois le risque de cancer du sein et des ovaires, on voit bien que l'exploitation des animaux par la boucherie est aussi l'une des grandes causes de la faim dans le monde. Il est donc pour le moins stupide de la part des carnivores bien-pensants d'argumenter la famine du tiers-monde pour relativiser le souci d'un meilleur respect dû aux animaux.

    L'élevage en batterie entre dans les pratiques les plus ignominieuses de notre humanité. Poules, dindes, cochons, bovidés sont industriellement torturés au nom de la recherche d'un profit maximal. Mais la morale est que ce mauvais traitement retombe sur la santé de ceux qui consomment cette chair pétrie de souffrances et de poisons.

    À la production de la viande s'ajoute celle laitière, intensive : l'exploitation du cheptel bovin est éthiquement inqualifiable. L'image de la vache - reine des près - paissant paisiblement dans la verte prairie et se laissant traire avec allégresse par l'aimable fermière toute rougeaude est un pur produit d'agence qui cache une bien affligeante réalité. Comme tout mammifère, notre brave vache a besoin de mettre bas une fois l'an. Il n'en est plus question sous le motif de l'esclavage laitier auquel elle est soumise. Et si on laisse le veau téter, la vache va freiner la descente de son lait et nuire à la productivité imposée par le Crédit Agricole de son fermier-proxénète. La fin justifie les moyens. Le veau lui est donc retiré quelques jours après sa naissance. Les vaches sont très maternelles et le stress qui en résulte est incommensurable. Si le veau est une future génisse, elle ira rejoindre le bataillon d'autres vaches laitières. Sa première grossesse aura lieu à deux ans, puis elle sera à nouveau fécondée trois mois après chaque vêlage, par insémination artificielle dans 70 % des cas. Elle sera maintenue en lactation sept mois au minimum par an et l'éleveur continuera à la traire même pendant sa grossesse. Ce productivisme outrancier est si exténuant qu'il réduit le potentiel de longévité de l'animal, de vingt années à seulement cinq. C'est ainsi que les trois quarts de la viande bovine proviennent de vaches laitières sacrifiées pour causes de stérilité ou de rendements médiocres.

    Séquestrés dans des caissettes à claire-voie, les veaux à viande sont dans l'incapacité de se retourner, car tout exercice augmenterait leur développement musculaire, durcirait leur chair, et ralentirait leur prise de poids. La diarrhée, due à un régime inadapté mais savamment calculé pour leur causer une anémie donnant une chair blanche, rend les lattes glissantes, et les veaux tombent souvent, se blessant les pattes. C'est pourquoi à leur arrivée à l'abattoir, beaucoup d'entre eux peuvent à peine marcher.
    50 % de la production d'antibiotiques vont aux animaux d'élevage, sont administrés par ingestion subthérapeutique et se retrouvent dans nos corps et dans les sols. Pour « faire » un veau de boucherie, il faut donc : le priver de sa quantité suffisante de lait maternel, le transporter à l'encan par camion dès son plus jeune âge, le faire vivre au voisinage d'animaux malades et mourants, le vendre à des usines où, enchaîné à vie dans un cageot individuel de quelques 60 centimètres de large, on lui ôtera toute faculté de marcher, de s'allonger, de s'ébrouer et de jouer, le maintenir à l'obscurité pour diminuer son agitation, le priver de litière, le nourrir par des surplus de lait écrémé gouvernemental, lui supprimer toute nourriture solide, le rendre anémique, l'infester de maladies respiratoires et intestinales.

    La vie faite à nos frères mammifères les cochons et les bovidés est invivable, mais l'immense majorité du milliard et demi d'animaux mangés en France sont des volailles. La vie de 90 % de ces oiseaux qui se déroule en batterie sous lumière permanente est un supplice. Les gentils végétaliens ne doivent pas se tromper d'adresse car la poule de ferme, aux œufs d'or bio, ne court plus les poulaillers.
    6 milliards de poulets sont abattus chaque année au sein de l'Union européenne. Plus de 90 % des poules pondeuses sont soumises à un élevage intensif, dont le sadisme extrême est le recours à un suréclairage incessant, visant à accélérer la croissance en exploitant la photophase. Les volailles sont entassées dans des hangars sans fenêtre, pouvant contenir de 10 000 à 70 000 individus. Les poules sont incarcérées dans des séries de cages superposées dont chacune contient 4 à 5 sujets. Chaque poule ne dispose pas plus de 550 centimètres carrés, c'est-à-dire l'équivalent d'une feuille de papier A4. Le gallinacé n'est finalement heureux que lorsqu'il arrive dans le four où il dispose enfin de quatre fois plus d'espace « vital »... Dans une indifférence totale, c'est l'animal qui paie le plus lourd tribut à notre perversion carnivore.

    En renonçant au régime carné, ou en reléguant la viande à une consommation subsidiaire, il s'agit tant de mettre un terme aux affres environnementaux du pâturage intensif, que de soulager considérablement la faim dans les pays exploités, d'assurer aux pays exploiteurs une alimentation moins pathogène et dégénérative, d'établir un rapport moins barbare entre les animaux éleveurs que nous sommes et les animaux élevés, lesquels le sont très généralement dans des conditions abominables. L'effet dissuasif que l'on pouvait espérer de la vache folle, véritable effet boomerang de nos viles exactions, n'a duré qu'un temps. Attendons donc la prochaine et méritée volée de bois vert pour nous lamenter sur des méfaits qui ne sont que bel et bien mérités.

    Salmonellose dans les œufs de batteries, vache folle au prion, poulets à la dioxine, viande de porc aux nitrates et aux nitrites se transformant dans notre corps en nitrosamines hautement cancérogènes, charcuteries à la listériose, cancer du pancréas par les viandes grillées, cancer du colon proximal et distal dus aux viandes rouges et transformées, cancer du sein (dit à récepteurs hormonaux positifs), les carnivores sont prêts à affronter les pires maux pour continuer à mettre de la souffrance animale et du cadavre dans leur assiette, et à permettre le plein emploi à la filière bouchère.

    Une dernière réflexion sur le sujet : à quel délire paranoïde correspond le fait de « déguster » de l'agneau et de caresser son chien ?
    Inversons pour comprendre la gratuite relativité de cette attitude. Si nous mangeons du mouton, alors acceptons que les Chinois bouffent du chien, parce que nous ne valons guère mieux. Catégoriser en valeurs comestible ou sentimentale notre rapport à l'animal, et notamment aux mammifères monophylétiques (ancêtre commun), auxquels nous appartenons, est une démarche psychopathe. Sommes-nous complètement dingues ?

    La viande rend malade, mais nous continuons à en manger de plus en plus...
    La viande est source d'infernales cruautés, mais nous continuons à en manger de plus en plus...
    La viande est objet de disparités entre les peuples, mais nous continuons à en manger de plus en plus...
    La viande induit déforestation, désertification, pollution, mais nous continuons à en manger de plus en plus...

    Même pas honte de vivre avec une mauvaise conscience !

    Auteur

    avatar Michel Tarrier

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  •   Les JO de Londres sont-ils vraiment écolos?

     

    En 2005, Tony Blair l'avait promis: les JO de Londres seront les plus propres de toute l'histoire de la compétition. Avant l'ouverture des Jeux, Youphil.com fait le point.

    Le souci de créer un événement écologiquement responsable a été au cœur du projet des Jeux olympiques, qui se dérouleront du 27 juillet au 12 août 2012, à Londres.

    Dès l'annonce de la sélection de la capitale anglaise comme ville hôte, en 2005, les organisateurs de la compétition, le WWF et la société BioRegional rédigent un cahier des charges pour créer les Jeux les plus éco-responsables. Au total, 76 objectifs sont listés dans le document. Autant de mesures à mettre en place durant les Jeux, mais aussi après la compétition.

    En 2007, la commission "Londres 2012 durable" est créée. Son rôle est de veiller, de manière indépendante, à l'impact environnemental des JO. La même année, la British Standards Institution (BSI) crée la norme BS 8901 pour mesurer l'impact environnemental d'un grand événement.

    Enfin, le 8 février 2012, le fantasque maire de Londres, Boris Johnson, annonce la création de la "London Legacy Development Corporation", commission chargée de donner une seconde vie au parc olympique une fois la compétition terminée –jeux paralympiques inclus–, le 10 septembre 2012.

    Le 20 juillet 2012, un premier rapport cosigné par le WWF et BioRegional souligne les efforts déjà réalisés, mais dresse un sévère bilan des objectifs non atteints.

    • On applaudit!

    > Des infrastructures "écolos" et démontables

    Le stade olympique de Londres ne fera pas mieux que les 91.000 places assises du "Nid d'Oiseaux" de Pékin, en 2008. L'arène londonienne permettra tout de même à 80.000 spectateurs d'assister au sacre attendu du Jamaïcain Usain Bolt sur la distance reine, le 100 mètres.

    Mais l'innovation est ailleurs. La structure de l'édifice est démontable. Le projet des ingénieurs était d'offrir un maximum de places durant les 26 jours de la compétition, et de ramener l'objet à "taille humaine" (25.000 places), une fois les festivités achevées.

    Le stade olympique de Londres passera de 80.000 à 25.000 places à la fin de la compétition.

    Crédit: Torcello Trio / Flickr

    La prouesse vient également du bilan carbone des infrastructures olympiques, plus faible que ce qui était prévu. L'utilisation de matériaux plus léger et moins gourmands en CO2 (la moitié de l'empreinte carbone des JO provient de la construction de ces infrastructures) permet une économie de 30.000 tonnes de CO2. Cerise sur le gâteau, les 204 drapeaux qui flotteront dans le stade sont entièrement recyclables.

    L'autre défi était de trouver une seconde vie aux matériaux récupérés lors de la démolition des anciens bâtiments. 98,5% des débris ont donc pu être réutilisés pour créer les fondations du village olympique.

    > Dépollution des sols

    Le village olympique n'a pas vu le jour sur une zone vierge comme un green de golf. Il a été implanté dans le quartier de Newham, dans l'est de la capitale britannique. Durant des années, les sols de cette zone industrielle, désignée comme le quartier le plus pauvre de Londres, ont eu le temps d'absorber quantités de rejets toxiques, déversés par l'industrie chimique et électrique.

    Alors, 80% des sols ont été dépollués des métaux lourds et des acides accumulés depuis la fin du XIXe siècle.

    > Construction de futurs logements sociaux

    Pour accueillir les 204 délégations sportives et les 400.000 visiteurs prévus pour l'ensemble de la compétition, les organisateurs ont construit un peu moins de 3000 logements (4800 étaient prévus).

    À la fin des festivités, la moitié sera mise à disposition des familles les moins aisées du quartier pauvre de Stratford. Sur ce sujet, le rapport estime pourtant que des progrès restent à faire. Certains craignent que les futurs loyers soient exorbitants.

    > Un bol de verdure

    L'un des souhaits du WWF et de BioRegional était de pouvoir bénéficier, en plein coeur du village olympique, d'une "ceinture verte" destinée à la biodiversité.

    En plus du nettoyage de certaines rives de la Tamise et de la rivière Lee, une zone de 45 hectares destinée à la préservation de la biodiversité a été protégée.

    > Les transports se mettent au vert

    La "mise au vert" des transports était également l'une des préoccupations principales. Huit des célèbres bus à impériale rouges qui circuleront dans le site olympique fonctionnent désormais avec un moteur hybride. Un premier pas encourageant, mais qui peut paraître dérisoire, car Londres compte un peu plus de 7000 bus en circulation.

    • Cartons rouges

    > Quid des sponsors?

    C'est peut-être le premier couac dans une machine bien huilée. Parmi les dix huit partenaires financiers de l'événement, British Petroleum (BP) et Dow Chemical créent la polémique.

    Le pétrolier britannique est mis en cause dans la marée noire qui a ravagé le golfe du Mexique après l'explosion de la plate-forme de forage Deepwater horizon, en avril 2010.

    Quant à Dow, le géant mondial du plastique, il a racheté la société Union Cardibe en 2001. L'image de cette dernière reste attachée à la catastrophe de Bhopal en Inde, qui a causé la mort de plus de 25.000 personnes en 1984.

    La présence de Dow Chemical a même provoqué la démission de l'écologiste Meredith Alexander, membre de la commission pour des Jeux durables.

    > Cachez ces pauvres que je ne saurais voir

    Selon The Guardian, les rives de la Tamise n'ont pas été les seules à être méthodiquement nettoyées.

    La municipalité s'est lancée dans une véritable chasse aux indésirables, pour évacuer sans-abri et vagabonds en dehors du site.

    > Des énergies pas si renouvelables que cela

    Le cahier des charges promettait 20% d'énergie propre, grâce à un mix énergétique, composer d'énergies fossiles et renouvelables.

    "Malheureusement, seulement 9% des énergies du site olympique seront renouvelables", regrettent Sue Riddlestone et David Nussbaum, auteurs du rapport. Pour des raisons de sécurité, l'éolienne prévue en plein coeur du site pour remplir ce rôle n'a pas été construite. "C'est un signal négatif envoyé au marché des éoliennes en milieu urbain."

    L'autre flamme qui met le feu aux poudres est l'emblème olympique lui-même. Au lieu de fonctionner au biogaz ou aux copeaux de bois, comme prévu, la flamme olympique brûlera finalement au gaz naturel (une énergie fossile).

    > L'empreinte carbone: un manque de transparence

    Les organisateurs se félicitent d'une empreinte carbone de 400.000 "tonnes équivalent CO2" (unité de mesure des gaz à effet de serre), pour l'ensemble de la compétition.

    Si des estimations existent, les organisateurs oublient tout de même qu'aucune donnée fiable ne permet, à ce jour, de mesurer l'empreinte carbone des JO précédents.

    Crédit: Christopher Bevacqua / Flickr


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  •  Sauvons la Forêt (Rettet den Regenwald e.V.)
    info@sauvonslaforet.org
    www.sauvonslaforet.org

    IKEA, bien pire qu'un marchand de meubles

    Pour 99 euros, IKEA propose la table JOKKMOKK et ses quatre chaises en « pin massif, un matériau naturel qui embellit avec l'âge ». Pour assumer une vente annuelle mondiale de 100 millions de meubles, l'entreprise suédoise a des besoins gigantesques en bois : 12 millions de mètres cubes par an ! La nature en paie le prix.

    Prix bas pour les meubles, coûts élevés pour la nature

    Une grande partie des bois utilisés dans les meubles d'IKEA proviennent de l'extrême nord de la Russie, comme le révèlent leurs très fines cernes / fins anneaux de croissance. Dans le froid climat subarctique, les arbres poussent très lentement. La filiale d'IKEA Swedwood possède un bail en République de Carélie (Russie) sur 300.000 hectares de forêts naturelles, dont certaines zones encore vierges.

    Des arbres plusieurs fois centenaires abattus en quelques secondes : à la cadence de 800 arbres par jour, les abatteuses coupent, ébranchent et empilent les troncs d'arbres avant leurs transport vers l'usine de meubles. Du haut de leurs pneus gigantesques, les machines sillonnent les marais. Ils leurs faudra des décennies pour s'en remettre. Jour après jour, IKEA détruit de nouvelles forêts primaires et leurs riches écosystèmes. Les coupes rases ne cessent de s'étendre.

    Coupes à blanc certifiées par le FSC

    IKEA considère la destruction de la taïga (ou forêt boréale) comme manifestement responsable, puisque cette zone de Carélie a reçu le label FSC (Forest Stewardship Council). Les organisations écologistes condamnent depuis longtemps la supercherie de la certification par le FSC.

    Soutenons les revendications des associations Protect the Forest et Spok. IKEA doit cesser immédiatement la destruction des forêts naturelles.

    Début de l'action: 2 juil. 2012


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  •   Les moutons marocains ont mangé une montagne

    28 juin 2012,

    montagne_nue_MarocJbel Ayachi
    © Michel Tarrier

    Plus de 100 millions d'herbivores « comestibles » (moutons, chèvres, vaches, dromadaires...) ravagent les sols et les écosystèmes du Maroc, avec, semble-t-il, la bénédiction des autorités et des gestionnaires. L'entièreté du pays, par ailleurs plus fragile que d'autres puisque de nature semi-aride en majorité, est l'objet d'un véritable « dépeçage » de ses paysages et de son Vivant par la pression d'un surpâturage à nul autre pareil. On le sait, on le répète, mais c'est pire chaque saison.

    Un exemple parmi d'autres est celui que vient de vivre le magnifique Jbel Ayachi qui culmine à 3757 m dans le Haut Atlas oriental. Au fil de ces dernières années, le massif a perdu la totalité de sa couverture végétale et ne montre plus qu'un sol dénudé, scalpé, squelettique. Effrayant, effarant, irréversible. Les derniers lambeaux de la précieuse cédraie sont moribonds, les genévriers thurifères vétérans sont écimés jusqu'au trognon, la chênaie verte est ravagée, décapitée, abroutie, l'ancien cortège botanique si riche et varié n'est plus, c'est tout le paysage qui dépérit à force d'abus d'usage. Le sol désormais pulvérulent, où plus rien ne pousse et ne poussera plus jamais part en poussière au moindre vent ou se retrouve dramatiquement lessivé lors des pluies. Voici ce qu'il reste d'un manteau forestier que le premier découvreur, le Marquis de Segonzac, décrivait comme luxuriant et infranchissable en 1905, soit à peine plus d'un siècle ! Quant à la faune climacique (lion, panthère, magot, mouflon, gazelle et même antilope bubale !!) et la faunule endémique (innombrables papillons à valeur biopatrimoniale), il ne reste rien. Toutes les espèces sauvages ont été décimées, victimes de la destruction de leur niche écologique, d'éviction, quand ce n'est pas de persécution imbécile et impitoyable.

    Tous sont responsables, du berger au garde forestier, mais sont surtout coupables les propriétaires absents, ces bourgeois des grandes villes qui confient des effectifs surnuméraires de moutons (oviculture de rente) à des bergers locaux et dont ils profitent des droits séculiers d'usage normalement limités à la charge modeste de troupeaux familiaux. De tels droits devraient être caduques s'ils ne profitaient pas, et ce sans la moindre traçabilité, à des gens bien placés de réaliser de gros bénéfices sur le dos de la misère et de l'ignorance, et au détriment de ressources légitimes. Et les faux reboisements, les soi-disant périmètres en défens ne sont que des effets d'annonce. L'intitulé de l'administration en charge d'écosystèmes qui ne sont plus que des fabriques de moutons est à revoir : Haut Commissariat « de la lutte contre la désertification » ne correspond absolument plus à l'objectif qui se révèle inverse à la promesse.

    Et pour parler de cette montagne de l'Ayachi, qui sont ces gens de la tribu des Aït-Morrhad qui ont investi la contrée pour en détruire les espaces et les espèces ? Il s'agit de piètres dévastateurs, par ailleurs connus pour leur immense cruauté envers les animaux. De quel laxisme profitent-ils pour pouvoir ainsi se comporter en hors-la-loi ? Sont-ils, eux-aussi, de ces monothéiste qui font des enfants pour les déposséder, les déshériter, leur dérober tout avenir ?

    Ah ! la viande, la viande, la viande... ! Mangez-en donc tous les jours, encore et encore, jusqu'à en crever vous-même et déposséder les générations futures du moindre reste de Nature ! La Nature, quoi qu'en pensent les imbéciles, n'est pas une ressource renouvelable.

    Protéger la Nature passe par la colère, une « bienveillante » dictature (un peu comme le code de la route, non ?) et un certain végétarisme. Mais à l'heure d'un écologisme de pacotille parce qu'électoraliste, bonne conscience d'un système corrompu, on ne sait plus rien de l'écologie. Nous vivons dans l'éco-inconscience. Pour le fric.

    Il existe, sur les routes des Atlas, quelques auberges aux enseignes évocatrices d'un paradis perdu : « Auberge du dernier lion de l'Atlas », « ... de la dernière panthère », « ... du dernier singe magot ». Annoncera-t-on les prochaines ouvertures de gîtes ruraux (c'est tendance...) aux appellations probabilistes : « ... du dernier cèdre », « ... du dernier mouton », « ... du dernier touriste », « ... du dernier homme » ?!!

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    avatar   Michel Tarrier    notre-planete.info


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  • A l'heure où les Etats veulent renflouer leurs caisses, il y a des économies à faire en réduisant les subventions et aides fiscales contribuant à détruire la nature ou réchauffer le climat, estime l'économiste Guillaume Sainteny, promoteur d'une fiscalité plus verte.

    Cette question des aides dommageables à l'environnement doit figurer la semaine prochaine au menu du G20, au Mexique, et du sommet du développement durable de Rio+20. Preuve qu'elle est désormais au coeur des préoccupations, même si, sur ce sujet, la France a du retard, affirme dans un entretien à l'AFP l'auteur de l'ouvrage Plaidoyer pour l'écofiscalité.

    En France, l'économiste comptabilise quelque 30 milliards d'euros de subventions publiques ou dépenses fiscales annuelles favorables au changement climatique à travers les aides aux énergies fossiles. Soit trois fois plus, selon lui, que l'argent dépensé pour lutter contre le réchauffement.

    Quelles sont ces aides climatiquement nocives? Le fait que les pêcheurs ne paient pas de taxe sur les carburants, que les carburants d'aviation ne soient pas taxés, que les agriculteurs aient droit à un taux réduit, le transport routier aussi, les taxis aussi jusqu'à un certain niveau, énumère-t-il.

    Même constat pour la biodiversité. Alors que de plus en plus d'espèces sont menacées, l'argent public, affirme-t-il, est moins utilisé pour préserver les espaces naturels que pour les détruire. Par exemple en favorisant l'étalement urbain en faisant reposer quasi-exclusivement la fiscalité locale sur le bâti.

    L'argent dépensé pour la biodiversité, c'est assez facile à compter, il y en a très peu. Cela concerne principalement les secteurs de l'eau et des déchets et cela représente moins de 10 millions par an, affirme le maître de conférence à l'Ecole polytechnique, qui participera au sommet de Rio+20.

    match de boxe permanent avec Bercy

    Les subventions néfastes pour la nature, en revanche, représenteraient des milliards voire des dizaines de milliards, ajoute celui qui avait rédigé l'an dernier un rapport du Conseil d'analyse stratégique (CAS) sur ce sujet.

    Une fiscalité globalement peu favorable à l'environnement que le Grenelle de l'environnement n'a que très peu réussir à verdir, juge-t-il.

    La mesure de bonus/malus automobile, cite-t-il en exemple, ne peut être considérée comme une subvention favorable à l'environnement car elle a conduit à la mise sur le marché de davantage de véhicules diesel, qui émettent certes moins de CO2 mais génèrent bien d'autres impacts, notamment sur la santé.

    Les changements sont très difficiles à mettre en oeuvre au niveau fiscal, cela ne se fera que pas à pas, reconnaît M. Sainteny, qui, en tant qu'ancien responsable des affaires économiques au ministère de l'Ecologie (2005-09), se souvient du match de boxe permanent avec le ministère de l'Economie.

    Avec la crise, Bercy n'est pas intéressé par des éco-taxes incitatives (taxes ciblées visant à orienter vers des comportements plus vertueux) mais par des taxes qui rapportent de l'argent, affirme-t-il.

    Pourtant, au regard des succès rencontrés dans des pays comme l'Allemagne ou en Scandinavie, la fiscalité environnementale est efficiente pour modifier les comportements, assure l'économiste.

    L'arrivée de Nicole Bricq au ministère de l'Ecologie peut-elle faire évoluer les choses? Elle est une convaincue de l'environnement, de la fiscalité et surtout des deux ensemble, estime M. Sainteny, qui voit aussi un bon signe dans la nomination au cabinet d'un conseiller pour la fiscalité, une première.

    Le gouvernement cherche à faire des économies, rappelle-t-il, il y en a sans doute à faire en réduisant certaines de ces aides ou les réorientant.


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