•     Actualités   CYBERACTION URGENTE - CLAMONS PAR MILLIERS

      "I AM (je suis) GUARANI KAIOWÁ"

     POUR ENDIGUER LE GÉNOCIDE DE CE PEUPLE AU BRÉSIL

    Arrêtons le génocide des Indiens du Brésil  1) au choix, écrivez #‎IamGuaraniKaiowa avec un marqueur noir sur une feuille A4 ou téléchargez ce visuel à imprimer ou à afficher sur votre écran (tablette, ordinateur, etc...) ;

      2) faites une photo avec votre support #IamGuaraniKaiowa et postez-la vous-même depuis le formulaire de notre page dédiée à : http://raoni.com/alerte/kaiowa.php.

      Avec le soutien de personnalités (Paul Watson, Pierce Brosnan, Pierre Richard…), Planète Amazone relaye une cyberaction internationale d’urgence et appelle les internautes du monde entier à se mobiliser par milliers pour sauver le peuple Guarani-Kaiowá en se mettant en scène avec le hashtag #IamGuaraniKaiowa.

       Postés sur une page dédiée, les photos seront transmises à la Présidente du Brésil, afin de l’exhorter à signer prestement le décret d’homologation de 22 terres indigènes Guarani-Kaiowá, comme l’y oblige la Constitution de 1988, pour mettre fin aux conflits fonciers motivant l’annihilation de ce peuple de 45 000 âmes par les grands propriétaires terriens. Madame Rousseff bloque volontairement le processus de reconnaissance de ces terres indigènes depuis plusieurs années, sous la pression des puissants géants de l'agro-industrie. Actuellement, ce peuple fier, qui vivait en harmonie avec la nature, en est réduit à survivre misérablement dans des campements de fortunes recouverts de bâches plastiques, à la merci de fréquentes attaques d'hommes de mains armés à la solde des producteurs d'éthanol.

      Vos photos seront transmises à Dilma Rousseff, présidente du Brésil, avec une demande écrite émanant du peuple Guarani-Kaiowá exigeant la démarcation immédiate de leurs terres envahies, tel que stupulé dans l'article 231 de la Constitution de 1988.

      Ils ont déjà participé:

       Paul Watson & Yana Watson :

      " Yana et moi voudrions vous demander à tous, s'il vous plaît, de vous prononcer contre le génocide du peuple indigène Guarani-Kaiowá, au Brésil. Ils sont tués, violés et leurs enfants sont kidnappés. Il n'y a pas de justice pour eux de la part du gouvernement. Tout simplement parce que les riches propriétaires veulent leur terre, qu'ils prennent sans crier gare, détruisant leur forêt pour faire des plantations de canne à sucre et de soja! Tout ce que les Guarani-Kaiowá demandent c'est qu'on les laisse tranquille sur leur propre terre, afin qu'ils puissent continuer leur vie traditionnelle. Si nous ne prenons pas des mesures dès maintenant, le peuple Guarani-Kaiowá aura disparu dans moins de dix ans. Diffusez des informations, partagez, faire la même chose que je fais, si nous prenons tous des mesures pour les aider, nous allons sauver des vies, et la vie de la forêt du Brésil! "

       Pierre Richard et son épouse Ceyla :

      « L’horreur est à son comble ! Voilà qu’on tue encore au XXIème siècle les Indiens du Brésil, comme aux temps de la conquête. Les grands propriétaires terriens, sous le regard indifférent des autorités – quand elles ne sont pas complices –, les massacrent pour s’accaparer leurs terres au nom du Dieu Ethanol. Circulez les « sauvages », y a rien à voir ! Et si vous n’êtes pas contents une balle dans la tête ! Femmes, enfants, sans distinction. Où est la conscience morale dans tout ça ! L’humanité est bien malade l’argent finira par l’étouffer définitivement ! »

       Date de l'article : 27/07/2015   raoni.com


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      La campagne en faveur de la tribu la plus menacée de la Terre a triomphé : le Brésil a annoncé que tous les envahisseurs du territoire awá ont été expulsés.
    © Survival

      Dans une victoire sans précédent de la campagne pour sauver les Awá, la tribu la plus menacée de la Terre, le gouvernement brésilien a annoncé que tous les envahisseurs de leur territoire dans l’est amazonien avaient été expulsés.

      Cette  nouvelle parvient exactement deux ans après que Survival International ait lancé, avec le soutien de l’acteur de renommée internationale Colin Firth, une campagne de grande envergure pour sauver les Awá de l’extinction – marquant une nouvelle étape dans l’histoire de Survival et de ses efforts pour protéger les territoires des peuples indigènes.

      En janvier dernier, sous une pression internationale sans précédent, le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d’hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá. A l’issue d’un survol de la zone la semaine dernière, le procureur public et le juge saisis du dossier ont remis aux Awá un document officiel confirmant que tous les non-Indiens avaient été expulsés de leur territoire.

      Le territoire awá renferme quelques-unes des dernières parcelles de forêt tropicale d’Amazonie orientale, en dépit du fait que les bûcherons clandestins en aient détruit plus de 30 %.

    Le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d'hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá.
      Le gouvernement brésilien a envoyé sur le terrain une équipe de plusieurs centaines d'hommes pour expulser les éleveurs et les bûcherons clandestins du territoire awá.

                                              © Silvano Fernandes/FUNAI

      Des experts brésiliens avaient averti que les Awá, l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs nomades d’Amazonie, risquaient l’extinction si aucune mesure n’était prise. La centaine d’Awá qui demeurent isolés et refusent tout contact sont particulièrement vulnérables aux maladies introduites par les étrangers qui pourraient les décimer .

      Les Awá avaient lancé de nombreux appels pour que soient prises des mesures d’expulsion contre leurs envahisseurs, dont la plupart étaient armés et étaient connus pour avoir commis des attaques violentes contre les Indiens.

      Un Awá avait déploré : ‘Nous ne pouvons plus chasser… nous ne pouvons plus trouver de nourriture. Les bûcherons sont ici depuis trop longtemps… nous avons alerté les autorités sur la présence des bûcherons, de leurs tronçonneuses, de leurs machines et de leurs camions qui grondent’.

      Nixiwaka Yawanawá, un Indien d’Amazonie en poste au siège de Survival à Londres, a déclaré : ‘Cette victoire importante est principalement due à la campagne de Survival International et à ses efforts soutenus pour protéger les forêts et la vie de mes frères et sœurs. Elle est bien évidemment le résultat de la pression de la communauté internationale sur le gouvernement brésilien pour qu’il garantisse les droits territoriaux des Indiens conformément à la constitution brésilienne. Nous sommes infiniment reconnaissants à tous nos sympathisants qui ont fait preuve d’une profonde solidarité dans ce combat pour la vie’.

     

    De nombreuses personnalités et des centaines de sympathisants ont photographié le logo de la campagne dans 38 pays en soutien à l'action de Survival en faveur des Awá.
      De nombreuses personnalités et des centaines de sympathisants ont photographié le logo de la campagne dans 38 pays en soutien à l'action de Survival en faveur des Awá.
    © Survival

    Faits et chiffres de la campagne de Survival en faveur des Awá :
    - Plus de 57 000 messages ont été envoyés au ministre de la Justice brésilien lui demandant de prendre des mesures pour expulser les bûcherons clandestins.

    - De nombreuses personnalités, telles que le photographe brésilien de renommée internationale Sebastião Salgado, l’actrice Gillian Anderson, la créatrice de mode Vivienne Westwood, le musicien Julian Lennon, et bien d’autres encore, ont apporté leur soutien à cette campagne.

    - Des centaines d’’awáicons’ – le logo de la campagne – ont été photographiés dans des sites célèbres de 38 pays.

    - Trois campagnes publicitaires ont attiré l’attention de millions de personnes dans le monde sur le sort des Awá.

    - La Commission interaméricaine des droits de l’homme, la plus haute instance des Amériques en matière de droits de l’homme, a pris des mesures suite à un appel urgent lancé par Survival et l’ONG brésilienne CIMI, qui défend les Awá depuis des décennies.

       Survival appelle maintenant les autorités brésiliennes à mettre en place un programme de protection permanente des territoires pour éviter d’autres invasions.

       Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Nous n’aurions pu obtenir cet important succès sans la mobilisation de l’opinion publique qui a exercé une pression considérable sur le gouvernement brésilien pour qu’il agisse. Cette victoire est la preuve indéniable qu’une vague mondiale de protestations est le moyen le plus efficace pour garantir la survie des peuples indigènes. Les sympathisants des Awá à travers le monde doivent maintenant rester vigilants et veiller à ce que des mesures adéquates soient prises pour éviter de nouvelles invasions’.

    Notes aux rédactions :  (téléchargements sur le site de Survival)

    - Télécharger la chronologie de la campagne awá (en anglais, pdf, 441 Ko)
    - Télécharger le document remis aux Awá confirmant l’achèvement de l’opération d’expulsions (en portugais, pdf, 1,4 Mo)
    - Voir d’autres campagnes victorieuses menées par Survival International telles que la démarcation du territoire yanomami en 1992 et le soutien juridique apporté aux Bushmen du Botswana pour leur droit à vivre sur leurs terres ancestrales dans la Réserve du Kalahari central.

    Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10205


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  • Thierry Crouzet | Journaliste, écrivain (Rue 89)

     

    Jeune médecin, Didier Pittet a eu un jour une idée de génie : une lotion pour se laver efficacement les mains. Un produit qui permet aujourd’hui d’éviter à des millions de gens d’être infectés par des bactéries.


    David Pittet à l’ONU, à Genève, le 10 novembre 2006 (MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA)

    Vous arrivez au boulot. « Salut ! », vous lance un collègue qui sort des toilettes. Il vous tend la main. Que faites- vous ?

    Avant de répondre, sachez que, dans le monde, selon une étude [PDF] menée par la très sérieuse Michigan State University aux Etats-Unis, 15% des hommes et 7% des femmes évitent le lavabo après avoir uriné. Un tiers des autres n’utilise pas de savon et la plupart ne se frictionne pas assez longtemps pour se décrasser les paumes. Pour résumer, nous sommes sales.

    Making of

    Cette formidable histoire a d’abord été publiée par la revue Centre Commercial. Initié par l’équipe de la marque de baskets Veja et tiré à 3 500 exemplaires, ce semestriel est disponible dans une sélection de librairies, concept-stores et sur commande en ligne. L’auteur de l’article, Thierry Crouzet, a quant à lui consacré un livre entier au « Docteur Mains Propres ». Mathieu Deslandes

    Les hôpitaux ne sont pas épargnés par ce laxisme. Sauf que dans ce cas, cela peut s’avérer mortel. On touche un malade, on en touche un autre, et les germes sautent de mains en mains. Ils se glissent par les blessures, par les perfusions, ils plongent dans le sang ou s’arriment aux os qu’ils liment avec acharnement. Résultat : une maladie nosocomiale.

    En 2001, une autre étude américaine a révélé que chaque année, 1,7 million d’Américains étaient infectés à l’hôpital, dont 5,8% décédaient. Si l’on étend ces données à la planète, on tombe sur un vertigineux 16 millions de morts, un carnage dont les médecins répugnent encore à parler. Après les maladies vasculaires, c’est la deuxième cause de mortalité à égalité avec les cancers.

    Des staphylocoques dorés qui le rongent

    Rappelez-vous Guillaume Depardieu. Un samedi soir de 1995, en moto, il percute une valise, qui vient de se détacher du toit d’une voiture, et chute violemment. Ce grand gaillard au sourire triste séjourne un an à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches. On lui propose une reconstruction du genou droit. [...] L’opération se déroule bien, mais la reconstruction échoue. Il accepte une nouvelle intervention. En avril 1996, on lui place une prothèse.

    « Quand la prothèse a pris, il faut enlever des trucs, résumera-t-il. Ça, ce sont des opérations que l’on dit bénignes, qui ne sont pas aussi importantes que les opérations de reconstruction, mais qui, en même temps, nécessitent l’ouverture du corps et donc la prise de risque en terme de contamination… »

    Après cette fameuse intervention, le fils de Gérard Depardieu contracte deux types de staphylocoques dorés. Ces bactéries le rongent de l’intérieur. Au bout de quelques années, les douleurs sont si violentes qu’il décide de se faire amputer. Il s’en sort, mais en octobre 2008, vulnérable, il contracte une pneumonie, doublée d’une nouvelle infection par un staphylocoque. Il décède trois jours plus tard.

    Cette année-là, il sera l’une des innombrables victimes des maladies nosocomiales.

    Se laver les mains 22 fois par heure

    Elles n’épargnent personne. Didier Pittet a décidé de lutter contre elles.

    De l’Afghanistan au Mali, de sa Suisse natale au Japon, ce quinquagénaire affûté, en costume confortable qui lui donne un air d’Indiana Jones avant qu’il ne parte à l’aventure, parcourt le monde au nom de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour expliquer une seule chose : en se lavant les mains, on divise par deux le nombre de maladies nosocomiales. De 16 millions de morts, on tombe à 8 ! Et ce n’est qu’un début.

    Tout commence par un éclair de génie. En 1994, lors d’une étude de terrain aux HUG, les hôpitaux universitaires de Genève, Didier Pittet, alors tout jeune chef de service, découvre que les infirmières des soins intensifs doivent se désinfecter les mains au savon 22 fois par heure. Le calcul est vite fait. Se désinfecter correctement nécessite 1’30, cela répété 22 fois, il ne reste pratiquement plus de temps pour les soins.

    Conséquence : l’hygiène hospitalière laisse à désirer, les germes s’en donnent à cœur joie. C’est un problème universel. Et voilà que la pomme tombe sur la tête de Didier Pittet.

    Quelques gouttes... et adieu bactéries !

    Pour le médecin, il faut se laver les mains non pas avec de l’eau et du savon, mais avec de l’alcool afin d’obtenir un maximum d’efficacité. C’est une idée si bête que l’on peut s’en vouloir de ne pas l’avoir eue avant.

    Le jeune homme rencontre alors le pharmacien William Griffith, un spécialiste des solutions alcoolisées. Avec l’aide de ce dernier, Didier Pittet met au point une formule désinfectante à base de chlorhexidine, un puissant antiseptique avec un effet rémanent, et d’isopropanol, un alcool de synthèse à effet immédiat.

    A ces deux composés essentiels s’ajoute de l’eau, car l’alcool à 100 % ne se fixe pas aux germes et ne les détruit pas. Ce cocktail initial, une fois testé et amélioré, devient le gel antiseptique mis en vedette lors de l’épidémie de grippe H1N1.

    Soudain, voilà que l’on retrouve partout les petites bouteilles inventées par Didier Pittet et son équipe. Elles investissent les sacs à main, les cuisines, les salles de bains, les « backpacks » des routards. Quelques gouttes, vingt secondes de friction et adieu virus et bactéries.

    Des taux d’infection divisés par deux

    Surtout, depuis son adoption dans presque tous les hôpitaux de la planète, cette lotion a divisé par deux les taux d’infection et, du même coup, la mortalité.

    Avec cet extraordinaire succès scientifique, Didier Pittet devient l’un des médecins les plus cités. La reine d’Angleterre le fait « Commander » pour le remercier d’avoir aidé son pays à mettre en place un programme de prévention des infections. L’OMS le nomme leader du programme Clean Care is Safer Care. Le médecin voyage et porte la bonne parole, partout.

    En janvier 2006, il se trouve au Kenya. Après avoir visité trois hôpitaux, il roule avec la délégation de l’OMS en direction de Nairobi. Ils ont deux heures d’avance sur leur programme. Didier Pittet propose d’improviser une quatrième visite.

    Quelques minutes plus tard, il débarque dans l’une des chambres d’un hôpital choisi au hasard. Immédiatement, il aperçoit un distributeur d’alcool cadenassé installé sur un support en bois. Quelque chose ne va pas. L’alcool devrait être accessible facilement. Toute entrave ne peut que limiter l’observance de l’hygiène des mains.

    Didier Pittet finit par découvrir que l’hôpital paye les flacons presque trois fois plus chers qu’en Europe ou qu’en Amérique.

    Son sang ne fait qu’un tour. « Le prix ne doit pas être un frein à l’hygiène des mains, affirme-t-il. Si une mesure de prévention coûte, elle ne marche pas. »

    Ils nous ont enrichis collectivement

    Une évidence s’impose : « Il faut que la solution soit fabriquée localement. » Et pour que cela soit possible, le docteur Pittet décide de publier la formule et d’en faire ainsi un bien commun de l’humanité. Tout en cassant, dans le même temps, le business des compagnies qui s’enrichissaient jusque-là sur le dos des malades.

    Comme la plupart des scientifiques, Didier Pittet aurait pu déposer un brevet, créer une entreprise prospère, devenir multimilliardaire. Il a plutôt choisi de partager sa découverte.

    Au début des années 1990, l’Anglais Tim Berners-Lee avait effectué le même choix en développant le World Wide Web en libre accès. Le Finlandais Linus Torvalds, lui, a fourni au monde Linux avec lequel fonctionnent la plupart des serveurs Internet. Ces deux hommes n’ont pas pensé à eux avant de penser à l’humanité. Ils n’ont pas pensé à s’enrichir, mais à nous enrichir collectivement. On a souvent dit de leur générosité qu’elle n’était envisageable que dans le monde numérique.

    L’histoire de Didier Pittet prouve que l’on peut l’étendre à la santé, à l’humain, à sa fabrique la plus élémentaire.


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  •    Ciblez les pauvres : j’ai tenté de lever des fonds pour une ONG

    Sylvain Duthil, en recherche d’emploi  (Rue 89)

     

    Sylvain s’est retrouvé à faire du porte-à-porte dans un quartier défavorisé de Londres afin de solliciter des dons pour une ONG. Il nous raconte l’exploitation de la misère à des fins humanitaires.

       Après une première expérience de marketing direct, l’auteur, en recherche d’emploi à Londres et ancien étudiant en sociologie, a voulu retenter sa chance auprès d’une autre entreprise, autant pour relater l’expérience que pour trouver un emploi.

    Malgré un coup de fil et plusieurs relances par e-mail, l’entreprise Source Marketing Direct n’a pas souhaité nous répondre. Rue89

    Le rendez-vous est fixé à midi. La veille, je me suis rendu à un entretien d’embauche dans une société de marketing, Source Marketing Direct. Reçu par le directeur, qui m’a exposé de manière succincte le fonctionnement de son entreprise, je suis cette fois convié à passer avec eux une journée sur le terrain.

    Conformément aux consignes, je me rends dans leurs bureaux à l’heure dite, dans des chaussures confortables comme recommandé et vêtu du costume-cravate de rigueur – après avoir nettoyé au mieux les quelques taches de mon unique costume, dont évidemment une au milieu de ma cravate.

    Des bureaux, j’en ai visité des tas, à la recherche d’un emploi à Londres. Des ruches fourmillantes aux locaux sordides. Ici, c’est un open space design avec hôtesses peroxydées, couvertes d’autobronzant et d’un maquillage outrancier. La musique de boîte de nuit n’est pas un bruit de fond : elle est réglée au maximum.

    La mezzanine s’ouvre sur une terrasse ornée d’un jacuzzi flambant neuf. Après une longue attente à compter les solives du toit et à feuilleter les magazines de management à ma disposition, la journée peut commencer.

    Solliciter des dons à Brixton

    L’entreprise fait du marketing direct. Le boulot : démarcher des gens pour le compte de VSO, une ONG qui envoie des volontaires en Afrique. Nous allons solliciter des dons. Je pars avec le directeur et un jeune employé, Miguel, en formation.

    Je pensais benoîtement que notre destination était un centre commercial, mais je comprends vite que ce démarchage se fera au porte à porte. Le directeur me dévoile dans un verbiage de commercial les raisons de cette démarche : la plus grande proximité avec les gens, le retour direct.

    Direction Brixton. Brixton, pour ceux qui ne connaissent pas Londres, est un quartier ou l’on retrouve une forte communauté africaine et caribéenne. Le chômage est nettement plus élevé que la moyenne nationale. C’est ici qu’en avril 1981 ont éclaté de violentes émeutes après une interpellation musclée. Trente ans après, le quartier s’est à nouveau enflammé lors des émeutes de l’été 2011.

     

    Arrivés à la station de Brixton, un « check » avec les autres commerciaux, et nous voilà partis vers notre secteur. A ce stade, je me demande déjà ce que je fais ici. Surtout que nous nous dirigeons vers les secteurs les plus défavorisés du quartier. Le directeur et l’employé novice enfilent leurs chasubles criardes de l’ONG et le travail commence.

    Le directeur remplit le formulaire

    Il est 14h30. A ce moment de la journée, ce n’est évidemment pas les privilégiés détenteurs d’un emploi que l’on rencontre, mais des mères de famille, des chômeurs ou des retraités.

    Tout est bon pour attirer la sympathie. Une mère de famille avec son enfant ? Le sourire au petit est censé briser la glace. Une personne d’origine caribéenne ? Des questions sur son pays. Mais le métier est ingrat. La première prise vient au bout d’une heure.

    Nous sommes sur le pas de la porte de Robert, Jamaïcain sexagénaire. Une maison typique de la banlieue anglaise. Il nous ouvre. Face au directeur qui récite son petit discours, un homme que l’on sent fragile. La voix pâteuse suggérant une médication lourde. Il se dit intéressé par le caritatif, répond par des monosyllabes et, face à un commercial convaincant, nous invite à le suivre dans sa cuisine où fleure bon l’odeur d’une marmite de poulet sur le feu.

    Le directeur lui explique l’importance de son soutien, et lui fait remplir un formulaire de parrainage. Enfin, « lui fait remplir »... Le directeur s’en charge sans laisser le temps à ce pauvre homme de réfléchir. La cuisine est vieille, l’évier couvert de tartre, des taches de cuisine jonchent les murs dont la peinture s’écaille, la maison est étroite.

    Mandela revisité : « La clé, c’est l’éducation »

    La nausée monte en moi. Ce n’est pas l’odeur du poulet mais l’impression de voir une arnaque malsaine prendre forme, un homme qui va se faire extorquer 8,50 livres par mois, pendant un an ou plus, par le boniment d’un commercial expérimenté.

    Il est au chômage. Quand l’on sait que les allocations sont de 65 livres la semaine, on se demande comment ce pauvre homme peut consentir ce geste. Il s’exécute cependant dans un état second, et nous donne ses références bancaires. Première mission accomplie.

    Une fois les remerciements d’usage donnés, nous laissons cet homme, non sans lui avoir laissé la preuve de son engagement avec la photo de la personne qu’il parraine, un professeur bénévole envoyé au Rwanda, car, comme le disait Nelson Mandela revisité par le directeur de l’entreprise, la clé, c’est l’éducation.

    Je n’avais pas envie de ce travail auparavant, j’en ai désormais un dégoût profond. Je poursuis cependant le porte-à-porte, curieux d’en savoir plus sur cet univers de la sous-traitance d’ONG.

    97% de refus ou portes claquées

    Le directeur m’explique que nous cherchons les 10% de gens susceptibles de donner spontanément, soit, dans notre cas, au mieux 3% des personnes que nous pourrons croiser aujourd’hui chez elles. Ce qui fait 97% de refus et de portes claquées.

    Les Britanniques réservent un accueil plus favorable à ce type de démarches qu’en France. Et c’est dans une banlieue défavorisée que l’on trouve le plus d’âmes charitables, semble-t-il. C’est aussi là que le taux de chômage est le plus élevé et ou les probabilités de rencontrer des personnes dans la journée sont donc les plus nombreuses...

    Dans un fast-food local, j’apprends que tout le monde doit commencer par sept mois de démarches à domicile. Qu’il n’y a pas de salaire mais des commissions : chaque contrat conclu et confirmé dans les deux semaines donne 25 livres au démarcheur… Les transports, aux prix prohibitifs à Londres, ne sont pas pris en charge, pas plus que les repas. Déjà écœuré pour les proies, j’en deviens écœuré pour les apprentis chasseurs.

    Le novice d’aujourd’hui travaillait ainsi depuis deux semaines sans salaire. Une de formation, une passée sur le terrain sans résultat, huit heures de marche par jour pour ne pas récolter un centime.

    La journée se termine à 21h30, dans un froid désormais mordant et sans autre contrat conclu. Une porte nous a bien été ouverte mais il s’agissait d’une personne de plus de 80 ans, et il n’était pas légal de lui proposer ce type de contrat.

    Les bénévoles savent-ils d’où vient l’argent ?

    Je ne peux m’empêcher de penser aux « Portes de la Gloire » et à l’exploitation du misérabilisme. Mêmes ficelles, mêmes cibles. Seuls les mandataires sont plus valorisants. Il n’est pas proposé aux gens un dictionnaire ou un aspirateur, mais une modeste contribution de 25 pence par jours, 8,50 livres par mois et ainsi de suite, à une organisation caritative. Dans cette banlieue pauvre, nous avions rencontré une femme déjà investie dans vingt organismes différents pour plus de 160 livres par mois.

    Les clients de Source Marketing Direct sont des ONG comme VSO, WWF ou La Croix-Rouge. Le soir même, j’ai découvert une multitude de compagnies similaires, aux sites très ressemblants. Des entreprises conçues sur le même moule, comme des franchises.

    Le risque pour les ONG est nul. Elles ne font que reverser une partie des contrats conclus aux démarcheurs et aux dirigeants. Les démarcheurs ont comme perspective idéalisée le fait de devenir manager sous dix mois, avec un salaire potentiel tenu secret mais présenté comme avantageux.

    En attendant, les heures à marcher dans le froid, à ranger sa fierté malmenée par les refus, à oublier ses principes. Les bénévoles des ONG sur le terrain savent-ils seulement d’où proviennent leurs financements?


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  •   Les mamies ingénieures ensoleillent l’Afrique

    Béatrice Toulon, le 14/10/2012  (Place Publique publié par Youphil)

    Des mamies illettrées ingénieures!Un réseau de sept mille grands-mères illettrées assurent la maintenance des panneaux solaires de leurs villages

    C’est une idée lumineuse comme l’énergie solaire dont 7 000 grand-mères africaines illettrées sont aujourd’hui les ingénieures diplômées, chargées de la maintenance des panneaux installés dans leurs villages. Car c’est bien connu, ce qui gâche tant de projets d’aide au développement, c’est le manque d’entretien. Les installations flambant neuf s’usent rapidement, s’abîment puis gisent, hors d’usage, faute de réparation et de pièces de remplacement.

    Fort de ce triste constat, Sanjit Bunker Roy a fondé en 1972 le Barefoot College à Tilonia, en Inde. Ce Collège, littéralement , des Va-nu-pieds, a déjà formé plus de trois millions d’ingénieurs dans le solaire, l’eau , la santé, l’éducation selon une méthode simple et révolutionnaire. « Au collège il n’y a ni crayons ni cahiers. Nos étudiants sont tous des paysans illettrés. Tout s’apprend par les gestes, en montrant. Et je peux vous assurer qu’à l’issue de 6 mois de formation ils en savent plus dans leur domaine que des étudiants qui ont fait 5 ans d’école », nous assure-t-il, lors d’une rencontre au dernier Women’s Forum de Deauville.

    Dans ce forum annuel où près de 1500 femmes parmi les plus brillantes du monde entier viennent débattre et échanger leurs savoirs sur l’avenir du monde, la promotion des femmes et les bonnes pratiques, l’exemple de Barefoot College n’est pas passé inaperçu. D’autant qu’en 2007, il a créé un partenariat avec un réseau africain, le Village environnement Energy Comittee (VEEC), destiné à former des femmes ingénieures dans l’énergie solaire et qu’à ce jour plus de 7 000 grands-mères, issues d’une dizaine de pays, et bien sûr illettrées selon les règles du collège, ont été formées.
    Cette initiative, ajoutée aux autres, lui a valu en 2010 d’être classé parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde par Time magazine.

    La démarche de « Bunker » Roy est pour le moins originale : « Nous choisissons exclusivement des grands-mères illettrées, qui vivent dans des villages reculés. Nous les emmenons en Inde pour 6 mois de cours et en faire des techniciennes de haut niveau. » Pourquoi des grands-mères, illettrées ? « En Afrique, on ne peut pas compter sur les hommes. Dès la fin de la formation, ils partiraient en ville, à l’étranger. » Pas les grands-mères, qui sont le cœur du cœur du village. « Quand elles partent, c’est un enterrement, mais quand elles reviennent, ces femmes qui ont entre 35 et 50 ans sont des stars. D’ailleurs, elles se font appeler « ingénieures » et savent qu’elles doivent assumer d’importantes responsabiltés. »

    Même si l’électrification du village est le but principal du projet, Bunker Roy n’est pas mécontent du bouleversement culturel induit par cette aventure : « cela bouleverse les role models, les relations hommes-femmes. Les hommes en ont peur… » Surtout, cet homme qui a décidé il y a 40 ans d’abandonner sa vie de champion de squash et de grand bourgeois, veut faire vivre les idées du Mahatma Gandhi pour qui les technologies les plus sophistiquées pouvaient parfaitement être utilisées dans l’Inde rurale pourvu qu’elles aient été appropriées par les gens du villages et restent sous leur contrôle et non celui d’experts venus d’ailleurs.

    Grâce à un don annuel de 100 000 dollars du gouvernement indien, le Barefoot College reçoit ces grands-mères africaines par groupes de quarante, tous les six mois, venues de dix pays différents. « C’est un gros effort qui leur est demandé. Elles quittent leur village souvent pour la première fois, elles prennent l’avion pour l’Inde, travaillent six mois avec des personnes dont elles ne connaissent ni la langue, ni la nourriture, ni rien. Mais au retour elles ont un diplôme, elles ont un salaire, à charge pour elles d’assurer la maintenance et les réparations des panneaux solaires. »
    C’est que les familles ont payé l’installation, même les plus pauvres pour qu’ils se sentent propriétaires et aient envie d’entretenir le matériel. Et ces familles payent un abonnement pour l’entretien et attendent donc que le service soit assuré. 20% du budget va aux salaires des grands-mères ingénieures, 80% à la maintenance. Pour l’approvisionnement en pièces, les ingénieures sont en lien avec le VEEC.

    Seuls les villages à l’écart de tout, inaccessibles peuvent intégrer le Village environnement Energy Comittee (VEEC). Ensuite, seules les familles qui le désirent se font poser des panneaux sur le toit de leur maison. Et le réseau permet des solidarités au niveau continental. « Une fois, une Béninoise a paniqué en rentrant dans son village. Elle pensait avoir tout oublié. Une Mauritanienne est venue lui donner un coup de main et tout est reparti. »

    Fort de son succès africain, Bunker Roy étend aujourd’hui l’expérience à des pays du Proche Orient, en Jordanie, en Afghanistan. Une autre paire de manches. « Le mari d’une Jordanienne qui était en formation à Tilonia l’a appelée pour lui demander de rentrer car un de ses petits-enfants était mourant. C’était faux, il ne supportait pas son absence. Nous l’avons immédiatement fait revenir pour qu’elle termine sa formation. » Elle est devenue la première femme ingénieure solaire de son village. Une révolution énergétique et autre…


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  •  E-cat : une énergie presque gratuite, presque infinie, sans pollution

    E-cat : se chauffer pour 20 € par an dès 2013

     Avec la montée du prix des hydrocarbures, se chauffer risque de devenir problématique dans les années à venir. Reste le chauffage électrique? Encore raté, EDF va augmenter ses prix de 30%. Reste le bois, pas l’idéal pour tout le monde… Restera alors l’E-cat lorsqu’il sera en vente dans le commerce, une technologie toute neuve et pleine d’espoir qui permettra de se chauffer pour seulement 20 euros/an, dans la mesure où les lobbys laissent l’entreprise vendre ses E-cats. 

      Se chauffer pour moins de 20 euros par an
    E-Cat
    energie libreSi tout se passe bien, vous devriez bientôt pouvoir adjoindre à votre chauffage central actuel un dispositif révolutionnaire de 400 à 500 dollars / euros vous permettant de chauffer votre maison avec une simple cartouche recyclable à base de poudre de nickel, pour moins de 20 dollars/euros par an.
    E-Cat
    Jusqu’il y a peu, le prix du dispositif avait été estimé à 4000 dollars. Grâce à la volonté de son concepteur, l’ingénieur Andrea Rossi (1950), au partenariat industriel avec National Instruments aux Etats-Unis, et une fabrication hautement automatisée, le prix a été divisé par dix, de façon à couper l’herbe sous le pied des copies par retro-engineering qui ne manqueront pas d’apparaître une fois le système lancé à grande échelle. Objectif : 1 million d’unités domestiques par an à partir de début 2013.
    E-Cat
    De la taille d’un ordinateur portable (le processeur a la taille d’un paquet de cigarettes) et d’une sécurité annoncée comme totale, ce système révolutionnaire dit de réaction nucléaire à basse énergie n’émet selon Rossi (et le professeur Focardi de l’université de Bologne) aucune radiation ni émission d’aucune sorte.

    energie libreSource d’énergie : le nickel
    E-Cat
    Le nickel est abondant sur Terre et n’est pas cher, mais il est toxique, surtout en poudre, et son traitement doit être fait par des professionnels. La quantité de nickel consommée dans le processus est extrêmement réduite. Pour fixer les idées, selon Andrea Rossi, un gramme permet de produire 23.000 mégawatt heure d’énergie (oui : vingt trois mille mégawatt heure).
    E-Cat
    L’E-cat est un système thermique révolutionnaire qui utilise de la poudre de nickel, une quantité infime d’hydrogène, un ou des catalyseurs spécifiques, de même que des radiofréquences permettant de faire travailler les forces de répulsion (Coulomb) entre particules subatomiques de façon avantageuse, un peu à l’image de ce qui se passe dans les arts martiaux orientaux.
    E-Cat
    Au lancement, le processus de préchauffage du système consomme 3000 watt pendant une heure. Puis, une fois lancé, la consommation électrique devient insignifiante, comme celle d’un ordinateur, tout en produisant une quantité extraordinaire d’énergie thermique, permettant de chauffer de l’eau de façon stable et contrôlée à 120°C. Le système peut être complètement arrêté en 30 à 60 minutes.

                                              Le E-cat disponible pour 2013 ?
    E-Cat
    energie libreL’E-cat est en cours de certification aux Etats-Unis par UL (Underwriters Laboratories). Une usine entièrement robotisée serait en voie de construction, semble-t-il au Massachussetts, avec National Instruments comme partenaire industriel.
    A terme (12-24 mois ?), le système pourra également produire de l’électricité, une fois surmontées les difficultés de maintien de la température à 400°C (plutôt que 120°C actuellement).
    E-Cat
    La distribution et la vente se feront via des partenaires agréés, de même que par Internet. Les précommandes, sans engagement financier, peuvent être faites via le site Ecat.com dès maintenant. http://ecat.com
    E-Cat
    Etant donné les risques inhérents à ce type de projet industriel d’avant-garde, Andrea Rossi ne souhaite pas à ce stade ouvrir le capital à des investisseurs particuliers, n’acceptant le soutien que de milieux d’affaires et d’organisations souhaitant investir de faibles sommes d’argent.
    E-Cat
    En guise de conclusion, ces réflexions de Brian Josephson, prix Nobel de physique 1973 : « A ce jour, rien ne permet de douter des affirmations de Rossi » et « des réacteurs de type Rossi sont déjà en production » et selon Dennis M. Bushnell, Scientifique en chef de la NASA, ils pourraient « changer complètement la géo-économie, la géo-politique et résoudre [des problèmes] de climat et d’énergie ». (lien).

    Changement de paradigme en matière d’énergie
    E-Cat
    En cas de confirmation, il semble que nous soyons bel et bien en présence d’un changement de paradigme en matière d’énergie. Probablement comparable à la découverte de la roue ou du feu.
    E-Cat
    energie libreIl s’agit de mettre en présence 50 grammes de poudre de nickel chauffée à 300°C (par l’électricité du secteur pour démarrer la réaction, mais l’appareil tournera ensuite en auto-suffisance) et de l’hydrogène, sous une pression de 2 à 20 bars, qui provient d’un réservoir incorporé au E-cat, en présence d’un catalyseur secret.
    E-Cat
    Cette réaction produit une énorme quantité de chaleur, avec un COP de 40 ou plus (coefficient de performance, rapport entre l’énergie récupérée et l’énergie injectée ).
    Vous donnez 1 kilowatt à l’entrée, vous récupérez 40 kw à la sortie.
    E-Cat
    Les appareils commercialisés produiront de 10 à 30 kw/h, largement suffisants pour alimenter une habitation ou une petite voiture. On peut les accoupler pour faire des centrales, ce qui pourrait donner un recyclage à nos centrales nucléaires, qui ne sont jamais que des machines à vapeur sales. Mais là, c’est propre, sans résidu radio-actif, et sûr : ça s’arrête en quelques minutes.
    E-Cat
    La réaction produit des rayons alpha et gamma (gamma d’énergie inférieure à 300 keV). Ce qui prouve qu’une réaction nucléaire est à l’œuvre. Mais un blindage de plomb de 50 kg sur 2 cm d’épaisseur (soit un volume de 4 litres environ) les arrêterait et l’appareil en fonctionnement n’émettrait ni neutrons ni protons.
    E-Cat
    Quelques heures après l’arrêt, il n’y aurait plus de rayonnement ni de déchets radioactifs, même au centre du réacteur. Le "combustible" et les déchets ne seraient pas radioactifs. La radioactivité de l’eau chauffée ne serait pas modifiée. En cas d’emballement du réacteur, un excès de production de chaleur réduirait l’efficacité de la réaction et tendrait à limiter cet excès. De plus, dans ce cas, le système de sécurité activerait le préchauffage auxiliaire pour renforcer cette limitation.
    E-Cat
    energie libreLors de la maintenance, tous les 6 mois, le nickel serait recyclé et le petit réservoir d’hydrogène à 160 bars (quelques litres) remplacé. Au bout de 2,5 mois d’utilisation, le nickel contient environ 10 % de cuivre (isotopes 63 et 65) et 11 % de fer. Vous devez y voir la preuve d’une transmutation du nickel en fer et en cuivre, et donc la preuve que la transmutation à basse température est possible.
    E-Cat
    Le nickel est abondant sur Terre et n’est pas cher. « Si toute l’énergie consommée par les humains était produite ainsi, un pourcentage infime [10%] de l’extraction annuelle de nickel y suffirait ».
    E-Cat
    Le E-cat est entièrement recyclable après une durée de vie de 15 à 20 ans, le nickel l’est à 80% environ.
    Vous pouvez vous offrir 50 grammes de Nickel (20 euros le kilo : une dose coûte donc un euro) et quelques litres d’hydrogène tous les six mois ? Alors vous aurez bientôt accès à cette énergie quasi illimitée, qui ne produit pas de CO2, pas de particules radioactives, et dont les rares rayonnements sont facilement arrêtables avec quelques kilos de plomb.
    E-Cat
    energie libre
    E-Cat
    Andrea Rossi dans son laboratoire

    Principales sources :
    E-Cat
    Agoravox : www.agoravox.fr www.agoravox.fr
    Jean-Paul Biberian : www.jeanpaulbiberian.net
    Cold Fusion Now : www.coldfusionnow.org
    eCat New : www.EcatNews.com
    La Fusion Froide : www.fusion-froide.com www.fusion-froide.com www.fusion-froide.com
    Les Montons Enragés : www.lesmoutonsenrages.fr
    Wikipedia : fr.wikipedia.org
    E-Cat
    Jean-Paul Thouny
    Thérapeute énergéticien, Voiron (Isère) France
    courriel : jean-paul@thouny fr
    www.jean-paul.thouny.fr
    E-Cat
    Vous pouvez reproduire librement cet article et le retransmettre, si vous ne le modifiez pas et que vous citiez la source : www.energie-sante.net


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  •   A Perpignan, l'énergie solaire contre la précarité énergétique

    Des entreprises perpignanaises s'apprêtent à redistribuer gratuitement le surplus d'électricité non-consommée aux familles les plus démunies.

    Voilà une initiative qui associe défense de l'environnement et lutte contre l'exclusion! A Perpignan, des entreprises vont s'équiper de toits solaires pour consommer leur propre énergie et redistribuer le surplus aux plus démunis.

    Ce projet répond à une forte demande. En effet, la précarité énergétique touche de plus en plus de Français. Huit millions d'entre eux consacrent aujourd'hui plus de 10% de leur budget à payer leurs factures d'électricité, selon le Médiateur de l'énergie.

    Energie renouvelable et solidarité

    L'installation de panneaux solaires combine deux objectifs: indépendance énergétique et solidarité.

    L'entreprise Tecsol, spécialisée dans l'énergie solaire, est à l'origine du projet. Selon son directeur André Joffre, la société installera en 2013 des tuiles photovoltaïques sur les toits des entreprises du Pôle économique Saint-Charles (PESC). Elles pourront ainsi utiliser leur propre électricité.

    "Consommer l'énergie produite n'est pas la seule innovation que nous mettons en place, révèle-t-il. Nous savons que les week-ends, les panneaux solaires produiront de l'énergie non-utilisée qui repartira alors dans le réseau d'ERDF. Nous avons donc imaginé le concept du Solaire Solidaire. Nous allons calculer la proportion d'énergie réinjectée dans le réseau et donner celle-ci aux familles en situation de détresse sous forme de bons à travers diverses organisations caritatives", poursuit le directeur avant d'ajouter: "Cela pourrait représenter une économie de 100 euros par an, une somme précieuse pour les ménages, mais moindre pour les entreprises du Pôle."

    Les Restos du Coeur de Perpignan discutent d'un partenariat avec le projet de Tecsol. "Nous soutenons ce projet qui nous permettrait d'offrir des bons aux familles les plus démunies que nous suivons. Elles pourraient ainsi réduire leur facture énergétique", assure Régine Tixador, présidente des Restos à Perpignan.

    Une mesure économique avantageuse pour les entreprises

    Au lieu de revendre à EDF ou à d'autres opérateurs l'électricité produite par les panneaux solaires, l'énergie sera consommée par les entreprises équipées. 40.000 m2 de surface devrait être recouverte.

    "Le tarif d'achat de l'électricité photovoltaïque d'EDF a diminué ces dernières années. Il est de plus en plus difficile d'être rentable, alors autant consommer ce que l'on produit pour amortir l'investissement dans les panneaux solaires", explique André Joffre. Le prix du kilowattheure du photovolatïque est descendu à 17,5 centimes.

    La précarité énergétique n'inquiète pas seulement les particuliers ou les entrepreneurs. Payer sa facture énergétique constitue le premier motif des demandes d’aides recensées par les Centres communaux d'action sociale, selon le rapport publié en 2012.

    Le président de la République François Hollande s'est engagé à résoudre cette problématique en proposant notamment la création d'une tarification progressive de l'électricité et du gaz, dont le projet de loi devrait être adopté fin octobre 2012.

    Crédit photo: Fotopedia/Pink Dispatcher 

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  •   Disparition: Anne-Lise Stern (1921-2013): Psychanalyste de la poubelle des camps

    Jeudi 9 Mai 2013      Philippe Petit  (Marianne)
     

    La psychanalyste Anne-Lise Stern
    La psychanalyste Anne-Lise Stern
    « On attend de nous, on exige de nous de témoigner avant qu’il ne soit trop tard. Quel savoir est espéré là, quel aveu sur nos lits de mort, de quel secret de famille » se demandait la psychanalyste Anne-Lise Stern en 1996, l’auteure du Savoir-déporté (2004), un livre rendu possible grâce à la persévérance de Nadine Fresco et Martine Leibovici ?

    S’il y a bien quelqu’un qui se méfiait de l’obscénité, et craignait de s’appuyer sur une pédagogie de l’horreur susceptible de produire chez son interlocuteur un effet de jouissance : c’est elle. « Nous est en général insupportable ce qui s’élabore à partir de notre viande », disait-elle encore.

    Anne-Lise Stern savait pourtant parler comme nulle autre de la poubelle des camps.

    Elle est morte à Paris le 6 mai 2013, « date de l’anniversaire de la naissance de Freud », remarque l’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco dans un article du Monde.fr paru le 7 mai.

    Ce matin, 8 mai 2013, par une curieuse coïncidence, le secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier, déclarait sur France Culture à propos de son antisémitisme de jeunesse : « Je ne me le pardonnerai jamais. C’est la honte de ma vie ». Anne-Lise Stern a travaillé tout au long de sa vie sur cette honte et sur le silence qui a longtemps accompagné y compris parmi les psychanalystes : la mémoire des camps.

    « Peut-on être psychanalyste en ayant été déporté(e) à Auschwitz ? La réponse est non. Peut-on aujourd’hui être psychanalyste sans cela ? La réponse est encore non », affirmait-elle. Anne-Lise Stern a construit sa vie sur cette aporie.

    Une femme aux vies multiples.

    Anne-Lise Stern © Hannah Assouline
    Anne-Lise Stern © Hannah Assouline
    Elle était née à Berlin le 16 juillet 1921. Et a vécu plusieurs vies.

    Elle fut longtemps psychanalyste pour enfants et travailla en milieu hospitalier auprès de Jenny Aubry.

    Elle a fréquenté Françoise Dolto. Elle a appris à soulager les drogués au centre Marmotan du docteur Olievenstein. Elle fut analysée par Jacques Lacan.

    Dans la foulée des évènements de 1968, elle a participé au Laboratoire de psychanalyse à la Bastille à Paris – un lieu où s’expérimenta une nouvelle manière de soigner -, avec entre autres Renaude Gosset et Pierre Alien. Elle occupait une place singulière dans le milieu de la psychanalyse. Unique, même.

    Ces dernières années, elle relisait chez elle avant de rentrer à l’hôpital son livre de poésie allemande qu’elle avait gardé de son adolescence. Elle revenait à sa langue « maternelle », comme une enfant qui la découvre, et n’avait pas de mots assez sauvages, pour désigner celui qui l’avait massacrée : Hitler.

    Anne-Lise Stern retenait ses sanglots en lisant son recueil. En souvenir, peut-être, de Jacques Lacan qu’elle a connu en 1956 dont Elisabeth Roudinesco souligne avec justesse qu’il lui « avait redonné le goût de la langue allemande ».

    Et de son père qui était un psychiatre freudien et lecteur de Marx, qui s’était exilé en France en 1933, et s’est engagé dans la Résistance. Sa décision de devenir psychanalyste précède la catastrophe, et elle eut l’occasion de se lier d’amitié avec la petite fille de Freud – Eva – avant son arrestation et sa déportation le 16 avril 1944.

    Le lecteur qui fait la connaissance de cette grande dame peut se reporter au récit qu’elle a fait de ce voyage vers la mort dans Le savoir-déporté. Il est accompagné du récit du retour des camps, tout aussi bouleversant que le premier. Ils furent rédigés en juin 1945, dans le sud de la France. « Pendant que j’écrivais, ma mère avait pris un cahier, d’écolier, et page après page traduisait en allemand », précise-t-elle.

    A l’allée, le train s’arrête à Mannheim, où elle a vécu avec ses parents. Elle ne reconnaît pas la ville. Elle y retournera à la fin du siècle dernier reçue par de jeunes historiens qui ont tenté de faire revivre la vie de cette ville florissante – intellectuellement – avant la guerre. Le lendemain le train s’arrête en rase campagne.

    Anne-Lise écrit : « Une grasse prairie fleurie descendait vers un ruisseau où l’on pouvait se rincer bras et visage. Je me mis à plat ventre dans l’herbe, concentrant toute mon attention sur les petites fourmis qui cavalaient ». Un quart d’heure, où elle joue « à la vie libre ».

    Ce qui lui permit peut être après 1945 – de ne plus jouer – mais d’être libre, étonnamment libre, pour parler des déchets humains que nos sociétés continuent d’engendrer, pour parler de l’obscénité du sexe lorsqu’il se met en scène, voire pour évoquer la sexualité dans les camps ; libre, en tout cas après avoir recouvré sa langue, et la possibilité de s’exprimer sur son impossible témoignage, ce savoir breveté qu’elle détestait, et que le film Shoah, le film de Claude Lanzmann, lui a permis de dépasser : « car ce film, où on ne voit aucune horreur, aucun document d’archives, représente pourtant ce fond de tableau sur lequel toutes nos histoires individuelles, sont inscrites, ce là-bas que nous revoyons, ressentons quand nous parlons, un par un, une par une. »

    Anne-Lise Stern n’était pas un document vivant.

    Elle se méfiait des gardiens de la vérité. Ce qui la fit s’intéresser de très près au statut du plagiat dans la psychanalyse. Son article à ce sujet reste une mine. Mais ceci est une autre histoire, qui concerne le statut de la vérité dans nos temps troublés.

    Cette histoire a commencé après Auschwitz.

    Elle n’est pas terminée.

    Et elle nous fut transmise par Anne-Lise Stern qui avait l’œil pour repérer ceux qui « assument allègrement la jouissance qu’il y a à jaspiner autour d’Auschwitz ».

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  •  Nous sommes les Anciens des Masaï de Tanzanie, l’une des plus anciennes tribus d’Afrique. Le gouvernement vient d'annoncer qu’il prévoyait d’expulser des milliers de familles de nos terres pour permettre aux touristes de tuer lions et léopards. Les expulsions peuvent commencer d'un instant à l'autre.

    L’an dernier, lorsque nous avons entendu parler de ce projet pour la première fois, près d’un million de membres d’Avaaz s'étaient mobilisés pour nous aider. La tempête médiatique que vous avez créée a forcé le gouvernement à abandonner ses projets pendant plusieurs mois. Mais le président a attendu que l’attention des médias retombe pour relancer ce projet qui vise à nous déposséder de nos terres. Aujourd’hui encore, nous avons besoin de votre aide de toute urgence.

    Le président Kikwete ne se soucie pas de nous, mais on a vu qu'il était sensible à la pression médiatique et citoyenne -- la votre! Nous n'avons peut être que quelques heures. S’il vous plaît, nous avons besoin de votre mobilisation à nos côtés pour défendre nos terres, notre peuple et nos majestueux animaux. Parlez-en autour de vous avant qu’il ne soit trop tard. Cet appel représente notre dernier espoir:

    http://www.avaaz.org/fr/avec_les_masai_b_fr/?bvVpjbb&v=23511

    Notre peuple vit sur ces terres en Tanzanie et au Kenya depuis des siècles. Nous respectons les animaux et vivons dans le respect de notre délicat écosystème. Mais depuis des années, le gouvernement cherche à gagner de l’argent en mettant nos terres à la disposition des émirs et des rois du pétrole pour qu’ils y organisent leurs safaris meurtriers. En 2009 déjà, les autorités ont tenté de nous expulser pour faire place à ces expéditions de chasse. Nous avons résisté. Nous avons été arrêtés et brutalisés par centaines. L’an dernier des princes fortunés ont tiré sur des oiseaux depuis des hélicoptères. Ces crimes vont à l’encontre des valeurs de notre culture.

    Aujourd’hui, le gouvernement annonce qu’il va raser une grande partie de notre terrain pour créer un soi-disant « corridor biologique pour la faune sauvage », mais nous ne sommes pas dupes: il s’agit d’une ruse pour sacrifier nos majestueux animaux aux entreprises qui organisent les chasses pour touristes fortunés. Le gouvernement prétend que ces nouvelles dispositions sont un compromis, mais leurs conséquences sur le mode de vie de notre peuple seront désastreuses. Nous serons déplacés par centaines, et nous perdrons nos maisons et les terres sur lesquelles vivent nos animaux.

    Le président Kikwete sait que cette affaire pourrait susciter la controverse chez les touristes qui se rendent en Tanzanie et représentent une source de revenus essentielle. Il craint donc pour l’image de son pays. Si nous pouvons organiser une mobilisation mondiale plus forte encore que l’an dernier, si nous mettons la Tanzanie sous le feu des médias, il devra réfléchir à deux fois. Soutenez-nous maintenant pour demander à Jakaya Kikwete d’arrêter de vendre son pays:

    http://www.avaaz.org/fr/avec_les_masai_b_fr/?bvVpjbb&v=23511

    Cette spoliation de nos terres pourrait signifier la fin des Masaï dans cette partie de la Tanzanie. Nombreux sont ceux qui déclarent préférer mourir plutôt que d’être déracinés. Au nom de notre peuple et des animaux qui paissent sur nos terres, soutenez-nous pour faire changer d’avis notre président.

    Avec espoir et détermination,

    Les Anciens Masaï du district de Ngorongoro

    SOURCES

    Vous ne partirez plus en safari (Courrier International)
    http://www.courrierinternational.com/article/2010/02/11/vous-ne-partirez-plus-en-safari

    Chassés de leurs terres, les Masaï de Tanzanie sont menacés (Rue89)
    http://www.rue89.com/2010/06/27/chasses-de-leurs-terres-les-masai-sont-menaces-156143

    Des Maasai expulsés et incarcérés pour faire place à des concessions de chasse (Survival France)
    http://www.survivalfrance.org/actu/4887">http://www.survivalfrance.org/actu/4887">http://www.survivalfrance.org/actu/4887


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  •  Hommage à José Luis Sampedro, l'inspirateur des Indignés

     

    A contre-courant jusqu'au bout, l'économiste, humaniste et écrivain espagnol José Luis Sampedro s'est éteint.

    "Bien sûr qu’il existe des alternatives. Ne vous inquiétez pas, quand le système aura coulé, et il coule -ce que nous vivons actuellement est la barbarie que provoque son effondrement- autre chose viendra. La vie ne s’arrête jamais. Ou les banquiers pensent-ils qu’ils sont immortels?"

    L’Espagnol José Luis Sampedro s’est éteint dans la nuit du dimanche 7 avril, à l’âge de 96 ans. Son décès, annoncé deux jours après, a ému de nombreux Espagnols.

    José Luis Sampedro était l'inspirateur du mouvement "Democracia real ya!" et des Indignés du 15 mai.

    José Luis Sampedro avait également rédigé le prologue du manifeste Indignez-vous, écrit par son complice Stéphane Hessel.

    Il ne prétendait pas vouloir changer le monde, a-t-il confié au journal El Pais, mais être en harmonie avec lui: "Cela suppose une vie qui se dessine comme un fleuve. Celui-ci se lance d’abord fougueusement à l’assaut de la descente montagneuse, se calme, puis arrive à un point, qui est le mien à présent, où il meurt. Je veux mourir comme ce fleuve, je sens déjà le sel. Je pense à la mort comme quelque chose de bénéfique. Le fleuve est eau douce et voit qu’il change, mais il l’accepte et meurt heureux, parce qu’une fois qu’il s’en rend compte il est déjà devenu mer."

    Plus mystique que révolutionnaire, selon ses dires, José Luis Sampedro a surtout influencé les jeunes Espagnols.

    Le 15 mai 2011, quand éclatait le mouvement des Indignés, il manifestait avec eux, à Madrid.

    Ni de droite, ni de gauche, l’homme voulait rassembler les Espagnols, sans longs discours sur les luttes des classes ou quête de pouvoir. Cherchant son épanouissement dans la solidarité, la proximité avec la nature, il abhorrait la frénésie du "toujours plus".

    Vitalité, coopération, création

    Pour Sampedro, les Espagnols avaient leur part de responsabilité individuelle dans la crise, ce qui le rendait plus crédible dans son combat auprès des Indignés. Une responsabilité prenant sa source, selon lui, dans le consumérisme et la "course au capital" avant l’éclatement de la bulle immobilière.

    Des militants indignés à Ténérife, lisant une lettre de soutien de Sampedro. Crédit photo: Mataparda/Flickr

    Convaincu que le temps du changement était venu, que les limites du capitalisme avaient été franchies depuis trop longtemps déjà, il voulait que le système économique soit repensé de façon critique: "Le développement ne se fait que s’il y a rentabilité. L’important réside dans ces trois mots que tout le monde exige de nos jours : productivité, compétitivité et innovation. Au lieu de productivité, je propose vitalité; au lieu de compétitivité, coopération, et face à l’innovation qui consiste à inventer des choses pour les vendre, la création."

    Une vie à multiples facettes

    Sampedro est né à Barcelone en 1917, mais a grandi au Maroc, à Tanger. Il a ensuite connu la guerre d’Espagne. D’abord enrôlé dans l’armée des Républicains, il a déserté pour rejoindre les rangs des Franquistes.

    Né dans une famille de conservateurs, il les pensait, d’abord, plus proches de ses principes politiques. Rares sont ceux qui lui en tiennent rigueur, car l'écrivain a très vite pris du recul pour se forger ses propres idées, et, dénoncer haut et fort, non sans risques, l'iniquité de la dictature.

    Après la guerre, il termina ses études d’économie avec brio, ce qui lui permit d’exercer divers postes dans la Banque extérieure d’Espagne. Sampedro devint par la suite professeur d’économie à l’université Complutense de Madrid, puis à l’étranger.

    En tant que sénateur, nommé par décision royale, Sampedro s’est engagé contre les traces laissées par la dictature franquiste. Cet engagement se retrouve dans ses livres, dont Octobre, octobre fut le premier succès.

    Sa carrière prolifique et sa maîtrise de la langue espagnole lui valurent d’être nommé à la Real Academia Espanola en 1990, cinq ans après la publication de son second roman à succès, Le sourire étrusque. Il consacra le reste de sa vie à l’écriture.

    Conformément à ses idées- il fut très critique quant aux dérives et aux manipulation des médias-, il avait demandé à sa famille qu’un "cirque médiatique" soit évité, ce pourquoi sa disparition a été annoncée tardivement.

    Depuis, les internautes émus lui rendent hommage sur la toile en évoquant ses citations. L’unes des plus partagées demeure: "Nous devrions nous indigner mille fois plus."


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