•  Le surimi nous mêne-t-il en bateau? 

     

    (Crédit photo : 123rf)

    On croit manger du crabe quand il n'y en a même pas une pincée. On pense manger des protéines, mais c'est surtout de l'eau et des glucides qu'on avale.

      Article publié dans le

    N° 49 - été 2013 de Terraéco

     C’est moi qui l’ai fait

    Serions-nous masos ? A l’apéro, en entrée ou en salade, nous préférons souvent le bâton à la carotte. Nous sommes les plus gros mangeurs de surimi – cet aliment à base de chair de poisson hachée présentée en bâtonnet – en Europe. Et le deuxième marché mondial après le Japon, d’où nous vient cette mixture cuite à la vapeur, débarquée dans nos assiettes en 1988. Aujourd’hui, nous engloutissons pas loin de la moitié (43%) des petites tiges orange et blanches vendues au sein de l’Union européenne. Soit 60 500 tonnes malaxées par nos estomacs en 2012. C’est cinq fois plus qu’il y a vingt ans. De quoi frôler l’indigestion ?

    Le marché a reculé de 6% l’an dernier, en raison d’une météo estivale bien grise et d’un engouement moindre pour le régime hyper-protéiné de Pierre Dukan. Les marques peuvent toutefois remercier le nutritionniste car, en faisant du surimi le produit phare de sa méthode minceur, il leur a permis de conquérir, un temps, 500 000 nouveaux foyers. Avant de les perdre quasiment tous. Le fameux effet yoyo des diètes... Malgré cette baisse (de régime), pas loin de sept foyers sur dix en mettent dans leur panier, pour une consommation moyenne de 0,97 kg par personne, selon l’Association pour le développement des industries du surimi (Adisur).

    Du crabe sans crabe

    « Les mères de famille en achètent pour faire manger du poisson à leurs enfants », explique Nathalie Sicard, responsable marketing de la marque Fleury-Michon, leader du marché. En France, la fabrication du surimi est réglementée par une norme Afnor qui n’impose que « 30% au moins de chair de poisson » dans les différentes recettes (bâtonnets, miettes, râpés, médaillons). En rayon, le taux maximal relevé est de 39%. Les créatures marines entrant le plus souvent dans la fabrication du surimi sont le merlan bleu (qui n’est pas un poisson de table), le merlu blanc, l’anchois, le colin d’Alaska et le hoki. Les fabricants Fleury-Michon (leader du secteur) et Coraya ont obtenu, pour certains de ces poissons, le label MSC, garantissant la bonne qualité des stocks et la protection du milieu marin. Depuis fin avril, les emballages de Fleury-Michon indiquent le type de poisson présent dans son surimi. Une première.

    Toute cette poiscaille passe à travers des machines qui l’équeutent, l’éviscèrent, lèvent les filets puis les lavent avant de hacher la chair, mélangée à du sucre. Ce « surimi base », pâte blanche peu goûteuse, est souvent préparé à bord des bateaux de pêche. Il arrive congelé dans les usines, où il est transformé. « Les consommateurs pensent encore que le surimi est fait à partir de déchets de poissons, alors qu’on travaille uniquement la chair », insiste Jean-Sébastien Tamisier, directeur général d’activité « Traiteur de la Mer » de Fleury-Michon et président de l’Adisur. Ils se trompent aussi s’ils pensent manger, dans les bâtonnets « saveur crabe », de ce crustacé. Car, au « surimi base », on ajoute surtout de l’amidon (de blé), de la fécule de pomme de terre, du sucre, du sel, du blanc d’oeuf, de l’huile de colza, du paprika pour la couleur et des arômes de crabe (naturels ou de synthèse, selon les marques). Les bâtonnets « saveur crabe » n’en contiennent donc même pas une pincée.

    Maigre en calories mais aussi en oméga 3

    Pour Fleury-Michon, la liste d’ingrédients s’arrête là. « On a enlevé tous les additifs en 2010 car on pense que ce n’est pas bon pour la santé », explique Nathalie Sicard. Exit donc le glutamate monosodique (E621). On soupçonne cet exhausteur de goût « 100% synthétique et largement utilisé dans les biscuits apéros, pour leur donner un goût de ’reviens-y’, d’être neurotoxique », explique Angélique Houlbert, nutritionniste au Mans. Fini aussi le sorbitol, au pouvoir sucrant et humectant qui peut créer de l’inconfort digestif. Les polyphosphates, utilisés pour retenir l’eau et donc augmenter la masse du produit, ont également disparu de la recette. Tous ces additifs entrent en revanche dans la composition du surimi des autres marques. « Plus on descend en gamme, plus on les trouve », précise la nutritionniste qui a contribué à la rédaction du guide Le bon choix au supermarché édition 2013-2014 (1).

    Le surimi est-il un produit régime ? L’aliment est peu calorique il est vrai : de 100 à 120 calories pour 100 grammes, contre 130 pour de la viande blanche ou du poisson maigre. Il ne contient pas de graisses saturées. Mais son taux d’oméga 3, très présent dans le poisson, est jugé « insignifiant » par Angélique Houlbert. Son taux de protéines est assez faible (entre 5 et 10%, contre 20% pour un poisson), et sa teneur en sel haute (jusqu’à 4 g pour 100g). « De plus, avec l’amidon et le sucre, les teneurs en glucides dépassent celles en protéines, ce qui n’en fait pas vraiment un aliment minceur », estime la nutritionniste. Pour Jean-Michel Lecerf, qui exerce la même profession à l’Institut Pasteur de Lille, « vous mangez un peu de protéines de qualité moyenne et avec peu de calories pour pas très cher ». Mais si vous ajoutez de la mayo, vous gâchez tout !

    (1) éd. Thierry Souccar


    Du made in France ?

    90% du surimi consommé en France est fabriqué dans l’Hexagone. Quatre groupes se disputent le marché : Fleury-Michon, Bongrain (marque Coraya), la Compagnie des pêcheurs de Saint-Malo et Intermarché. Du site de production de Fleury-Michon, à Chantonnay (Vendée), sortent aussi – fabriqués avec des recettes différentes – les bâtonnets des marques Leclerc et Carrefour. Le surimi des pêcheurs malouins et celui d’Auchan sortent de la même usine. Depuis cette année, les batônnets saveur crabe de Leader price et Monoprix sont fabriqués en Lituanie.
     
    La  rédactrice :   Alexandra Bogaert  (30/06/2013)

    Tags Tags : , , , ,


    votre commentaire
  •  Menaces, lobbying, chantages : la guerre secrète de l'eau

     Mis à jour le 03-08-2013    Par Le Nouvel Observateur

    Régie municipale ou gestion privée : les prix de l'eau varient du simple au double selon les départements. Enquête sur les enjeux d'une bataille où tous les coups sont permis.

    L'eau : enjeu d'une "guerre secrète" entre les villes et les grands groupes privés comme Veolia et Suez. (BANOS / TPH / SIPA)

    L'eau : enjeu d'une "guerre secrète" entre les villes et les grands groupes privés comme Veolia et Suez. (BANOS / TPH / SIPA)
     

    (Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 13 juin 2013)

    Non, Erik Orsenna n'a pas vendu son âme aux marchands d'eau. Ce soupçon l'agace au point de lui faire perdre les petits rires malicieux dont il ponctue d'ordinaire chaque phrase. "Il suffit de lire ce que j'écris pour s'en rendre compte", réplique-t-il. Le doute pèse sur l'auteur de "l'Avenir de l'eau", best-seller sorti en 2008 et dont il a écoulé 145.000 exemplaires, depuis qu'il a effectué un "tour de France" de l'eau pour le compte de Suez Environnement en 2011. L'écrivain globe-trotter ne s'attendait pas à la volée de bois vert reçue, y compris de sa propre famille politique. "Monsieur l'Académicien, lui avait écrit Henri Emmanuelli, député PS des Landes, j'ai personnellement livré le combat contre les sociétés prédatrices qui soutiennent votre tour de France dont je peine à concevoir l'utilité."

    Aujourd'hui encore, Erik Orsenna ne voit pas le mal qu'il y a eu à "travailler pour Suez" qui l'a sollicité pour sa "compétence". "Du moment que tout est transparent..." Pour l'animation de huit débats sur le thème des "idées neuves sur l'eau" et sa contribution de deux pages à un recueil de témoignages, l'ancien conseiller de François Mitterrand a touché 40.000 euros, auxquels il faut ajouter un contrat pluriannuel pour la société de communication Les Rois Mages, dont il possède 20,1%. Mais la transparence est un exercice difficile pour des empires ayant prospéré pendant cent cinquante ans dans le culte du secret... Quand nous avons demandé à Jean-Louis Chaussade, patron de Suez, combien Orsenna avait été payé, il nous a répondu : "Rien, c'était bénévole."

    Un sujet brûlant

    Jamais l'ex- Générale des Eaux (devenue Veolia) et l'ex-Lyonnaise des Eaux (Suez, filiale à 35,7% de GDF Suez), créées au milieu du XIXe siècle pour gérer le service des eaux des grandes villes, n'avaient été, comme aujourd'hui, contraintes de s'expliquer sur leurs pratiques. Jamais, voilà trois ou quatre ans, il ne serait venu à l'idée de l'un ou l'autre groupe d'avoir recours à des personnalités médiatiques pour jouer les "monsieur bons offices" - Luc Ferry et Martin Hirsch ont également officié pour Suez (1) et Pierre Rosanvallon pour Veolia.

    Avec la crise, l'eau est devenue un sujet brûlant. Les Français ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer 4 euros le mètre cube dans le Pas-de-Calais et 2,5 euros dans le Tarn. Ni que les villes ayant gardé ce service dans leur giron affichent des tarifs 15% moins élevés que celles ayant délégué cette activité au privé. Les grands distributeurs ont beau arguer que la facture d'eau ne représente que 0,8% du budget des ménages - contre 1,6% pour la téléphonie -, soit 350 euros par an, la polémique grandit.

    Chaque jour ou presque, une réunion publique oppose en France les représentants des entreprises privées, spécialistes de la gestion des réseaux d'eau pour le compte de collectivités, aux partisans de la régie, qui veulent tout garder sous contrôle municipal. C'est une guerre souterraine que se livrent les deux camps, à coups d'invectives, de menaces et d'intimidations.

    Une guerre dont les protagonistes sont des grands patrons, des maires de tous bords, des ministres, des intellectuels qui se mouillent, des collectifs citoyens inquiets pour leur facture et des militants altermondialistes plaidant que l'eau, "bien commun de l'humanité", doit échapper aux capitalistes. Une guerre qui divise la classe politique, la gauche... et même le clan Mitterrand, avec d'un côté Orsenna qui défend le savoir-faire de Veolia et de Suez et de l'autre les gardiens de la mémoire de Danielle Mitterrand, qui a passé les dernières années de sa vie à fustiger "la marchandisation de l'eau" avec sa fondation France Libertés.

    Le retour au public

    "Dire que Danielle a animé ses premières conférences devant des salles quasi vides !", se souvient Emmanuel Poilâne, directeur de France Libertés... Aujourd'hui, la régie a le vent en poupe. Paris, Rennes, Brest, Venelles, Capbreton, Saint-Malo, Le Muret, Tarnos, Boucau, entre autres, ont municipalisé leur service. Dans leur ville ou leur communauté d'agglomération, les ministres Pierre Moscovici (Montbéliard), Bernard Cazeneuve (Cherbourg), Manuel Valls (Evry) et Laurent Fabius (Rouen) ont suivi la même voie. Bordeaux leur emboîtera le pas en 2018, Toulouse s'y prépare pour 2020. A Lille, Martine Aubry s'interroge.

    Le retour au public est devenu un marqueur à gauche pour tous les politiques en campagne pour les municipales de 2014. Et pas seulement chez les Verts : le parti de Jean-Luc Mélenchon en fait un critère pour fusionner ses listes au second tour avec celles des socialistes. Même la droite s'y met ! En mars, Christian Estrosi a surpris tout le monde en annonçant le passage en régie de Nice dans deux ans. Suscitant la consternation de Veolia, exploitant depuis 1864. "C'est un motard, Estrosi, il fait tout vite", soupire-t-on au siège de l'avenue Kléber, à Paris, en espérant à haute voix que l'édile changera d'avis après les élections.

    Pour les géants de l'or bleu, qui contrôlent la moitié d'un marché français évalué à 12,35 milliards d'euros, c'est une tempête sans précédent. Le rapport de force s'est inversé avec des collectivités qui se sont professionnalisées. "En dix ans, nous avons formé des dizaines de conseillers municipaux à la constitution de cahiers des charges drastiques", raconte Jean-Vincent Placé, sénateur Verts. A Bordeaux, la communauté urbaine (CUB) a détaché quinze inspecteurs généraux rien que pour fouiller dans les comptes de son délégataire. "Plus question de passer la main dans le dos des maires en leur disant qu'on va s'occuper de tout", confie un ancien cadre de Veolia.

    Toutes les villes n'ont pas les moyens techniques et financiers de se constituer un service des eaux compétent. Ce sont souvent les grandes agglomérations qui sautent le pas. Mais aucun édile ne signe aujourd'hui un contrat sans avoir réclamé aux entreprises une ristourne minimale de 10% à 20% sur leurs prestations. C'est le cas à Marseille et à Lyon, deux des plus gros marchés français (respectivement 163 millions et 100 millions par an), qui doivent être réattribués cette année. Et l'effet dévastateur sur les marges des multinationales de la flotte est amplifié par la réduction constante de la consommation (-1,5% chaque année). Les frères ennemis Veolia et Suez sont tellement affaiblis... qu'ils ont même envisagé l'été dernier de fusionner, avant d'abandonner ce projet contre nature.

    Une petite militante écolo…

    Les grands scandales de corruption des années 1990 et les multiples rapports des cours régionales des comptes dénonçant l'opacité des bilans et les marges faramineuses des délégataires avaient commencé à préparer l'opinion publique. Mais il a fallu la pugnacité d'une petite militante écolo de 40 ans pour inverser réellement le cours des choses. Durant la campagne municipale de 2008 à Paris, Anne Le Strat, cheveux courts et toujours à vélo, a profité des échéances des contrats d'eau pour convaincre Bertrand Delanoë, à coups de notes et d'argumentaires, des bienfaits de la régie. "Jusqu'au bout, Veolia et Suez, qui se partageaient la ville depuis vingt-trois ans, n'y ont pas cru et ont fait pression sur le maire", sourit cette docteur en géopolitique, auteur d'une thèse sur les enjeux de l'eau dans le confit israélo-palestinien. Mais Delanoë n'a pas flanché, conforté par des audits promettant des gains de productivité importants.

    "Le basculement de la capitale a créé un choc politique ", constate Paul Raoult, vice-président de la fédération nationale des régies, la FNCCR. "Les maires se sont dit que c'était possible." Trois ans plus tard, le modèle parisien est devenu un cas d'école étudié partout dans le monde. Anne Le Strat, installée dans son bureau en mobilier recyclé d'adjointe au maire de Paris, dresse un bilan tout bénéfice, avec un recul de 8% du prix de l'eau. La simple évocation de son nom est vécue par Veolia et Suez comme une atteinte insupportable à leurs compétences. "Ah ! cette chère Anne...grimace le patron de la branche Eau de Veolia, Jean-Michel Herrewyn. Il faudrait qu'on s'affronte en tournoi, comme au Moyen Age, pour savoir lequel de nous deux est le meilleur" ... "Nous lui avons laissé un service impeccable, renchérit-on chez Suez. Les premières années sont faciles. On verra où elle en sera dans cinq ou dix ans."

    Les marchands d'eau aux abois

    Suez a néanmoins compris le premier qu'il fallait changer de discours. Entre 2008 et 2010, il a interrogé 700 intervenants du secteur (mouvements altermondialistes, ONG, fonds éthiques...) et recueilli 400 contributions sur son site internet. "Nous voulions comprendre ce que les parties concernées attendaient de nous pour repenser notre modèle", explique son patron, Jean-Louis Chaussade, du haut de son bureau de la Défense dominant tout Paris. Première innovation issue de ces consultations : la transparence sur les marges. Suez propose désormais aux collectivités de siéger au conseil d'administration de ses filiales locales de distribution d'eau. Seconde nouveauté : une "tarification sociale" en fonction de la consommation. Avec cet outil, Suez a conquis une première ville symbolique en 2010, Libourne, administrée à l'époque par... le propre fils de Danielle Mitterrand, Gilbert.

    Veolia a réagi avec retard. Deux fois plus gros que Suez en France, le groupe pâtit d'une image désastreuse d'ogre hégémonique. Depuis 2010, le leader tente bien de copier la communication citoyenne de son concurrent et propose aussi une tarification sociale. Mais il s'est surtout lancé dans une guerre des prix acharnée. "Nous devons maintenant réduire nos coûts afin de reconstituer nos marges", reconnaît le patron de Veolia Eau, Jean-Michel Herrewyn. Voilà trois mois, ce dernier a annoncé la suppression de 1.500 postes en France cette année, soit 10% de ses effectifs. "Nous allons compenser ces départs par une amélioration de notre efficacité, par exemple en optimisant la gestion des urgences et les déplacements sur le terrain", assure-t-il ; 6.500 agents de Veolia ont été équipés d'un smartphone pour suivre leur parcours et réduire leurs trajets.

    Entre influence et menace

    Voilà pour les stratégies officielles. Mais, en coulisses, les bonnes vieilles méthodes ont toujours cours. Si l'époque des valises de billets et du financement des partis politiques est terminée, rien n'empêche le lobbying et les pressions plus ou moins amicales... par l'intermédiaire d'élus ou de leurs collaborateurs, que l'on trouve en quantité dans les services relations publiques et institutionnelles des groupes. Chez Suez, très bien implanté dans le Sud- Ouest, on croise, par exemple, deux proches de François Bayrou, son ancien directeur de cabinet Benjamin Ferniot (directeur du développement France), et l'ancienne secrétaire d'Etat Anne-Marie Idrac, senior advisor. On rencontre aussi Nicolas Perrin, ancien bras droit de François Rebsamen à Dijon, revenu dans le giron de Suez après un aller-retour comme chef de cabinet de la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti.

    Chez Veolia, on tombe sur le directeur des affaires européennes, Rainier d'Haussonville, dont le carnet d'adresses s'étend des cabinets Raffarin à l'entourage de Villepin. Et est-ce un hasard si Veolia, en pleine renégociation ardue avec Nice, a embauché deux anciens membres du cabinet Estrosi au ministère de l'Industrie ? Sans effet, cette fois...

    "Les grands groupes nous envoient d'abord ces émissaires, qu'on a connus en cabinet ministériel", témoigne le socialiste Vincent Feltesse, président de l'agglomération bordelaise. "Ils jouent la connivence avec des invitations à Roland-Garros ou un voyage au Mexique pour visiter une station d'épuration expérimentale", raconte-t-il. Tout ce beau monde se retrouve une fois par an au Congrès des Maires pour déguster foie gras, huîtres et champagne aux stands Veolia et Suez, deux des plus gros sponsors, ou déjeune aux meilleures tables parisiennes, Chez Laurent ou au Divellec, d'une salade de homard et d'un soufflé chaud à la fraise.

    "L'étape d'après, c'est la menace plus directe", confie Loïc Mahévas, président du cabinet d'audit SP2000 et conseiller de nombreux élus. Les mesures de rétorsion vont de la fermeture du centre régional du délégataire, avec la disparition de ses dizaines d'emplois, à l'arrêt de tout mécénat pour les clubs sportifs ou les manifestations culturelles. Christian Pierret a-t-il pensé à son Festival international de Géographie de Saint-Dié quand il a prolongé la délégation de son principal sponsor, Suez, en 2011 ? Depuis qu'il réfléchit à se passer de Veolia, c'est le successeur de François Hollande à Tulle, Bernard Combes, qui tremble pour la subvention de 25.000 euros par an à son club de rugby.

    Arroseurs arrosés

    Parfois, il arrive que les choses dérapent. Comme dans l'Essonne, où une filiale de Suez a passé en décembre 2011 un drôle de contrat avec une agence de lobbying, Vae Solis, pour "discréditer sur le fond" Gabriel Amard, président de la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne. Une vraie bête noire, ce proche de Mélenchon : activiste de la première heure, il a passé sa commune en régie et participé à des centaines de réunions publiques sur le sujet. Le cabinet de conseil s'était vu promettre une prime de 45.000 euros s'il parvenait à faire échouer un projet d'approvisionnement de l'agglomération par le réseau Eau de Paris et avait créé un faux blog écolo affirmant que le liquide parisien était "chargé de nitrates".

    "Si tout cela est avéré, ce serait du trafic d'influence", estime Amard, qui a porté plainte mais fait aussi l'objet d'une procédure pour "dénonciation calomnieuse" de la part de Vae Solis. Une "initiative purement locale", rétorque la direction de Suez, qui brandit les sanctions prises contre son ex-responsable régional pour se dédouaner. Vérification faite, le dirigeant a juste été muté à la tête d'un autre service. "Il faut comprendre que nos salariés ne savent parfois plus comment affronter l'information partielle, voire partiale, de certains élus", explique Jean-Louis Chaussade.

    C'est un peu l'histoire des arroseurs arrosés. Désormais, ce sont les maires qui manipulent l'information, voire les chiffres. Certains se targuent d'être passés en régie mais concluent dans la foulée, sans s'en vanter cette fois, des accords de sous-traitance avec les anciens délégataires pour la gestion quotidienne de leur réseau. D'autres se félicitent de baisses de prix obtenues... mais oublient de préciser à leurs administrés que les tarifs auraient baissé de manière automatique avec la fin du remboursement de la station d'épuration. D'autres encore sont devenus des experts de la négociation commerciale au forceps. A Dijon, François Rebsamen raconte avoir forcé la main à Suez pour obtenir un partage des bénéfices au-dessus de 5% de marge et un chèque de 500.000 euros pour son fonds culturel. "Chaussade ne m'a plus parlé pendant un moment", assure le patron des sénateurs socialistes. Mais il a fini par toper.

    Caroline Michel et Maël Thierry - Le Nouvel Observateur

    (1) Luc Ferry nous a indiqué qu'il avait bénéficié du même "statut" qu'Erik Orsenna. Martin Hirsch n'a rien touché personnellement, mais a reçu un don de 25.000 euros pour son think tank Action Tank et 5.000 euros pour son Institut du Service civique. 


    votre commentaire
  •   28/07/2013 

    Ce film, c’est pas qu’il ne l’aime pas, juste qu’il n’en a rien à foutre

    Docteur B. | Observateur de la pub (pour Rue 89)
     
    Vive la pub !?!?                                    Une publicité pour une boisson (James Vaughan/Flickr/CC)

    La scène se déroule dans un institut de sondage, un vendredi après-midi printanier, aux alentours de 17 heures. Huit hommes et femmes sont assis autour d’une table, et grignotent machinalement des petits biscuits en buvant des sodas.

    Une femme d’environ 40 ans se tient debout, un marqueur à la main. Elle acquiesce depuis environ trente minutes et note méthodiquement sur le « paper board » tout ce que raconte ce petit groupe.

    Mais là, présentement, elle essaye de faire réagir Franck. Il n’a pas décroché un mot depuis le commencement du groupe, c’est probablement celui qui s’est le plus goinfré de biscuits.

    Franck n’a laissé que les cigarettes russes

    Making of   Le Docteur B. (un pseudonyme) travaille dans un institut de sondages.

    Selon lui, ces groupes de discussion témoignent souvent de l’absence de créativité des publicitaires, du cynisme des équipes marketing et de la cupidité des instituts d’études. Ce texte compile des situations et des personnages réels. Rue89

    Frank a 37 ans. Sa fiche indique qu’il est gardien de la paix. Il est ici car il n’a pas encore 40 ans, parce que sa CSP est intermédiaire mais que, curieusement, au vu de ses revenus, il achète très régulièrement des boissons survitaminées.

    Son avis intéresse donc fortement Marion, qui anime le groupe et qui est bien consciente de l’attitude passive de Franck depuis le début de la session. Si elle le laisse buller pendant les deux heures qui suivent, elle risque de se mettre à dos les sept autres participants, passablement dégoûtés du fait que Franck ait dégommé les biscuits tout-chocolat, pour ne laisser que les cigarettes russes. Leur manque de solidarité avec Frank, qui se fait assommer de questions par Marion, témoigne de leur désir de vengeance.

    Surtout, Marion ne veut pas s’attirer les foudres de ceux qui siègent derrière la glace sans tain : ses clients – qui déboursent des sommes rondelettes pour ce genre de réunions – et ses boss.

    Derrière la glace sans tain

    Parmi eux, il y a Aude, 35 ans, responsable marketing. C’est à elle que l’on fait référence lorsque l’on parle du client.

    A ses côtés, il y a David, 27 ans, chef de produit. Épuisé par ses deux années de stages et de CDD, il a une opinion, mais pas l’énergie nécessaire pour l’exprimer. Alors en guise d’avis, il commence toujours par émettre des pré-suppositions qui commencent généralement par « Est-ce qu’on peut se dire que », et se terminent par « c’est peut-être un point à creuser ? ».

    Suite à quoi Aude rebondit ou s’abstient de rebondir si elle estime que David a parlé pour ne rien dire. De toutes façons, Aude ne décide de rien. Personne ne décide finalement dans le marketing. Sauf ceux qui ont plus de 45 ans, et n’assistent jamais aux études de marché. Les autres s’appuient sur des convictions, des discussions et des réflexions. Mais personne ne décide.

    De l’autre coté de la glace sans tain, il y a également Aline, environ 30 ans.
    Elle n’a pas d’enfant, pas de relation stable, pas de permis de conduire. Tout cela ne compte pas vraiment, en regard de son goût immodéré pour les voyages et les performances artistiques alternatives.

    Elle est directrice de clientèle dans l’agence de pub qui a créé les films dont les gens discutent de l’autre coté. Son métier consiste à donner une satisfaction maximale à Aude et David, ce qui implique très souvent de sacrifier ses soirées voire ses week-ends pour peaufiner le positionnement publicitaire des marques des clients.

    Là par exemple, vu la tournure que prend le groupe, elle se doute déjà que David souhaitera un débrief à chaud, qui l’empêchera de rejoindre ses copines à temps au Rosa Bonheur.

    Des éléments de langage pour briller

    Aline est accompagnée de Vincent, planneur stratégique dans l’agence.
    Il a environ 30 ans aussi, il est barbu et porte de grosses lunettes de vue. Son look d’apparence négligé est en fait méticuleusement étudié. Et cela tombe très bien, parce que Vincent a tout le temps dont il a besoin pour étudier son look.

    Il méprise totalement Aline, avec ses cernes et son sens du service client.
    Il méprise le client qui s’obstine à croire que toutes ces choses ont une utilité quelconque. La seule personne qu’il respecte pour l’instant est ce pauvre Franck, qui n’aura pas besoin de dîner en rentrant chez lui vu le nombre de biscuits au chocolat qu’il s’est enfilés. Vincent se dit que s’il avait fait partie de ce groupe, il aurait fait pareil.

    Il a le droit de se foutre de tout, parce qu’on le paye pour prendre du recul, pour avoir de la hauteur. Alors, comme un bon joueur de poker se doit de ne pas accorder d’importance aux cartes pour lire le jeu de ses adversaires, Vincent n’accorde pas vraiment d’importance aux études de marché, aux attentes du client, aux états d’âmes des créatifs. Il a noté dans un coin de sa tête quelques éléments de langage qui le feront paraître brillant à l’issue du débrief.

    C’est bon, il peut tuer le temps tranquillement les deux heures qui suivent. Il se saisit de son téléphone portable et donne rendez-vous à ses potes au Rosa Bonheur.

    Assis un peu en retrait, sur les sièges les moins confortables, se trouvent deux cadres qui travaillent pour l’institut d’études. Ils prennent des notes. Personne ne fait attention à eux, mais à tout moment ils peuvent être questionnés par le client si celui-ci a perdu le fil.

    Ils sont neutres. Ils personnifient la neutralité et c’est ce que l’on attend d’eux.
    Leur présence tout au long du développement créatif sera équivalente à celle d’un arbitre de chaise à Roland-Garros : il sera quasiment impossible de contester leurs décisions et personne ne se rappellera leur nom à l’issue de tout cela.

    « C’est pas comme ça dans la vraie vie »

    Franck et ses comparses viennent de voir une publicité, pas encore passée à la télé. En fait, elle n’est pas encore tournée.

    Elle raconte l’histoire d’un homme qui manque d’énergie, et passe ses journées à regarder la télé affalé sur son canapé. Cet homme découvre une boisson qui, grâce à une composition riche en vitamines, va réveiller le « winner » qui dormait en lui. Ladite boisson change sa vie, et il en remercie la marque. Voilà.

    Ce pauvre Franck n’a pas de bol : Marion le somme d’expliquer pourquoi il n’a pas levé la main quand elle a demandé qui avait aimé ce film. La vérité, Franck le sait, c’est qu’il avait les mains prises entre un verre de Coca rempli à ras bord, et un Finger au chocolat blanc en train de fondre entre ses doigts. Ce film, c’est pas qu’il ne l’aime pas. C’est qu’il n’en a rien à foutre.

    Mais voilà, maintenant officiellement, il ne l’aime pas.

    « Alors pourquoi Franck ?
    – Parce que je ne me reconnais pas vraiment...
    – Tu ne te reconnais pas vraiment ?
    – Non, c’est une pub, c’est pas comme ça dans la vraie vie...
    – C’est pas comme ça dans la vraie vie, mais c’est comment alors, dans la vraie vie ? »

    La main de Marion se crispe sur le marqueur

    Marion fait son job, mais Franck a soudainement également envie de faire le sien. Et quand on est flic, on ne se laisse pas marcher sur les pieds... Alors Franck lui balance :

    « Les mecs qui veulent passer cette pub à la télé, soit ils y vivent pas, dans la vraie vie, soit ils se foutent de nous, et dans les deux cas je vois pas pourquoi on a besoin d’en débattre deux heures pour vous faire comprendre ça. »

    La main droite de Marion se crispe sur son marqueur. De l’autre coté de la glace sans tain, David regarde Aude. Aude fixe Aline. Aline fixe désespérément Franck de l’autre coté.

    Elle semble espérer qu’il ajoute un truc, comme pour expliquer qu’il disait ça pour plaisanter, pour taquiner Marion ou détendre l’atmosphère.

    Mais Franck ne plaisante pas et l’atmosphère n’a jamais été aussi tendue depuis le début du groupe. Les sept autres participants aguerris à l’exercice, tout comme Marion, fixent la glace avec inquiétude.

    Franck fixe la glace aussi et rapidement, son cerveau l’informe qu’il y a peut-être du monde derrière cette glace. Ce bon vieux Franck est le seul à ne pas savoir qu’il est observé depuis le début. Comme par miracle, il vient de livrer le fond de sa pensée.

    A la sortie, la « vraie vie »

    Aline se retourne vers les responsables de l’institut, et s’exprime avec une rage à peine contenue :

    « Mais qu’est-ce qu’un individu pareil fait dans un groupe ? »

    L’un des deux cadres rétorque que ce point sera creusé. Vincent lâche un petit pet silencieux.

    Pendant les deux heures suivantes, Marion prend bien soin de ne plus jamais adresser la parole à Franck. Trois autres films sont montrés aux participants (tous reposant sur la même mécanique).

    Il ressort, lors du débrief, que l’apport du produit devra se traduire par un bien-être exprimé de façon plus émotionnelle que physique.

    Pendant qu’Aline recopie consciencieusement cette phrase sur son cahier de notes, Vincent ajoute « mais pas trop émotionnel non plus... », et tout le monde se salue sur cette pensée évanescente, en statuant que ce groupe aura été vraiment riche en enseignements.

    Quelques heures après, Aline se fait raccrocher à la gueule par son directeur artistique, qui ne comprend rien à cette histoire de bien-être émotionnel. Aude est à Deauville pour y passer le week-end avec son nouveau mec. Vincent est bourré au Rosa Bonheur. David quitte son RER à la Plaine Saint-Denis, suite à un « incident technique » et Franck entame son service de nuit au commissariat du XIIIe arrondissement. La « vraie » vie débute pour eux.


    votre commentaire
  •   Difficile pour les plus modestes de faire face aux dépenses alimentaires

    Mercredi 17 Juilet 2013l    Lou Marillier  (Marianne)

      L’INSEE a enquêté sur la consommation des ménages en 2011 - ses conclusions, publiées aujourd'hui, en disent long sur l’impact qu’a eu la crise sur les plus modestes. Notamment, et c’est alarmant, sur les difficultés croissantes qu’ils rencontrent pour « faire face aux dépenses alimentaires».

    Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
                                 Illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
       La baisse du budget alloué par les ménages à l'alimention diminuait depuis 1979 grâce à l’augmentation continue de leur pouvoir d’achat. Elle s'était même réduite de 9% pour les ménages les plus modestes, qui rattrapaient peu à peu ceux au niveau de vie le plus élevé. Or, premier constat de l’INSEE : depuis 2007, la mécanique est rouillée. La part du budget accordé à l'alimentation stagne. Cette constatation est grave, car elle est révélatrice du recul du niveau de vie des plus modestes, enclenché depuis 2008.

    A la question « si vos ressources actuelles augmentaient de 10%, que feriez vous en priorité avec cet argent ? », l’alimentation arrivait en quatrième place en 2005, à 11%, derrière les loisirs, l’épargne, l’équipement du logement et le logement lui-même. Désormais, pour la même tranche de population – le quintile (20%) au plus bas de l’échelle du « niveau de vie » - l’alimentation caracole en deuxième place du classement, à 16% ! Non seulement les plus modestes n’ont plus les moyens de considérer des dépenses pour ce qui n’est pas de première nécessité, mais ils souhaiteraient pouvoir dépenser davantage pour s’alimenter. « Une partie d’entre eux semble se contraindre sur les dépenses d’alimentation », conclue l’INSEE. Pour la moyenne des ménages pourtant, en 2005 comme en 2011, ce poste était le moins cité. La part de l’alimentation, 1%, a même baissé chez les plus aisés de 2005 à 2001 – contrairement à leurs dépenses en restaurants, qui ont augmenté de 4 à 6%.

    Dans l’ensemble, la consommation reste stable : les disparités aussi

    La liste des disparités est longue : elles sont colossales. « En 2011, en France métropolitaine, les 20 % de ménages ayant les plus hauts niveaux de vie consomment 53 % de plus que la moyenne ; les 20 % de ménages les plus modestes consomment 38 % de moins », souligne le rapport. Pour autant, les inégalités ne se sont pas davantage creusées depuis 2005. Certaines se seraient même amoindries : dans les transports, le logement, les loisirs ou la culture. La consommation dans ces deux derniers postes a par ailleurs très légèrement diminué – rien à voir avec « la forte réduction de la consommation de loisirs par ménage observée en 2012 » par l’INSEE. Cette réduction est à mettre sur le compte de la baisse des prix informatiques ou audiovisuels, qui représentent 1/5ème des dépenses en loisirs – ce poste a même augmenté chez les ménages les plus pauvres.

    La consommation par ménage depuis 2005, faible - 0,1% - est restée stable dans son ensemble malgré la crise. Mais le pouvoir d’achat, en 2012 a chuté de 0,9%. La prochaine enquête, qui sortira en 2016, devrait donc réserver des surprises. Et, à moins d’afficher un optimiste digne de notre Président un 14 juillet, on doute qu’elles soient bonnes.

    votre commentaire
  •  Les 100 bonnes idées à importer en France : 1 à 10

    Pascal Riché | Cofondateur Rue 89, Nouvel Observateur  

    Tickets de bus par SMS, distributeurs de livres, vente de médicaments à l’unité... Voici les dix premières bonnes idées suggérées par nos riverains de l’étranger.

    Le vendredi 5 juillet, nous avons lancé un appel à nos riverains vivant à l’étranger. Nous leur avons demandé de nous envoyer « des idées à importer » : un bon service, une bonne pratique, une bonne réforme, etc.

    Nous avons déjà reçu des dizaines de suggestions, que nous vous présenterons petit à petit. Nous visons la centaine, en voici dix pour commencer.

    Merci de nourrir cette rubrique en nous envoyant de courts textes décrivant des trucs que vous souhaiteriez importer en France (quelques paragraphes et, si nécessaire, une photo ou une vidéo). Merci de préciser « 100ID » dans l’objet du message.

    1 Les chauffeurs de taxi qui vous reconduisent, vous et votre auto

    Prague, République tchèque

     


    Capture d’écran du service Drink SOS, à Prague

    A Prague, en République tchèque, la tolérance pour l’alcool au volant est de 0,0 degré. Si vous êtes pris avec de l’alcool dans le sang, votre voiture part immédiatement vers la fourrière et votre permis est suspendu. Mais il existe une solution pour l’éviter : le service Drink SOS.

    Il mobilise deux conducteurs : l’un vous reconduit chez vous, dans votre propre voiture, l’autre suit au volant d’un autre véhicule pour pouvoir ramener le premier chauffeur. Et c’est à peu près le même prix qu’un taxi usuel : 30 couronnes par km, soit 1,1 euro, la distance étant mesurée par votre propre compteur.

    (Merci à Guillaume.)

    2 Des machines distributrices de livres

    Montréal, Québec

     


    La machine distributrice (capture d’&eacute ; cran, LaPresse.ca)

    Dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, au Canada, des livres sont vendus dans des distributeurs au coin de la rue, pour un dollar canadien. Les livres de poche viennent des fonds des bibliothèques : ils sont sélectionnés par les bibliothécaires au moment de « l’élagage » annuel. On trouve des livres de plage, des livres pour enfants, des classiques, des essais...

    Comme on le constate dans cette plaisante vidéo, si cela peut inciter les jeunes à la lecture plutôt qu’aux friandises, boissons gazeuses ou autres « croustilles »...

    (Merci à Valentin.)

    Des tickets de bus par SMS

    Prague, République tchèque

    A Prague, pour prendre le métro ou le tramway, il suffit d’acheter un ticket en envoyant un SMS à un numéro spécial. Quelques secondes plus tard, vous recevez ensuite, par SMS également, votre ticket. En cas de contrôle, vous montrez votre téléphone...

    Il existe également des applis pour smartphones permettant d’acheter son ticket et de le produire au contrôleur (photo).


    Captures d’écran des achats smartphones de tickets de bus

    Guillaume, qui nous signale ce système, ajoute :

    « Dans le métro, il n’y a ni barrières, ni tourniquets ou autres sortes de dispositifs contraignants. Vous n’avez pas de ticket ? Vous êtes en infraction, c’est tout. C’est comme sur les autoroutes : il n’y a pas de péage. Vous achetez votre pass une fois par an, comme en Suisse ou en Allemagne... C’est vraiment une autre façon de vivre ensemble. »

    (Merci à Guillaume.)

    4 Les médicaments vendus à l’unité près

    Etats-Unis, Pérou, Inde...   

    Aux Etats-Unis, en Inde, ou dans plusieurs pays d’Amérique latine comme le Pérou, les médicaments sont vendus à la pilule plutôt qu’à la boîte, pour éviter le gaspillage et les dépenses de santé inutiles. Ainsi, si le médecin prescrit une semaine de Zdryefine matin et soir, donc 14 pilules, le pharmacien ne vous vendra pas une boîte de 20 ou de 40 Zdryefine, mais découpera 14 cachets dans la tablette (photo).

    Cette pratique a été signalée par plusieurs riverains. « Quand on a testé le système, on a peine à croire comment on peut faire autrement », commente l’un d’entre eux.

    Autre bonne idée médicale, en Inde (merci à Adrak) : pour éviter les prescriptions difficiles à lire (parce que les docteurs écrivent mal ou parce que le patient peut être illettré), les docteurs dessinent un rond par prise de médicament (ex : o-o-o signifie « trois fois par jour »).

    La « boîte de maternité »

    Helsinki, Finlande

     10 bonnes idées à copier  Capture d’écran de la boîte de maternité et de son contenu (Kela.fi) 

    Témoignage de Gilles :

    « En Finlande, la sécurité sociale, “Kela”, distribue une boîte de maternité gratuite aux parents de chaque nouveau-né. Elle contient des vêtements, des draps, un sac de couchage, une serviette, des produits pour bébé et maman, des petits livres, un jouet, etc.

    Le but de cette initiative, prise en 1938, était d’aider les parents pauvres, de combattre la mortalité infantile et d’inciter les femmes enceintes à venir se faire examiner au centre prénatal. En 1949, elle est devenue disponible pour toutes les mères. Petit à petit, elle est devenue une pierre angulaire (et adorée) de la politique familiale finlandaise.

    Ce qui est génial, c’est que l’on peut même se servir de la boîte comme landau, vu qu’elle est équipée d’un petit matelas. Les tout-petits adorent. Pour l’obtenir, il suffit de produire un certificat du centre prénatal attestant que votre grossesse a duré 154 jours, et de remplir un formulaire en ligne. On vous envoie alors la boîte que vous récupérez à la poste la plus proche.

    Nous en avons reçu une nous-mêmes avant la naissance de notre fils, et je me rappelle l’avoir ouverte avec ma compagne comme si c’était le matin de Noël ! C’est un moment dont on se souvient tendrement. Et c’est d’autant plus pratique que lorsque l’on est parent pour la première fois, on ne pense pas toujours à tout ce dont bébé va avoir besoin. Le contenu change chaque année.

    L’histoire ne dit pas si cela encourage à faire d’autres bébés... »

    Le prélèvement des impôts à la source

    Allemagne, Belgique, Finlande...

    Le prélèvement des impôts à la source est évoqué par plusieurs riverains comme une idée qu’il faudrait importer en France. Le système existe déjà pour la CSG, par exemple. L’idée de faire de même avec l’impôt sur le revenu est évoquée de temps en temps, mais aucun gouvernement n’a encore osé s’y attaquer pour ce qui est des personnes physiques.

    SweetLou, en Allemagne :

    « Les impôts sont prélevés à la source et coordonnés avec certains logiciels achetables chaque année : cela représente beaucoup moins de paperasse du côté du citoyen et de l’administration. Et on a parfois de belles surprises lorsque le fisc allemand (“Finanzamt”) rembourse l’excédent de taxes déjà réglées au cours de l’année fiscale passée. »

    Delphine, en Belgique :

    « Ici en Belgique, l’impôt des citoyens est calculé par l’employeur (qui fait souvent appel à des boîtes spécialisées dans la gestion des fiches de paie et des déclarations sociales. Il est payé à la source. Quand vous recevez votre salaire “net”, c’est un vrai net !

    Vous pouvez ainsi faire des plans, sans avoir à penser à mettre de l’argent de côté pour payer vos impôts dans un an. On négocie donc un vrai net avec son patron et ensuite plus de soucis ! Autre avantage : si vous perdez votre travail, vous n’avez pas à vous creuser la tête l’année suivante pour savoir comment payer vos impôts (en France, j’ai des amies qui ont dû payer leurs impôts un an et demi après leur déclaration d’impôts, sur un revenu important alors qu’elles avaient perdu leur emploi). »

    Gilles, en Finlande :

    « Pas de déclaration compliquée : les retenues sur salaire se font mensuellement, et toutes les déductions d’impôt sont prises en compte (par exemple, sur un emprunt logement).

    En début d’année, l’employeur demande à chaque employé de lui fournir sa “carte d’impôt” (une double page) récapitulant les revenus potentiels. Si vous ne l’avez pas présentée avant cette date, la retenue sur le salaire est de l’ordre de 60%, ce qui incite tout le monde à s’occuper de ses affaires.

    La carte est fournie automatiquement par courrier par les services des impôts, qui se livrent à une estimation basée sur vos revenus de l’année précédente. Si elle correspond à ce que vous pensez gagner dans l’année, vous pouvez la donner directement à votre employeur.

    Mais si, par exemple, vous savez que vous allez changer de métier ou recevoir une prime, une augmentation, ou à l’inverse avoir une baisse de revenus, vous devez faire une modification de la carte en ligne. Vous imprimez la carte ainsi mise à jour. C’est d’une simplicité déconcertante quand on compare à la déclaration de revenus en France...

    Les services des impôts, dans leur évaluation, tombent juste presque tout le temps. A la fin de l’année, le centre d’impôts fait le différentiel avec les revenus effectivement touchés. Il vous en informe, et vous reverse le trop-perçu sur votre compte (ou vous demande de l’argent si vous n’avez pas assez payé). »

    Faire payer le ramassage des ordures au poids

    Brême, Allemagne

    Ce système a bien plu à Frédéric, étudiant en école d’ingénieurs en stage à Brême. Dans cette ville, le système de ramassage des ordures pèse les poubelles depuis l’automne 1993.

    « Chaque foyer à une poubelle personnelle. Chaque semaine, lorsque les éboueurs passent, avant de jeter les ordures dans la benne, ils pèsent la poubelle. Ainsi, régulièrement, les foyers reçoivent la facture au poids.

    Cette idée est un grand pas pour l’écologie ! En effet, les habitants font alors attention de ne pas trop jeter dans la poubelle (gain écologique, moins de gaspillage...) et surtout, lorsque qu’ils font leurs courses, ils achètent des produit avec peu d’emballage.

    Ainsi, au lieu de tenter vainement de convaincre les entreprises de réduire les emballages inutiles, ils le font naturellement sous la pression de la demande des consommateurs. »

    8 A la gare, des vélos d’appartement pour recharger son téléphone

    Anvers, Belgique

     


    Capture d’écran du vélo rechargeur de smartphones (WeWatt.be) 

    Nicolas a découvert ce système ce week-end à la gare d’Anvers :

    « Pour le voyageurs en panne de batterie pour leurs mobiles ou ordinateurs portables, la gare d’Anvers met à disposition des sortes de vélos d’appartement qui, avec un peu d’huile de coude (ou de genou, en l’occurrence), permettent à chacun un rechargement écolo. De plus, ça permet aussi de tuer les minutes d’attente entre deux trains.

    Le vélo se présente comme un meuble encastré. C’est une entreprise belge, We Bike, qui le commercialise. J’ai pédalé une dizaine de minutes à une allure plus que raisonnable pour recharger mon téléphone pour trois bonnes heures... »

    9 Un site internet pour gérer toutes ses factures

    Etats-Unis, Argentine...

    Lorsque je vivais aux Etats-Unis, je gérais mes factures sur le site internet de ma banque. Je remplissais la liste de mes fournisseurs, avec mes numéros d’abonnement (électricité, eau, journaux, etc.). Puis il suffisait, dès réception d’une facture, d’inscrire le montant dû en face du fournisseur concerné et de taper « enter » pour que la facture soit réglée. C’était très pratique.


    Capture d’écran du site PagoMisCuentas.com (PagoMisCuentas.com)

    Un système similaire est en place en Argentine, mais commun à toutes les banques, comme l’explique Thomas :

    « Le site PagoMisCuentas est accessible depuis le site internet de la plupart des banques, Supervielle dans le cas illustré.

    Les factures en attente de paiement s’affichent. On peut rajouter autant de fournisseurs qu’on veut, choisir un paiement manuel ou automatique (qu’on peut interrompre facilement depuis le site contrairement à un prélèvement automatique), etc.

    Tous les historiques sont accessibles. Très pratique pour centraliser ses factures, choisir son mode de paiement, et éviter le papier… »

    10 Pouvoir accrocher son vélo à l’avant des bus

    Washington DC, Portland... Etats-Unis

    A Washington DC, où j’ai vécu quelques années, il est possible d’accrocher son bus à l’avant des vélos municipaux. Non, l’inverse, pardon. Le dispositif est prévu pour porter deux bicyclettes maximum. L’usager accroche et décroche lui-même son vélo, ce qui prend quelques secondes. Ces deux opérations ont lieu sous sa propre responsabilité. Ce service est gratuit, et on peut y recourir pendant les heures de pointe.

    Le système existe dans d’autres villes comme Portland, dans le Maine.


    votre commentaire
  •  Crème de la mer, au caviar ou à l’orchidée : si vous saviez...

    Alexandra Klein    Journaliste (Rue 89, Nouvel Obs)
    Publié le 05/07/2013

    Une orchidée (ProBuild Garden Center/Flickr/CC)

    Des crèmes dites premium fleurissent avec des prix dépassant souvent les 250 euros pour 50 ml. A 200, 300 parfois 800 euros, ça coûte cher la ride. Et pourtant ça marche ! Surtout comme compensateur d’ego sur ou sous-dimensionné.

    Prenons Guerlain et sa Crème Orchidée Impériale à près de 350 euros pour 50 ml. Que contient-elle de si miraculeux ? A lire la liste des ingrédients – jamais si évidente à comprendre si on n’est pas chimiste ou formulateur – rien d’extraordinaire. Mais ce qui apparait évident à tout un chacun c’est que toute la communication repose sur ce fameux extrait d’orchidée – fleur noble ça va de soi (on n’imaginerait tout de même pas un extrait de pâquerette dans une marque de luxe).


         La crème Orchidée  impériale (Captured’écran du site de Guerlain)

    Au vu de la pub vous pensiez peut-être appliquer un produit largement composé de cette délicate fleur comme la notice permet de l’imaginer :

    « L’Orchidée, le secret d’une longévité prodigieuse… De tous les chefs d’œuvre de la nature, l’orchidée est la créature la plus évoluée et la plus fascinante du monde végétal. Sa durée de floraison et son espérance de vie hors du commun défient l’imagination. Sa longévité est extraordinaire, sa beauté inaltérable. … »

    A croire que c’est carrément un champ d’orchidées entier qui vous transmet ses secrets de longévité et de beauté. Or, ce rêve à 350 euros contient en tout 57 ingrédients dont des colorants, des substances parfumantes et moult ingrédients d’origine végétale, animale, minérale et beaucoup synthétique. Déçue ? C’est le prix du rêve narcissique

    La Prairie, c’est du caviar !

    Dans le même genre vous avez l’inégalable La Prairie et sa célèbre crème à l’extrait de caviar (non, on n’y met pas du caviar à la louche !). Qui aurait le mauvais goût de ne pas immédiatement penser luxe avec un tel ingrédient ? L’astuce est que la marque (suisse il est vrai) garde obstinément le secret de la concentration en caviar de cette crème vendue entre 630 euros et 640 euros pour 100 ml dans un bien banal pot en verre.

    La vitelline, annoncée comme actif clé de l’extrait de caviar (notez qu’on peut extraire de la vitelline de nombreuses espèces de poissons autres que l’esturgeon) est sans nul doute un bon hydratant permettant d’assurer le service minimum : nourrir, hydrater, entretenir l’activité cellulaire. Hors concours on pourrait encore citer dans cette même marque la crème cellulaire radiance à environ 530 euros pour 50 ml ou la crème cellulaire Platinium Rare, plus de 800 euros pour 50 ml.

    Mais bon, « Angelina Jolie, Kristin Scott-Thomas, Arielle Dombasle et consorts en sont fans » (les reçoivent-elles ou les achètent-elles ?). On en oublierait presque qu’il ne s’agit que de cosmétiques. Et à ce tarif-là tout de même !

    Crème de la mer, un « miracle »

    Il y a aussi la crème de la mer : 430 euros les 100 ml. Comme on ne saurait argumenter la rareté des extraits marins, on brode ici sur l’histoire de son créateur, qui, pour être un physicien en aérospatiale n’en a pas moins les pieds sur terre. Il aurait mis douze ans à la formuler après des milliers d’expériences sur un ferment marin baptisé « Miracle Broth », secret de l’effet hydratant miraculeux de la crème de la mer dont le mécanisme d’action est réputé inexplicable. Et ce n’est franchement pas le packaging qui peut se prévaloir d’augmenter significativement le prix du produit.

    Allez donc tenter de convaincre les victimes du mythe de l’éternelle jeunesse qu’à ces tarifs-là, elles n’ont qu’un bon cosmétique semblable à bien d’autres… Sauf que ceux-là ont un effet compensatoire évident. Un tel investissement ne peut, à l’évidence, qu’être supérieurement efficace. Et puis, sans doute, celles qui les achètent le valent bien... Les services marketing le savent parfaitement.

    Sachez d’ailleurs que le prix d’une crème dite premium est fixé bien avant sa conception même. Ce n’est donc pas toujours le coût d’un ou deux ingrédients plus chers ni d’une recherche de pointe qui détermine le prix de vente mais d’abord l’image de luxe qu’elle doit véhiculer et tout l’enrobage de la communication assortie


    votre commentaire
  •  Nous avons recensé les arnaques du moment les plus répandues sur le Web.

    L’arnaque de la « Gendarmerie »

    Cette escroquerie vise essentiellement les amateurs de streaming (films et séries en ligne), en les accusant de pratiquer des cyber-activités illégales. Un prétendu message provenant de la gendarmerie ou du ministère de l’Intérieur vous reproche d’avoir téléchargé des films ou un contenu pédopornographique. Vous devez ensuite vous acquitter d’une amende (100 ou 200 euros) si vous souhaitez réutiliser votre machine. Attention, l’adresse IP et le fournisseur d’accès (Free, SFR, etc.) de l’internaute, mentionnés sur le document, renforcent la crédibilité de l’arnaque.

    L’arnaque du « remboursement SNCF »

    Moins connue, cette pratique se sert de vos données personnelles mais aussi de vos habitudes. Un SMS confirmant l’achat de billets de train à 118 euros a été envoyé sur le téléphone d’un internaute. Pour enfoncer le clou, la fausse confirmation s’appliquait à des trajets qu’il effectuait couramment, l’obligeant à fournir ses coordonnées bancaires pour être remboursé.

    La fausse confirmation Paypal

    Une dizaine de Dijonnais en ont fait les frais en avril. Les arnaqueurs se rendent sur des sites de petites annonces, et achètent des produits sans même négocier en proposant un paiement Paypal. Le vendeur reçoit un e-mail de Paypal, confirmant que le versement a bien été effectué, et qu’il envoie donc le produit. Sauf que l’e-mail est un faux.

    L’arnaque du conseiller Interpol

    La rapacité n’ayant aucune limite, certains arnaqueurs passent derrière d’autres pour en remettre une couche. C’est le cas d’Isabelle Morelle, qui bien sûr, n’existe pas.

    Dans un e-mail, elle raconte son histoire : arnaquée, roulée par un amant qui s’est joué d’elle, elle relate comment un agent d’Interpol (dont elle vous communique l’adresse) a fait rentrer les choses dans l’ordre et lui a rendu son argent. Cette adresse est en réalité celle de l’arnaqueur qui profitera de votre détresse pour vous délester de quelques euros supplémentaires.

    Vous avez repéré ou été victime d’une nouvelle arnaque sur Internet ? Ecrivez-nous pour enrichir cette liste. (Ecrivez au journal Rue 89)

     


    votre commentaire
  •   Diagnostiquer un faux e-mail  (Rue 89)

    Il faut commencer par faire appel au bon sens : si le message est bourré de fautes d’orthographe et de syntaxe, c’est qu’il y a un souci. Les messages certifiés par le gouvernement et autres instituts administratifs sont – en théorie – rédigés sans erreurs.

    Voici le genre de message – reçu par un membre de la rédaction – qui devrait vous mettre la puce à l’oreille (une perle) :

    « S’il vous plaît soumettre la demande de remboursement d’impôt et nous permettre de 2 jours ouvrables pour le traitement »

    Il faut aussi vérifier l’adresse de l’expéditeur de l’e-mail : par exemple, l’adresse utilisée récemment pour les arnaques à la CAF (caf@home.pl) n’a rien de très authentique. On préfèrera les adresses se terminant par gouv.fr ou edf.com. Dans le doute, consultez la liste des domaines utilisés par chaque organisme.

    Sachez également qu’il ne faut jamais donner ses coordonnées bancaires ou informations personnelles dans un e-mail. Si une société en question souhaite vous contacter, elle le fera par courrier postal ou par téléphone.

    Si malgré ces quelques règles de bon sens, le doute subsiste, vous avez la possibilité de contrôler la provenance du message. Tout d’abord, il faut pouvoir en récupérer l’adresse IP ou le serveur :

    Un faux e-mail EDF (capture d’écran)

    • le serveur est généralement visible dans l’en-tête de l’e-mail ;
    • à défaut du serveur, récupérez l’adresse IP dans le code source de l’e-mail ;
    • localisez l’émetteur de l’e-mail à l’aide d’un des deux éléments :

    Localisation d’un expéditeur de faux e-mail via l’outil Geoiptool (capture d’écran)

    D’après Geo IP tool, l’e-mail provient de Biélorussie, un paramètre étrange alors qu’il est censé émaner d’un organisme français. Les tentatives d’hameçonnage les plus répandues proviennent en général d’Afrique et des pays de l’Est.

    Attention toutefois à ne pas stigmatiser tous les émetteurs étrangers, il s’agit simplement de bien identifier la nature de l’e-mail, et de qui il est censé provenir, pour mettre le doigt sur ce type d’extravagance.

    Vérifier la fiabilité d’un site de vente

    Il existe plusieurs méthodes pour établir le degré de confiance d’un site de vente en ligne. Là encore, il faut commencer par faire appel au bon sens :

    • si les prix affichés sont très attractifs alors que les produits proposés sont théoriquement beaucoup plus chers, c’est rarement un miracle ;
    • se référer aux avis des consommateurs : faire un tour sur le web permet de vérifier en quelques secondes l’authenticité d’un site. S’il n’y a aucun avis nulle part : s’inquiéter ;
    • la présentation : se méfier des images et textes mal disposés, des fautes d’orthographe, des caractères non reconnus et des plans approximatifs.

                        Exemple type d’une proposition commerciale douteuse.

    Sur le plan technique, il faut d’abord vérifier la sécurisation du paiement : les sites de ventes fiables, en général, possèdent la structure suivante « https : // » – « s » étant synonyme de la sécurité d’une transaction entre le client (vous) et le serveur (le site). Les navigateurs Firefox et Google Chrome rajoutent un cadenas comme certificat de validation.

    Vérifier les mentions légales : numéro de déclaration à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), raison sociale, adresse et nom de l’hébergeur sont les conditions minimales requises.

    Effectuer un whois (de l’anglais « who is » = « qui est ») en tapant l’adresse du site dans la barre de recherche. Vous déterminerez ainsi qui en est le propriétaire, son adresse, numéro de téléphone et e-mail.


    votre commentaire
  •   26/06/2013 

    Arnaques par e-mail de plus en plus sophistiquées : les parades

    Laurent Bonnat | Rue89
    Philippe Vion-Dury | Journaliste 
     

    Quelles techniques pour vous soutirer de l’argent, comment les repérer, quelles nouvelles « tendances » ? Aidez-nous à compléter ce guide de l’internaute averti.


    Un hameçon (Chang’r/Flickr/CC) 

    Les systèmes de paiement en ligne sont de plus en plus sécurisés. Bonne nouvelle ? A priori oui, mais les aigrefins aussi perfectionnent leurs techniques, et ils concentrent tous leurs efforts sur le maillon faible : le facteur humain.

    La crédulité ou les lacunes techniques des internautes constituent la dernière faille pour les arnaqueurs, qui ne se contentent plus des sites de ventes et autres combines « classiques » : ils cherchent leurs victimes jusque dans leur boîte e-mail.

    1. Les arnaqueurs peaufinent leurs techniques
    2. Les astuces pour ne pas se faire avoir
    3. Le top des arnaques « tendance »

    Le phishing : la technique du mail-hameçon

    La psychose du faux e-mail s’est insinuée partout, même à Rue89 où certains membres de la rédaction se demandent s’ils n’ont pas mis à la corbeille des messages officiels en croyant à une entourloupe. Cela à un nom : le « phishing », le hameçonnage en français.

    L’exemple classique de phishing est l’e-mail des impôts, de la CAF ou d’EDF, vous annonçant soit que vous êtes l’heureuse victime d’une erreur de calcul et que vous allez être remboursé de quelques centaines d’euros, soit au contraire que vous devez impérativement régler sous 24h un montant donné, sous peine d’être sanctionné.

    Galvanisé ou paniqué, l’internaute mal informé s’empresse de donner les renseignements sollicités – souvent bancaires – ou de cliquer sur le lien donné qui renvoie sur un site factice, ressemblant à celui de l’organisme officiel.

    Une fois les identifiants, mots de passe ou coordonnées bancaires entrés sur le site, ils seront utilisés pour virer frauduleusement de l’argent depuis le compte en banque de l’internaute.

    Autres exemples connus :

    Le pharming : la technique du détournement masqué

    Le pharming est une variante sophistiquée du phishing. Il n’est pas question ici d’appâter l’internaute insouciant via des propositions alléchantes ou des rappels inquiétants mais de le détourner. Alors qu’il entre pourtant la bonne adresse URL, il est redirigé vers un site frauduleux identique à celui sur lequel il comptait se rendre, où il sera soulagé de ses données confidentielles.

    Les pirates peuvent procéder de deux manières :

    • soit ils falsifient la correspondance entre l’URL du bon site et l’adresse IP qui lui correspond au niveau du serveur DNS (l’opération de piratage est donc menée contre l’organisme) ;
    • soit ils introduisent un logiciel malveillant – un cheval de Troie – dans l’ordinateur de l’internaute (lorsque celui-ci télécharge des fichiers ou se rend sur des sites infectés), qui se chargera de le rediriger vers le site frauduleux à la première occasion.

    Une fois les données récupérées, les pirates s’en serviront pour débiter votre compte en banque ou se servir de vos profils sociaux et messageries pour répandre le virus et arnaquer votre entourage.

    De quoi psychoter, non ? Heureusement, il existe quelques trucs et astuces pour s’assurer de l’authenticité d’un e-mail ou d’un site avant d’y entrer son code de carte bleue ou son mot de passe.


    votre commentaire
  •   Du nouveau sur La Fabrique hexagonale…

    Montres de marques françaises et à petits prix
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/07/montres-de-marques-francaises-et-petits-prix/

    Aujourd'hui, qui dit montre dit luxe, noms prestigieux et zéros alignés. Même sur La Fabrique hexagonale, lorsque l'on parle horlogerie made in France, on évoque immanquablement des modèles de chez BRM, Péquignet ou E.Leroy, vendus très cher. Trop cher pour la très grande majorités des acheteurs.
    Mais qu'en est-il de la montre pas chère et française ? [...]

    Chaussures made in France en solde, chez Stéphane Gontard
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/07/chaussures-made-in-france-en-solde-chez-stephane-gontard/


    Les soldes continuent et les entreprises françaises qui fabriquent toujours en France sont, elles aussi, de la fête. D'ordinaire, La Fabrique hexagonale n'est pas une inconditionnelle des soldes, qui symbolisent la société de
    consommation à outrance dans laquelle les produits, quel que soit leur état, doivent être remplacés le plus vite possible, histoire de faire [...]

    Tentation du soir : tenues d'intérieur et de nuit fabriquées en France
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/07/tentation-du-soir-tenues-dinterieur-et-de-nuit-fabriquees-en-france/

    A la fois vêtements d'intérieur et tenues pour dormir, les tenues Tentation du soir ont été créées pour assurer confort et douceur à celles qui les portent. Ce qui n'empêchent en rien ces créations made in France d'être aussi
    élégantes, un brin coquines


    Papier Tigre : mettez un fauve dans votre cartable
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/07/papier-tigre-mettez-un-fauve-dans-votre-cartable/

    Il y a d'un côté les tigres de papier, plus menaçants que dangereux, et puis de l'autre il y a Papier Tigre, qui n'est ni l'un ni l'autre. Papier Tigre est simplement une petite entreprise parisienne qui ne montre pas les dents, mais
    qui fait de jolis produits, en France pour l'essentiel.
    Papier Tigre est en [...]

    Recharge des voiture électriques : nos « champions » mordent la poussière
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/06/recharge-des-voiture-electriques-nos-champions-mordent-la-poussiere/

    Ce devait être une équipe de rêve, faite pour gagner. L'association de Schneider, Legrand et Renault devait en effet mettre tout le monde d'accord et permettre à la France d'élaborer le nouveau standard européen pour les bornes de rechargement électrique. D'ailleurs, l'Etat n'avait-il pas apporté son soutien à cette fine équipe, ou manquait en revanche [...]

    Smuggler vend désormais en ligne ses costumes made in France
    http://www.lafabriquehexagonale.com/2013/06/smuggler-vend-desormais-en-ligne-ses-costumes-made-in-france/

    Smuggler, le dernier fabricant français de costumes, vient de procéder à une augmentation de capital. Cela ne va pas changer grand-chose à la vie quotidienne des consommateurs, si ce n'est peut-être que cet argent frais va
    permettre d'ouvrir de nouveaux points de vente en Ile-de-France, dans les grandes villes françaises et à l'étranger. La modernisation [...]

    Voici les quelques informations parues sur La Fabrique hexagonale au cours de la semaine passée
    Bonne lecture,
    La Fabrique hexagonale
    contact@lafabriquehexagonale.fr


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique