• Du quinoa pour lutter contre la faim dans le monde

    Le président bolivien Evo Morales a proposé de développer la culture du quinoa pour lutter contre la faim dans le monde.

    Lors d’une visite à l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (la FAO) à Rome, le président bolivien Evo Morales a évoqué le quinoa, une plante respectueuse de l’environnement qui, selon lui, permettrait de lutter contre la faim dans le monde. "Face à la crise alimentaire mondiale, les peuples andins disposent de plusieurs solutions et l'une d'elles est le quinoa", a déclaré M. Morales cité par l'AFP. La FAO a d’ores et déjà lancé un programme visant à encourager l'utilisation du quinoa, considéré par les scientifiques comme l'un des aliments les plus sains et complets.

    M. Morales a ainsi été désigné "ambassadeur spécial" de l'Organisation pour promouvoir le quinoa, présenté comme "un super aliment" et qualifié de  "graine d'or" par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En effet, cette "pseudo-céréale" qui appartient à la famille des betteraves et des épinards (les Chénopodiacées) possède de nombreuses qualités nutritives : elle ne contient pas de gluten, est pauvre en lipides mais riche en fer, en oméga-3 et en protéines tout en étant particulièrement digeste. Pour aller plus loin encore, les Nations Unies ont même déclaré 2013 "Année internationale du quinoa" en hommage au fait que les populations andines ont su préserver cet aliment cultivé depuis 7.000 ans et qui était à la base de l'alimentation de civilisations anciennes comme celle des Incas.

    Egalement plébiscité par les écologistes, ce véritable symbole des produits biologiques est cultivé selon des méthodes de production jugées respectueuses de l'environnement. "Elle est aussi considérée comme l'aliment idéal pour les astronautes", a déclaré M. Morales, qui fut dans son enfance un petit cultivateur de quinoa. "Nous voulons populariser son utilisation en raison de ses qualités nutritionnelles", a ainsi expliqué le directeur général de la FAO, le Brésilien José Graziano da Silva.


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  •   Certains poissons d'aquarium sont mutilés et transformés pour être attractifs

     

    flowerhorn_aquariumPoisson hybride Flower Horn
    DR

    Quand nous étions petits nos parents étaient obligés de nous acheter des poissons rouges pour nous faire plaisir mais aujourd'hui des poissons multicolores, avec des nageoires improbables se sont imposés... Une véritable maroquinerie ! Or nous sommes face à des êtres vivants que des hommes vernissent, passent à la soude... Pour le seul plaisir de nos yeux, en toute impunité, depuis plus de dix ans !

    Des salons de coiffures aux poissons « arc-en-ciel », il n'y a qu'un pas !

    Les poissons ne sont certes pas des animaux domestiques très affectueux mais depuis quelques années ils sont sujets à un phénomène de mode. Face à cet engouement, des éleveurs peu scrupuleux utilisent des méthodes pouvant quelque fois être qualifiées de barbares, afin d'obtenir des poissons originaux, aux couleurs chatoyantes, aux formes dilatées, drapées...

    Pour obtenir des colorations qui n'existent pas naturellement, outre les hybridations et mutations, certains se prennent pour des Léonard de Vinci dont les toiles ne sont rien d'autres que des êtres vivants. Pour obtenir des « toiles » vierges, il faut de prime abord plonger les poissons dans de la soude. En effet, ce produit dissout le mucus recouvrant et protégeant le corps des poissons. Cette technique entraine une mortalité pouvant s'élever à 80%, mais les poissons sont si prolifiques...
    Autre méthode, mais moins pratiquée, car les résultats sont moins probants pour obtenir des sujets blancs : sélectionner et élever des sujets albinos. Ensuite dans les deux cas le traitement est le même, injection de colorants sous la peau pour avoir une coloration homogène. Toutefois les éleveurs n'obtiennent pas toujours une coloration homogène dès la première injection, une seconde, voir une troisième peuvent être nécessaires.
    Normalement peu colorés, des espèces deviennent très « tendances » avec des couleurs allant du vert à l'orange, en passant par le bleu. Ce traitement affaiblit et réduit la durée de vie des poissons-martyrs. Cette coloration est de plus éphémère, elle dure le temps de tromper le futur acquéreur qui se retrouve avec un poisson décoloré quelques mois plus tard, payé deux à trois plus cher. Voici quelques espèces victimes de cette pratique : Chanda rancya avec 6 à 7 colorations différentes sur le dos et le ventre, Corydoras aeneus et aeneus albinos, Barbus tetrazona rouge, Colisa sota, Discus, ...

    Des poissons fluo ou tatoués à votre nom ? Mais si ça existe !

    Des techniques scientifiques sont également détournées pour servir ces intérêts « esthétiques ». Ainsi, depuis quelques années, le Glofish ou poisson-zèbre, un poisson qui devient fluorescent sous une lampe à ultraviolet, est de plus en plus apprécié. Ce spécimen, génétiquement modifié aux Etats-Unis, avait été à la base « mis au point » par les scientifiques pour détecter la pollution, ..., puis les esprits mercantiles ont eu le dessus.

    Autre recherche, autre dérive, les scientifiques ont conçu un marquage à l'aide d'un laser de faible intensité et d'un colorant pour suivre la croissance des poissons d'élevage. Aujourd'hui les éleveurs asiatiques proposent des poissons tatoués à votre nom, à celui de votre entreprise, avec une fleur, ... La technique est malheureusement aisée, il suffit de maintenir le poisson en place sur un linge humide pendant qu'il se fait graver les éléments issus de l'imagination de son futur propriétaire.

    Que pouvons-nous faire contre ces pratiques ?

    Si vous aussi vous souhaitez vous mettre à l'aquariophilie, n'hésitez pas à multiplier les vérifications. Les résultats obtenus par ces transformations sont « peut-être » très jolies mais elles n'ont rien de naturelles. Un appel au boycott de l'achat de ces poissons a été lancés par des aquariophiles responsables afin d'interdire ces pratiques qui n'ont que trop duré. Mais les démarches pour obtenir une règlementation en la matière n'en sont qu'à leurs balbutiements. Toutefois à notre niveau, pour repérer ces dérives, avant d'acheter en animalerie, il faut vérifier les descriptions des étiquettes. Des termes comme « voile » pour désigner de grandes nageoires, ou encore « baloon » et « jumbo » pour décrire un corps déformé, font forcément références à des animaux génétiquement modifiés. Au niveau de la couleur, les abus sont plus difficiles à repérer. Les étiquettes portant les indications « couleur » ou « fluorescent » sont toutefois à proscrire. A proscrire également, les hybrides comme le Luohan, le poisson-perroquet, ...

    Auteure   Gaelle Naze    notre-planete.info


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  •   Près d'un tiers de la nourriture est gaspillée dans les pays industrialisés

    © Jonathan Bloom, Nick Saltmarsh / FAO

    Alors que près d'un milliard de personnes souffrent de faim chronique dans le monde, le gaspillage et les pertes alimentaires sont considérables, notamment dans les pays industrialisés où le gâchis alimentaire représente plus de 30% de la production alimentaire.

    C'est le sujet traité à l'occasion du dernier webinar organisé par le Barilla Center for Food and Nutrition et intitulé "Gaspillage alimentaire : comment le réduire du champ à la table", diffusé le 23 mai dernier. Parmi les rapporteurs, Andrea Segrè, président de Last Minute Market ; Tristram Stuart, écrivain et activiste engagé contre le gaspillage alimentaire ; Jean Schwab, responsable de la National Food Recovery Initiative de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) des États-Unis.

    Plus de 30% de la production totale destinée à la consommation est gaspillée entre les pertes alimentaires qui se produisent le long de la filière, les déchets de production et le gaspillage domestique, ce ne sont pas moins de 222 millions de tonnes de nourriture qui sont jetées chaque année dans les pays industrialisés. Cette quantité suffirait à nourrir toute la population de l'Afrique Sub-saharienne (230 millions d'habitants).

    En Europe, le gaspillage s'élève à 89 millions de tonnes, soit 180 kg par habitant et par an.

    Aux Etats-Unis, un peu moins de 35 millions de tonnes de nourritures ont été jetées. 97 % de ces déchets organiques n'ont pas été valorisés, c'est-à-dire qu'ils ont fini dans une décharge ou un incinérateur.

    Au niveau mondial, 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont ainsi gaspillées. C'est encore plus insupportable si l'on considère que près d'un milliard de personnes n'ont pas accès à des ressources alimentaires suffisantes. Le plus grand gaspillage domestique par habitant revient au Royaume-Uni, avec 110 kg par personne, arrivent ensuite les États-Unis (109 kg) et l'Italie (108 kg), puis la France qui arrive donc en 4ème position (avec 99 kg), l'Allemagne (82 kg) et la Suède (72 kg). En termes économiques, le gaspillage moyen quotidien d'une famille américaine de quatre personnes est de 4,4 dollars, ce qui suffirait pour nourrir une famille entière dans un pays en voie de développement.

    Ce phénomène est complexe et il faut bien distinguer pertes et gaspillage alimentaires.

    Les pertes sont beaucoup plus importantes dans les pays en voie de développement, notamment pendant la récolte et lors du processus de traitement, souvent le résultat de compétences techniques limitées, de récoltes prématurées, inefficaces et arriérées, de stockage dans des environnements infestés par les insectes et les microorganismes et d'absence d'une logistique en mesure de garantir la "chaîne du froid".

    En revanche, les gaspillages alimentaires se produisent durant la transformation industrielle, la distribution et la consommation finale. On compte parmi eux les choix intentionnels selon lesquels de la nourriture parfaitement comestible est éliminée et « jetée à la poubelle ». Le phénomène de gaspillage est plus important justement dans les pays industrialisés, et ce pour des raisons économiques, des règlementations en matière alimentaire ou de rentabilité des opérations de récolte et d'un manque de connaissances de la part des consommateurs qui souvent ne disposent pas d'informations adéquates pour la lecture correcte des étiquettes ou pour la conservation et la réutilisation des aliments. En effet, contrairement aux pertes, le gaspillage se concentre dans les phases en aval de la filière, par conséquent dans l'industrie alimentaire (39% du gaspillage total en Europe), dans la distribution (5% du gaspillage total en Europe), et dans la vente et la consommation des ménages (42% du gaspillage total en Europe).
    Toutefois, la crise économique actuelle a contribué à réduire ce phénomène, poussant les familles à prêter plus d'attention pour éviter les gaspillages, et cela dès les moments d'achat.

    Le sujet du gaspillage alimentaire sera au cœur du débat même à l'occasion du 4ème Forum International sur l'Alimentation et la Nutrition que le Barilla Center for Food & Nutrition organisera à Milan, les 28 et 29 novembre 2012.

    Que pouvons-nous faire ?

    Le gâchis alimentaire s'intègre dans le cadre plus général de notre société de surconsommation où l'on achète sans vraiment réfléchir. Pourtant, l'acte d'achat n'est jamais anodin et entretient trop souvent un système irresponsable qui met gravement en péril notre support de vie. En effet, le consommateur succombe trop souvent aux sirènes du marketing agroalimentaire. Ainsi, nous achetons des produits alimentaires qui nous sont inutiles et coûteux, pire, ce sont souvent ces mêmes produits qui sont préjudiciables à notre santé.

    D'une manière générale, il faut éviter d'avoir "les yeux plus gros que le ventre" : les promotions, les prix spéciaux sur les lots, les coupons de réduction, les gagdets "donnés" avec les produits alimentaires ne devraient pas être les principaux critères de choix ! A vouloir faire une bonne affaire ou se faire plaisir, on entasse des produits qui se périment et peuvent contribuer à déséquilibrer notre régime alimentaire. Plus censés, l'achat en vrac (qui tend à se démocratiser), et l'achat réfléchi ("en ai-je vraiment besoin ?") demeurent de bons moyens, simples, de faire des économies, de générer moins de déchets et d'ajuster au mieux la quantité de nourriture dont nous avons vraiment besoin tout en contribuant à préserver notre santé.

    Des gestes éco-citoyens sur l'alimentation vous sont proposés sur notre dossier dédié.

    Notes

    Le Barilla Center for Food & Nutrition est une plate-forme de réflexion et de propositions à l'approche multidisciplinaire qui aborde l'univers de la nutrition et de l'alimentation en embrassant les différentes thématiques qui s'y rapportent : économie, médecine, nutrition, sociologie et environnement. L'organisme garant des travaux du Barilla Center for Food & Nutrition est l'Advisory Board, composé des membres suivants : Barbara Buchner, directrice de Climate Policy Initiative, Venise, Claude Fischler, sociologue, Ellen Gustafson, activiste, John Reilly, économiste, Gabriele Riccardi, endocrinologue, Camillo Ricordi, scientifique de l'Université de Miami et Umberto Veronesi, cancérologue. Mario Monti a été membre de l'Advisory Board jusqu'en novembre 2011.

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  •  Cosmétiques : une crise sanitaire généralisée et silencieuse

    CosmétiquesCosmétiques contenant des composés chimiques préoccupants
    © C. Magdelaine / notre-planete.info

    Nous les utilisons chaque jour pour notre hygiène et pourtant... Nos cosmétiques contiennent de nombreux composés chimiques qui, au fil du temps, imprègnent notre organisme. Si, chaque composé chimique, pris individuellement semble inoffensif, la multiplication de ceux-ci dans de nombreux produits appliqués quotidiennement favorise "l'effet cocktail" et leur accumulation persistante dans notre corps (urines, sang, cordon ombilical, lait maternel...). Les conséquences sur la santé, ne sont malheureusement pas anodines comme en témoignent la progression inquiétante des cancers, des maladies chroniques, des allergies... Dans le même temps la fertilité diminue dramatiquement, les troubles neurocomportementaux (autisme, hyperactivité) explosent et de nouvelles maladies émergent (hypersensibilité chimique, fibromyalgie...). Une véritable "épidémie mondiale" qui provoque 63 % des décès dans le monde (88 % en Europe) selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
    Sans oublier la pollution généralisée de l'environnement.

    Nous vous proposons de découvrir ici quelques uns des ingrédients chimiques les plus préoccupants pour que vous puissiez les traquer et les éviter !

    Depuis 1998, en Europe, tous les fabricants de cosmétiques sont tenus de suivre la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques (INCI) qui les oblige à préciser, sur l'emballage de leurs produits, la liste complète des ingrédients (sous leur appellation commune) dans l'ordre décroissant de leur quantité.
    De plus, depuis fin août 2006, la Commission Européenne exige des industriels qu'ils répondent à toute demande de renseignements (téléphonique, écrite ou via Internet) provenant d'un consommateur sur les effets indésirables de leurs produits, comme les réactions allergiques. N'hésitez pas à faire valoir votre droit.

    Enfin, nous vous proposons une liste restreinte de fabricants de cosmétiques qui s'engagent à respecter notre santé et notre environnement.

    Les composés chimiques à éviter dans les cosmétiques

    Alkylphénols

    nonylphénol ; nonoxynol ; octylphénol ; O-phénylphénol ; propylphénol ; amylphénol ; heptylphénol, dodécylphénol ; méthylphénol (ou crésol) ; éthylpénol (ou xylénol) ; 4-tert-octylphenol

    Les alkylphénols sont présents dans les détergents, les cosmétiques, les produits de nettoyage et une large gamme de produits industriels.

    Outre leurs effets très graves sur les milieux aquatiques, l'Union Européenne reconnait un risque potentiel pour la fertilité et pour le foetus. D'ailleurs, le nonylphénol est un ingrédient actif de certains spermicides. De surcroît, les alkylphénols sont des perturbateurs endocriniens[1] qui altèrent les hormones, les organes reproducteurs et stimulent les cellules cancéreuses du sein.

    Ingrédient interdit dans les produits certifiés Cosmébio.

    Source    Les alkylphénols - Sabotage hormonal

    BHA   E320

    Antioxydant et conservateur couramment utilisé dans les aliments (ex : chewing-gums), les emballages alimentaires et les cosmétiques. Le BHA affecte les hormones et les organes reproducteurs chez les rats.

    Source

    Ethers de glycol  2-phénoxyéthanol (EGphE) ; phénoxytol

    Les éthers de glycol sont des solvants utilisés massivement dans l'industrie depuis les années 60. On les trouve aujourd'hui dans de nombreux produits professionnels : peintures, colles, encre, vernis ; mais également dans des produits de consommation courante : nettoyants ménagers, cosmétiques et médicaments. Il sert de solvant pour d'autres conservateurs (comme les parabènes) et quelques fois de parfum.

    Le phénoxyéthanol est allergisant et peut induire eczémas et urticaires. Il pourrait également engendrer des effets neurotoxiques et des troubles neurologiques, car il passe le derme et même le placenta. Enfin, Le phénoxyéthanol est suspecté d'être à l'origine de risques cancérogènes et de troubles de la reproduction chez l'homme.

    Sources

    Filtres UV

    benzophenone-3, 2-benzoyl-5-methoxyphenol ; 2-hydroxy-4-methoxybenzophenone ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenylmethanone ; methanone, (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl- ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl- methanone ; oxybenzone (benzophenone-3) ; oxybenzone 6; methanone, (2hydroxy4methoxyphenyl) phenyl ; b3 ; durascreen ; solaquin

    Ces filtres courants dans les cosmétiques sont des allergisants, des perturbateurs endocriniens et affectent la qualité de l'environnement.

    Source     OXYBENZONE - Skin Deep® Cosmetics Database

    Formaldéhyde

    Formol ; Formalin ; Formic aldehyde ; Paraform ; Methanal ; Methyl aldehyde ; Methylene oxide ; Oxymethylene ; Oxomethane ; DMDM hydantoin ; Diazolidinyl urea ; Imidazolidinyl urea, Methenamine ; quarternium-15

    Connu sous le nom de formol lorsqu'il est dissout dans l'eau, le formaldéhyde est un Composé Organique Volatil (COV). Il est utilisé comme conservateur antimicrobien.

    Le formaldéhyde est cancérogène par inhalation (selon CIRC), allergisant et irritant (pour les yeux qu'il peut brûler et les bronches en cas d'inhalation). Or, le formaldéhyde contenu dans les cosmétiques pourrait s'en dégager en petites quantités sous forme de gaz résiduel et ensuite être inhalé.
    Les formaldéhydes sont maintenant remplacés en partie par les parabènes, également nocifs pour la santé, on ne les retrouve plus que dans les vernis à ongles.

    Sources

    Huiles et cires de silicone

    Dimethicone ; Cetyl dimethicone copolyol ; Phenyl trimethicone ; Stearyl dimethicone

    Ces substances entièrement synthétiques, dérivées du silicium et contenant des atomes d'oxygène, sont employées dans une multitude de produits.
    La Dimethicone est l'une des matières premières les plus utilisées pour les formules de protection de la peau, de soins capillaires et de rouges à lèvres.

    Si elles sont préférables aux huiles minérales, elles restent nocives pour l'environnement et donc indirectement pour notre santé. Par ailleurs, dans les shampooings, elles auraient tendance à étouffer le cuir chevelu.

    Ingrédient interdit dans les produits certifiés Cosmébio.

    Lyral

    Hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde

    Utilisé dans certains savons (Le Petit Marseillais notamment), il s'agit d'un parfum à l'origine de réactions allergiques.

    Source   Allergie de contact au Lyral : il faut l'être au parfum ! - allergique.org

    Parabène

    E214 à E219 ; butylparaben ; methylparaben ; ethylparaben ; propylparaben ; isopropylparaben ; N-propyl p-hydroxybenzoate (E216) ; P-hydroxybenzoate ; N-butyl p-hydroxybenzoate ; Ethyl p-hydroxybenzoate ; Méthyl p-hydroxybenzoate (E218)

    Le parabène est employé dans de très nombreux cosmétiques, produits alimentaires et médicaments pour ses propriétés antibactérienne et antifongique. A l'origine, les parabènes sont apparus pour remplacer d'autres conservateurs comme les formaldéhydes, jugés dangereux.

    Les parabènes peuvent provoquer des allergies (urticaire, dermatite), un veillissement accéléré de la peau avec le soleil. Mais ce qui est plus inquiétant c'est leur capacité à être assimilés par l'organisme.
    Ainsi, plusieurs études ont montré que les parabènes interféraient avec les récepteurs hormonaux et perturbaient l'équilibre endocrinien. De plus, les parabènes pourraient s'accumuler dans le tissu mammaire et favoriser le cancer du sein.

    Une proposition de loi visant à interdire deux substances de la famille des parabènes : butylparabène et du propylparabène a été adoptée le 3 mai 2011 à l'Assemblée Nationale.

    Ingrédient interdit dans les produits certifiés Cosmébio.

    Source    La vérité sur les parabènes - Rebelle-Santé

    PolyEthylene Glycol (PEG)

    PEG-6 ; PEG-8 ; PEG-40 ; PEG-100 ; PEG-150 ...

    Le nombre qui suit la forme abrégée indique le poids moléculaire. Un nombre inférieur à 500 signale une consistance liquide, un chiffre supérieur à 500 une graisse ou une cire.

    Cette famille de composés chimiques de synthèse se retrouvent dans de nombreux cosmétiques (y compris dans les dentifrices comme Sensodyn) en tant qu'agents tensioactifs, détergents, émulsifiants, revitalisants ou humectants pour la peau.

    Outre le fait qu'ils sont extrêmement polluants à produire et contaminent durablement l'environnement, ils contiennent de nombreuses impuretés toxiques (oxyde d'éthylène, 1,4-dioxane, composés aromatiques polycycliques, métaux lourds...). A ce titre, ils sont déconseillés pour des personnes ayant une peau abimée.
    Enfin, ces impuretés sont reconnues cancérigènes dans de nombreux cancers dont, une nouvelle fois, celui du sein.

    Ingrédient interdit dans les produits certifiés Cosmébio.

    Source

    Perfluorés (PFOA, PFOS)

    Il s'agit d'une famille de polymères halogénés utilisés comme revêtement anti-adhérent dans les ustensiles de cuisson (poêle traitée au téflon), les textiles et les produits traités anti-tâches, les emballages et les cosmétiques. Une étude danoise publiée en 2009 les rend responsables de la baisse du nombre de spermatozoïdes chez l'homme.

    Source

    Phtalates

    Parfum ; fragrance ; Diisodecylphtalate (DIDP)

    Il s'agit d'un dérivé du naphtalène, hydrocarbure aromatique utilisé dans les matières plastiques et produit à partir du goudron de houille ou du pétrole. Les phtalates sont utilisés comme parfum en cosmétique et leur présence est dissimulée par le terme générique de "parfum" ou "fragrance" : un cocktail de dizaines produits chimiques non identifiés. Ils n'apparaissent donc pas clairement dans la liste des ingrédients.

    Les phtalates ne semblent pas s'accumuler dans l'organisme. Toutefois, ils exercent, via leurs métabolites, un pouvoir de perturbation endocrine provoquant des atteintes à la reproduction, des malformations des organes, l'obésité, des pubertés précoces ou des cancers du sein et des testicules.

    Certains phatalates sont déjà interdits dans les cosmétiques : phtalate de butyle benzyle, phtalate de l'ester dipentylique, phtalate de l'acide 1,2-benzène-dicarboxylique, phtalate de di-n-pentyle et d'isopentyle, phtalate de di-n-pentyle, phtalate de diisopentyle, phtalate de bis, phtalate de dibutyle.

    Concernant le diéthylphtalate (DEP), différentes évaluations menées au niveau européen ont toutes conclu à son innocuité pour un usage cosmétique.

    Attention ! Des produits estampillés Cosmébio peuvent contenir des phtalates (ex : gel douche bio Ushuaïa). Ainsi que des grandes marques comme Nivéa ou Mixa.

    Source

    Sodium Laureth Sulfate

    Sodium Laureth Sulfate ; Sodium Lauryl Sulfate ; Laurylsulfate de Sodium

    Le Sodium Laureth Sulfate et le Sodium Lauryl Sulfate sont massivement employés dans de nombreux produits de toilette et d'entretien : savons, shampoings, détergents, dentifrices... Ce sont des agents moussants chimiquement connus en tant que tensioactifs (principe actif qui disperse les corps gras dans l'eau).

    Or, le Sodium Laureth Sulfate est un composé puissant, qui a longtemps été utilisé dans les produits de nettoyage industriel et qui l'est encore chez les mécaniciens pour nettoyer les moteurs de voiture. En effet, c'est un détergent efficace et très peu coûteux pour nettoyer les taches les plus difficiles à traiter. Ainsi, il a pris la place du savon alors que même dans les laboratoires la manipulation de cet élément est très délicate et nécessite une grande protection de la peau. Un composant qui envahit pourtant les produits cosmétiques, ainsi que les shampoings.

    Son utilisation fréquente élimine la protection de la peau et l'expose aux maladies. Utilisé dans les shampoings, il fragilise le cuir chevelu, favorise la formation des pellicules, provoque des irritations, des démangeaisons, emmêle les cheveux, les rend fourchus et peut même entrainer une perte de cheveux (le comble !).
    Malheureusement, le sodium laureth sulfate est également absorbé par l'organisme et agit alors comme un perturbateur hormonal dont les conséquences peuvent être lourdes : syndrome prémenstruel et symptômes de la ménopause, baisse de la fertilité masculine, cancers féminins, dont le cancer du sein.

    L'utilisation de laureth sulfate de sodium est particulièrement déconseillé chez les enfants. En effet, son application cutanée peut affecter le développement des yeux avec des dommages irréversibles.

    Enfin il convient d'être très vigilant : des produits dits naturels et même des produits certifiés Cosmébio contiennent du Sodium Laureth Sulfate (comme les produits L'Arbre Vert). Le mieux c'est encore de vérifier les étiquettes...

    Sources

    Triclosan

    Cloxifenolum, Irgasan, Lexol 300, Aquasept, Gamophen, TCL, DP300, éther de diphényle d'hydroxyle 2.4.4 ; Trichlorine-2

    Le triclosan est un produit de synthèse utilisé depuis plus de 30 ans comme anti-bactérien, antifongique, antiviral, antitartre et agent de conservation. Il est présent dans de nombreux produits notamment désignés comme "antibactériens" ou "anti-microbiens" : produits contre l'acné, produits de premiers soins, savon, dentifrice, rince-bouche, lotion hydratante, crème à raser, déodorant, éponges et serviettes de nettoyage démaquillantes...

    Outre le fait qu'il contamine l'environnement et qu'il contribue à l'augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques, le triclosan peut perturber le fonctionnement de la thyroïde chez l'humain. De plus, il se dégrade en composés toxiques, cancérigènes, bioaccumulables et persistants. Chez l'Homme, on retrouve du triclosan dans le sang, l'urine ou même le lait maternel.

    Sources

    Notes

    1. Les perturbateurs endocriniens ont la capacité d'interférer, seul ou en cocktail, avec le fonctionnement normal des hormones des êtres vivants. Cette interférence a des conséquences variées sur la santé et le développement du sujet exposé qui peuvent n'apparaître que longtemps après l'exposition ou chez sa descendance. La période d'exposition joue un rôle prépondérant : elle est plus critique au stade embryonnaire. Les impacts potentiels que les chercheurs recensent en premier lieu chez l'animal sont multiples : mauvais fonctionnement de la thyroïde, baisse de fertilité, diminution des éclosions, malformations grossières à la naissance, anomalies du métabolisme, féminisation des mâles, masculinisation des femelles, anomalies de comportement, déficits immunitaires (Réseau Santé Environnement).

    Quelques marques de cosmétiques que nous recommandons

    Quelques rares marques de cosmétiques font l'effort de respecter l'environnement et la santé des consommateurs. En effet, de trop nombreuses marques de cosmétiques utilisent des arguments marketings trompeurs et profitent de leur image rassurante et écologique pour continuer de fabriquer des produits dangereux pour notre santé : elles doivent être évitées, tout comme de nombreuses marques de cosmétiques vendues en pharmacies.
    Enfin, rappelons qu'il faut toujours bien vérifier les ingrédients qui entrent dans la composition d'un produit avant de l'acheter.
    Par défaut, nous déconseillons donc les marques qui ne sont pas listées ci-dessous.

    • Weleda. Créé en 1921, le laboratoire Weleda fabrique des médicaments (homéopathiques) et des cosmétiques naturels et bio (majoritairement issus d'une agriculture bio-dynamique) sous le label NATRUE. En matière de cosmétiques, il propose une large gamme de soins : huiles de massage et de beauté, soins du visage, laits pour le corps, crèmes de douche, déodorants, savons, dentifrices, soins pour hommes, etc.
    • Douce Nature

    En savoir plus & sources

    Auteur   Christophe MAGDELAINE, responsable du site   notre-planete.info


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  • 14 mars 2012,

    megot_mousse© C. Magdelaine / notre-planete.info

    Beaucoup d'écologistes fument. Dans certains groupes, cette habitude est systématique et peu de milieux de vie alternatifs échappent à ce fléau. Quelle logique y a-t-il à lutter contre l'usage des pesticides, la déforestation, la pollution de l'eau, des sols et de l'air ou prôner l'alimentation biologique, quand même on empoisonne son corps et l'environnement avec ses cigarettes ? Réflexions…

    Paris, 14h10, Place de la République – Il pleut. Un passant jette nonchalamment son mégot dans le caniveau, avant de s'engouffrer dans les couloirs du métro. Ce mégot contient nicotine, phénols et métaux lourds. Quelques minutes suffiront à la pluie pour l'emporter dans les profondeurs des égouts parisiens où il relarguera ses produits chimiques dans l'eau et le sol. Dans le meilleur des cas, il sera capté par les opérations de dégrillage en station d'épuration et incinéré. Dans le pire des cas, il rejoindra la mer où il polluera l'eau et son écosystème. Il pourra également s'additionner aux mégots enterrés par les touristes sur les plages du littoral.

    Le mégot, pollueur invisible de tous les jours

    Cette scène de vie est devenue banale. Depuis le 1er janvier 2008, la France interdit de fumer dans les espaces publics fermés. Les fumeurs se retrouvent donc souvent à l'extérieur. Il leur semble alors naturel de jeter leurs cigarettes un peu n'importe où. Celles-ci sont emportées par les eaux pluviales ou le vent. Elles finissent leur vie au pied des arbres, ancrées dans la terre, dans les égouts ou les rivières. Par respect, peu de gens jettent encore leurs détritus dans la rue ou la nature. Alors pourquoi les fumeurs continuent-ils à disséminer leurs mégots partout ? « Parce qu'un mégot, ça pue », répondront-ils, ou encore « ce n'est pas de ma faute s'il n'y a pas de poubelle ! ».

    La réalité est bien là : un mégot contient tellement de saletés qu'il ne peut être que répugnant. Le plus polluant dans un mégot provient des produits issus de la combustion de la cigarette et qui restent dans le filtre. Lorsque l'on sait que la fumée de cigarette constitue un mélange de gaz et de particules contenant plus de 4000 substances chimiques, dont au moins 250 sont nocives et plus de 50 sont cancérigènes, il est facile d'imaginer la pollution microscopique relâchée par un mégot. Ne pariez pas sur le tabac bio pour diminuer ces substances nocives. Celles-ci sont principalement ajoutées comme agents de texture et de saveur. Elles peuvent également être formées lors de la combustion.

    Un filtre est formé d'acétate de cellulose non biodégradable mais photodégradable. Sous l'action des ultraviolets, il se décomposera en petits morceaux. Mais les polluants qu'il contient ne disparaissent pas toujours, ils sont essentiellement dilués dans l'eau et les sols. Un mégot fait tache pendant longtemps : une cigarette avec filtre met 1 à 3 ans pour se décomposer. Un paquet de cigarette jeté négligemment mettra quant à lui 6 mois pour disparaître.

    Un danger pour la forêt

    Les cigarettes mal éteintes sont à l'origine de plusieurs feux de forêts chaque année. Selon les statistiques incendie dans les Bouches du Rhône, 16 % des départs d'incendies sont dus aux mégots jetés par les conducteurs de voitures et près de 14 % par les promeneurs qui éteignent mal leurs mégots. Mais le principal problème reste la déforestation.

    Selon une étude réalisée en 1999, 200 000 hectares de forêts et de terrains boisés sont coupés chaque année à cause de la culture du tabac[1]. Cela représente près de 5 % de la déforestation totale dans les pays en développement où existent des plantations de tabac. Et encore, c'est sans compter les autres utilisations du bois liées au tabac. En effet, il faut ajouter à ces200 000 hectares les quantités considérables de bois nécessaires au séchage. Dans beaucoup de pays en développement, le bois sert de combustible pour sécher les feuilles de tabac et construire des séchoirs à l'air chaud ou à l'air naturel. Le séchage à l'air chaud dure une semaine et nécessite environ 20 kg de bois pour sécher 1 kg de tabac. Il constitue le principal mode de séchage du tabac avec environ 6 tonnes traitées sur 10.

    Dans la partie septentrionale de l'Afrique, c'est plus de 140 000 hectares de terrains boisés indigènes qui disparaissent chaque année pour servir de combustible pour le séchage du tabac, ce qui correspond à 12 % de la déforestation annuelle totale dans la région[2].

    Une culture peu regardante de l'environnement

    La culture du tabac est pratiquée dans plus de 125 pays. Environ trois quart de la production provient de pays en développement. En plus des pesticides, le traitement du tabac implique des dangers pour les travailleurs sous-payés.

    Les chercheurs commencent à s'intéresser à la question. Outre la recherche visant à trouver des solutions de rechange à la culture du tabac, le programme de Recherche pour la lutte mondiale contre le tabac (RMCT) s'intéresse aux conditions de travail et aux effets de la culture du tabac sur la santé des ouvriers qui travaillent sur les grandes exploitations agricoles.

    Des déchets considérables, au royaume du suremballage

    D'après une étude parue dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health[3], les mégots représentent 845 000 tonnes de déchets chaque année, soit le poids de plus de 140 000 éléphants !

    En 1995, l'industrie mondiale du tabac a généré environ 2,3 millions de tonnes de déchets industriels et 209 000 tonnes de déchets chimiques d'après une étude menée par les chercheurs Novotny et Zhao[4]. Ce chiffre ne comprend pas les emballages de cigarettes, les briquets, les allumettes et autres produits dérivés. Si la fabrication des cigarettes nécessite beaucoup de papier, son emballage réclame également le sien ! Il y a plus. Le paquet contient du papier d'aluminium autour des cigarettes. Et le tout est enrobé d'un film plastique. Bienvenue au royaume du suremballage !

    Un geste bientôt réellement sanctionné ?

    Dès cet été, jeter un mégot sur les trottoirs parisien sera passible d'une amende de 35 euros. Cette sanction a été développée dans le cadre de la campagne « Paris met les pollueurs à l'amende ». La capitale mettra en place, sur les poubelles, de 15 000 à 20 000 cendriers supplémentaires. A terme, l'objectif est d'équiper chaque poubelle d'un tel éteignoir. Espérons alors que notre scène de vie banale en devienne un peu plus exceptionnelle !

    Références

    1. Geist HJ. Global assessment of deforestation related to tobacco farming. Tobacco Control, 1999, 8:18–28.
    2. Geist HJ. How tobacco farming contributes to tropical deforestation. In: ,Abedian et al. eds. The Economics of Tobacco Control: Towards an Optimal Policy Mix. Cape Town, Applied Fiscal Research Centre, 1998.
    3. Novotny TE, Zhao F. Consumption and production waste: another externality of tobacco use. Tobacco Control, 1999, 8:75–80.
    4. T.E. Novotny & al., 2009. Cigarettes Butts and the Case for an Environmental Policy on Hazardous Cigarette Waste. Int. J. Environ. Res. Public Health, 6(5).

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  • le site de la SSP est ici !!!
    Semaine pour les alternatives aux pesticides : rejoignez là ! 
    Comme chaque année depuis 7 ans, la Semaine pour les alternatives aux pesticides se tiendra du 20 au 30 mars 2012partout en France mais aussi à l’étranger. Vous êtes intéressé par l’événement et souhaitez organiser une action dans ce cadre ? 
    Prenez contact avec notre chargée de mission Magali Ringoot
    contact@semaine-sans-pesticides.fr et tel: 09 70 40 57 90 /01 45 79 07 59. 
    Vous avez déjà prévu des événements ? N’hésitez pas à inscrire dès maintenant vos actions, même si elles ne sont pas encore finalisées. Il est en effet possible de les modifier à tout moment directement sur le site. Les évènements seront rendus publics sur le site autour du 20 février, un mois avant le lancement de l'opération. Rendez-vous sur le site
    http://www.semaine-sans-pesticides.com/

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  • Réponses et arguments fondamentaux au sujet de la matière qui anéantit les forêts tropicales

    Pratiquement chacun d’entre nous a affaire à l’huile de palme. Cette matière première bon marché, très prisée par les industriels, est présente presque partout : dans les produits alimentaires, de la pizza à la barre chocolatée, dans les produits ménagers et les lessives, dans les cosmétiques, ainsi que dans les réservoirs à gasoil et les centrales thermiques. Ici, vous apprendrez ce que vous ne savez peut-être pas encore sur l’huile de palme:

    1. Le boom mondial de l'huile de palme
    Le palmier à huile (Elaeis guineensis) est une espèce tropicale de palmier originaire de la forêt humide africaine. Aujourd’hui ces arbres poussent tout autour de l’équateur dans d’immenses monocultures industrielles. Pour croître, les palmiers à huile ont besoin d'un climat tropical, c'est-à-dire de l’humidité et de fortes températures constantes. L’huile est généralement extraite des fruits dans des moulins à huile par chauffage à haute température et pression à chaud. Les fruits couleur orangée donneront de l’huile de palme tandis que les noyaux produiront de l’huile de palmiste. Avec 54 millions de tonnes (2011), l'huile de palme est à ce jour l'huile végétale la plus négociée au monde. L'Indonésie est la championne des exportations. Associée à la Malaisie, elles fournissent 85% de la production mondiale. Les plantations de palmiers à huile s'étalent sur 9 millions d'hectares en Indonésie, les prévisions pour 2025 sont de 26 millions d'hectares.

    2. Pour l’huile de palme, les forêts tropicales sont détruites
    85% de la production mondiale d’huile de palme est concentrée sur l’Indonésie et la Malaisie. La France importe aussi de producteurs en Afrique (Cameroun, Ghana) et en Amérique du Sud (Colombie). Les terres bon marché pour de nouvelles plantations de palmiers à huile sont celles qui abritent les forêts primaires, et les gouvernements en cèdent de vastes concessions aux multinationales. De plus, l’industrie de l’huile de palme est très liée à celle du bois exotique : les coûts d’investissements pour les plantations de palmiers à huile sont financés par la vente et l’exploitation des essences rares. La végétation restante est entièrement brûlée afin de faire de la place pour les monocultures de palmiers.

    3. Les plantations de palmiers à huile, ennemies de la biodiversité
    A cause du défrichage des forêts tropicales et de leur transformation en monocultures de palmiers à huile, des milieux naturels d’une immense diversité d’espèces animales et végétales sont détruits. Les grands singes orangs-outans ne sont que les représentants les plus symboliques des milliers d’espèces menacées. Mais les habitants humains de ces territoires pâtissent également des conséquences de la déforestation : leurs moyens de subsistance sont détruits, et les indigènes sont expulsés de leurs terres d’origine.

    4. L'huile de Palme signifie la misère pour les populations autochtones
    Aussi, les gens qui habitent dans les forêts pluvieuses sont atteints par le boom de l'huile de palme. Leurs moyens de subsistance et leur culture sont gravement touchés. Petits agriculteurs et populations autochtones sont expulsés de leurs terres ancestrales. Dans la seule Indonésie, où 45 millions de personnes vivent dans les forêts, 5.000 conflits territoriaux et humains sont imputés à l'huile de palme. En 2009, la Banque mondiale a imposé un moratoire global sur l'huile de palme après avoir financé pendant 30 ans son expansion à coups de milliards de dollars.

    5. L’huile de palme remplit les caisses des multinationales
    L’huile de palme est de loin l’huile végétale la moins chère du marché global et est mondialement commercialisée dans d’immenses quantités. Ses propriétés chimiques permettent une utilisation polyvalente dans l’industrie chimique et alimentaire. Elle a un point de fusion élevé, ce qui la rend souple et facile à étaler et en fait une matière première de premier choix pour de nombreux produits.

    6.
    L’huile de palme n'est pas mentionnée à l'étiquetage

    L’huile de palme se trouve dans des milliers d’articles de la grande distribution. Toutefois, très peu de fabricants –principalement les enseignes bio- font mention de la présence d’huile ou de graisse de palme sur l’emballage de leurs produits. La plupart des marques essayent de camoufler l’huile de palme derrière l’expression « huiles et graisses végétales ». Des produits typiques contenant de l’huile de palme sont: la margarine, les glaces, les biscuits, les soupes toutes prêtes, les pizzas surgelées, les lessives, les savons, les produits d’entretien, etc. Certaines entreprises ont pourtant choisi de renoncer complètement à l’huile de palme dans leur production, comme en France la marque Findus, ou le groupe Casino pour ses produits alimentaires.

    7. Huile de palme et électricité
    A l'heure actuelle, des entreprises énergétiques à travers le monde construisent des centrales qui produisent de l'électricité en brûlant de l'huile de palme. Pire, en Allemagne, une loi sur les énergies renouvelables en 2004 avait fait fortement augmenter -grâce à des subventions - les importations d'huile de palme. Un tiers de l'huile de palme importée outre-Rhin est ainsi utilisée dans des centrales électriques. La fin décidée des subventions en 2012 n'empêchera pourtant pas une protection en l'état pour une durée de 20 ans des sites existants et l'indemnisation de ses opérateurs.

    8. L’huile de palme dans les réservoirs de voitures
    Jusqu’à présent et pour des raisons techniques, l’huile de palme n’est mélangée au carburant fossile que dans de faibles quantités. Mais ceci devrait bientôt changer, car des procédés chimiques – l’hydrogénation de l’huile de palme- permettent d’en changer certaines propriétés. La compagnie finlandaise Neste possède un procédé breveté de cette méthode et projette de conquérir le marché européen avec du biocarburant bon marché à l’huile de palme. C’est dans ce but que trois immenses raffineries d’huile de palme voient le jour à Singapour, Rotterdam et Helsinki, et doivent entrer en fonctionnement courant 2011.

    9. L’huile de palme réchauffe le climat
    L’huile de palme contribue massivement au réchauffement climatique global. Par le déboisement des forêts et l’assèchement des tourbières pour les plantations de palmiers à huile, d’énormes quantités de carbone s’échappent dans l’atmosphère. La production d’huile de palme mobilise de plus un volume conséquent d’énergie fossile pour le travail des sols, les engrais, les pesticides, la récolte, le transport et la transformation. Les résidus de production contiennent du méthane, qui est un gaz à très fort effet de serre. Même si les palmiers à huile étaient cultivés dans le désert, le biocarburant ne serait jamais, à l’inverse de ce que prétendent les industriels, «climatiquement neutre».

    10. L’huile de palme rend malade
    L’huile de palme est composée à 45% d’acides gras saturés, pouvant augmenter le taux de mauvais cholestérol ainsi que les risques de maladies cardio-vasculaires, et qui sont décriés comme responsables d’importantes prises de poids. L’huile de palme contient de plus des esters d’acides gras (de glycidol et 3-MCPD), qui sont classifiés comme cancérigènes. Les concentrations en agents toxiques sont surtout particulièrement fortes dans l’huile de palme raffinée, un ingrédient que l’on trouve dans les aliments pour nourrisson. Même les très appréciées pâtes à tartiner au chocolat et noisettes contiennent beaucoup d’huile de palme. Etant donné que le risque sanitaire dépend de la quantité ingérée ainsi que du poids corporel, les enfants sont particulièrement menacés.

    11. L’huile de palme « bio » ne vaux guère mieux
    L’huile de palme « bio » ne vaux guère mieux. Même la branche bio mise complètement sur l’huile de palme. Largement plus de 400 produits bios de grandes marques comme The Body Shop ou Biocoop, ou bien portant des certifications Ecocert en France (label AB), contiennent de l’huile de palme. Chez leur fournisseur, le groupe Daabon en Colombie, Sauvons la Forêt a observé de graves accidents et fuites d’huile, du gaspillage d’eau, de la pollution environnementale, de la déforestation et des expulsions de petits agriculteurs pour s’accaparer leurs terres. Là-bas aussi les immenses monocultures de palmiers à huile s’étendent sur des milliers d’hectares. Selon Sauvons la Forêt, elles ne méritent aucunement le label « bio » pour une agriculture «écologique».

    12. L’huile de palme certifiée n’est qu’une vaste supercherie
    Les plus grands fabricants et utilisateurs d’huile de palme ont fondé avec le WWF la Table Ronde pour l’Huile de Palme Durable (Roundtable on Sustainable Palm Oil, RSPO). Le but de cette organisation est de procurer, sous couvert d’une « certification », une nouvelle légitimité à une huile de palme tombée dans le discrédit, favorisant l'essor des plantations. Non seulement la RSPO n’exclut pas formellement la déforestation, mais elle ne prend même pas en compte les aspects sociaux et la protection du climat. Le premier producteur d’huile de palme « certifiée » RSPO s’est d’emblée révélé être un impitoyable destructeur de forêt tropicale. 256 organisations écologiques et humanitaires de par le monde rejettent la RSPO et la considèrent comme une vulgaire escroquerie.

    Dernière mise à jour: le 4 décembre 2011 (Sauvons la forêt )


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  •  12 questions et réponses sur le thème Or 

    1- Au fait, d’où vient l’or ?

    L’or fait partie des éléments les plus rares au monde. Il se trouve sous forme de filon dans certaines fissures de la croûte terrestre, ou bien sous forme de paillettes ou pépites dans des placers (plages de graviers situées dans les rivières et qui sont fortement concentrées en or). La part d’or présente dans la croute terrestre représente environ 4 milligrammes par tonne. Pour obtenir quelques grammes d’or, les roches de gigantesques massifs montagneux doivent donc être extraites, concassées et tamisées. Pour une seule tonne d’or, trois millions de tonnes de matière rocheuse doivent être déplacées.

    2- Comment l’or est-il est extrait ?

    À ce jour, l’or est généralement exploité dans d’immenses mines à ciel ouvert. Une mine d’or est une usine chimique au milieu de la nature. Le processus d’extraction est le suivant : la roche est d’abord cassée à la dynamite, avant d’être broyée. La pierre moulue est ensuite déposée en tas à l’extérieur sur des bâches en plastique et arrosée pendant des semaines d’une solution à base de cyanure, qui en extrait les minuscules particules d’or. Elles ne représentent souvent qu’un à deux grammes par tonne. Cette faible teneur en or implique l’utilisation d’une grande quantité de cyanure, qu’on estime annuellement à 182.000 tonnes dans les mines d’or à travers le monde. Certaines mines procèdent à l’extraction dans des cuves fermées. Cette méthode est préférable à celle en plein air, où des liquides hautement toxiques sont stockés dans des bassins non couverts et dont les digues peuvent se briser. Cependant, même avec la méthode « fermée », d’énormes quantités de déchets sont produites et collectées dans des bassins de stockage, ou pire, dans des pays comme l’Indonésie, simplement déversées dans les cours d’eau et l’océan. Les conséquences sur l’environnement et les moyens de subsistance des populations sont en outre les mêmes : la méthode d’extraction moderne viole aussi les droits humains et laisse derrière elle des paysages lunaires sans vie, des dégâts environnementaux persistants, et des problèmes sociaux. De plus, l’exploitation aurifère amorce une bombe à retardement : au contact de l’air, la roche traitée au cyanure émet des acidités qui s’infiltrent à terme dans les sous-sols. Les nappes phréatiques sont ainsi menacées d’une contamination plus ou moins imminente. Un autre procédé est d’extraire l’or contenu dans le sable de rivière, principalement à l’aide de mercure. Ce métal lourd s’amalgame avec les poussières d’or et constitue ainsi un alliage. Afin d’obtenir l’or pur, ces agglomérats sont chauffés pour que le mercure s’évapore. Les vapeurs toxiques non filtrées s’échappent dans l’atmosphère et contaminent l’air et les cours d’eau. Du mercure et autres métaux – arsenic, plomb, cadmium- sont aussi directement déversés dans la nature. Rien qu’en Amazonie, on estime à 100 tonnes la quantité de mercure annuellement répandue.

    3- Quel est le rapport entre l’or et la forêt tropicale ?

    Afin de satisfaire la demande croissante de ce métal précieux, les chercheurs d’or pénètrent aujourd’hui les territoires les plus reculés. Le prix de l’or est si élevé que même l’extraction de minerai avec une teneur d’un gramme d’or par tonne est une entreprise rentable. La majorité de l’or est extraite en Afrique du Sud, en Australie, aux Etats-Unis, en Russie et en Chine, mais l’exploitation aurifère a tendance à s’étendre à d’autres pays. De nombreuses forêts au Venezuela, en Equateur, au Guatemala, au Pérou, en Indonésie, au Ghana et dans d’autres pays tropicaux sont donc également menacées par les mines d’or. La mine de Grasberg en Indonésie est à ce jour la plus grande mine d’or et la troisième plus grande mine de cuivre du monde. Les territoires où se situent les exploitations minières sont souvent des régions du monde habitées par des peuples indigènes qui y trouvent leurs moyens de subsistance. Plus de 70 Etats ont déjà changé leur législation minière afin d’attirer les entreprises étrangères. Du Ghana aux Philippines, les taxes et impôts sont revus à la baisse et les exigences environnementales sont abrogées.

    4- Pourquoi a-t-on besoin d’or ?

    On assiste actuellement à une nouvelle ruée mondiale vers l’or, imputable en partie à la forte augmentation de sons prix dont le cours en bourse a dépassé les 1.000 dollars américains par once en mars 2008 et a atteint les 1.600 dollars en 2012, contre seulement 250 dollars en 2002. En dix ans, le prix de l’or a donc été multiplié par six. En l’an 2003, 2.600 tonnes d’or ont été extraites, soit environ cent fois plus qu’au 19ème siècle. La même année, 78% de l’or a été dévolu au secteur de la bijouterie selon le World Gold Council. Les quantités d’or employées pour la fabrication de colliers et de bagues se sont multipliées par 4 ces 30 dernières années. Seuls 15% de la production est utilisée dans l’industrie électronique et la technique dentaire.

    5- Est-ce vrai que l'on peut tomber malade et même mourir des suites de l’activité minière ?

    L’exploitation moderne de l’or est une catastrophe pour l’homme et l’environnement. L’industrie polluante de l’or est loin de l'image romantique que l’on se fait du chercheur d’or avec sa battée. L’extraction d’or détruit en réalité les moyens de subsistance de nombreuses personnes. Pollutions environnementales et empoisonnements humains ne sont pas l’exception, mais la règle. Des vapeurs toxiques sont inhalées par les hommes et les animaux, des matières polluantes se déversent dans les lacs, cours d’eau et océans, et finissent par s’incruster dans la chaine alimentaire. Dans les exploitations à ciel ouvert, les minerais sont traités avec des produits chimiques hautement toxiques, principalement du cyanure. Les cyanures, aussi appelées sels de l'acide cyanhydrique, empêchent le transport d’oxygène dans le sang et conduisent à la mort, même s’ils sont ingérés à très faible dose. Le mercure est un métal lourd qui lèse surtout le système nerveux central et les fonctions rénales.

    6- Qui est responsable pour l’exploitation des mines d’or ?

    L’exploitation aurifère est dominée par une poignée d'entreprises transnationales d’Afrique du Sud, Canada, États-Unis et Australie. Plusieurs Etats ont ouvert leurs portes aux multinationales de l’or, la plupart du temps sous la pression de la Banque mondiale ou du Fonds monétaire international (FMI). Les victimes sont en majorité les indigènes, les petits paysans ou les pêcheurs, qui ne sont généralement pas consultés, et souvent même pas informés du projet de mine sur leur territoire. Les sanctuaires et lieux de cultes de ces populations ne sont pas non plus pris en compte dans les plans des multinationales. Il n’est pas rare que celles-ci obtiennent le consentement des populations par la menace, l’intimidation, des fausses promesses ou des mensonges. A l’arrivée des grandes compagnies minières, les autochtones sont systématiquement expulsés de leurs terres, et l’usage de la violence n’est pas rare. Ce fut par exemple le sort de 10.000 Ghanéen, chassés de chez eux pour une concession d’or.

    7- L’extraction d’or n'amène-t-elle pas emplois et devises précieuses dans les pays pauvres ?

    Les améliorations apportées par les entreprises minières sur le marché du travail et le secteur de l’exportation ne sont que superficielles. Dans les mines actuelles s’étendant sur plusieurs kilomètres carrés, il n’y a en général que peu d’employés. Bien que les mines soient souvent réellement rentables, le profit n’est partagé ni avec les indigènes, ni avec le pays d’implantation. De piètres conditions de travail dans les mines et des salaires très bas viennent compléter le tableau. En Afrique du Sud, il a été estimé en 1996 que chaque tonne d'or produite provoque la mort d'un mineur et douze blessés graves. Une étude menée au Venezuela a montré que l’Etat de Bolivar n’a gagné que deux millions de dollars en quatre ans grâce aux mines d’or. La tendance est aux profits de plus en plus bas pour les Etats, et de plus en plus élevés pour les entreprises. Comme les taxes sont toujours plus faibles, les entreprises enregistrent de « scandaleux bénéfices », comme le disent les défenseurs de l’environnement vénézuéliens. En comptabilisant les coûts écologiques et sociaux, les pauvres pays miniers font en fait un « profit » largement négatif, ce qui signifie pour les habitants des régions concernées: pollution des ressources vitales comme l’eau et les sols par des matières toxiques (matières utilisées pour l’obtention du minerai et résidus du processus de production), problèmes sociaux à la suite de conflits sur les terres et les ressources, mépris des droits fondamentaux par l’Etat et les compagnies minières. Bien qu’il paraisse censé et nécessaire d’améliorer la sécurité dans les mines industrielles et d’y employer des personnes plus qualifiées, seules les méthodes protégeant le moins les travailleurs permettent aux entreprises de faire des profits aussi élevés. Si les compagnies minières devaient payer pour les dégâts qu’elles causent, l’activité de la plupart d’entre elles ne serait pas rentable, et ce selon leur propres dires. En outre, les projets d’exploitations minières compromettent les structures économiques en fonctionnement comme l’agriculture, sans proposer d’alternative sur le long terme. Ils détruisent aussi les alternatives économiques possibles pour l’avenir, comme par exemple l’éco-tourisme.

    8- Existe-t-il des méthodes plus douces pour obtenir de l’or ?

    Le métal est assez facilement récupérable à partir des vieux bijoux, prothèses dentaires et autres résidus industriels qui en contiennent. Certains établissements spécialisés parviennent à regagner de l’or pur. Les orfèvres peuvent même faire fondre certains alliages et en extraire l’or. Des bijoux d’héritage, démodés ou sans attachement personnel, peuvent être retravaillés afin d’utiliser leur or pour faire de nouveaux bijoux.

    9- Mais les banques d’État n'ont-elles pas dans leurs réserves de grandes quantités d’or?

    Les détracteurs pensent qu’il ne faudrait en principe plus extraire d’or du tout. Des milliers de tonnes d’or sont stockées dans les coffres des banques d’Etat. Si l’on remettait ces réserves sur le marché, on pourrait considérablement réduire l’exploitation de l’or, ou même le faire cesser pendant des années. Les leaders absolus du stockage d’or sont en 2007 les Etats-Unis avec 8133 tonnes. Le FMI en détient 3217 tonnes. La France, pour sa part, stocke 2.658 tonnes d'or dans la chambre forte de la Banque de France.

    10- Quel est le lien entre mon alliance et les dégâts écologiques et sociaux des mines d’or ?

    Quiconque achète de l’or devrait avoir conscience du prix réel du collier, du bracelet ou de la bague qu’il choisit: des millions de tonnes de terre retournée, des paysages dévastés, des milliards de litres d’eau empoisonnée, et des hommes vivant dans la misère et la maladie ou chassés de leurs terres. Le poids de l’objet en or indique la quantité de déchets toxiques, de sols et de roche nécessaires pour le confectionner. Pour une alliance: 20 tonnes !

    11- Que fait Sauvons la Forêt pour les victimes humaines et animales des mines d'or ?

    Dans de nombreux pays, les populations expulsées à cause de la recherche à tout prix de l’or s’opposent de plus en plus contre les destructions environnementales. Sauvons la Forêt soutient par exemple des organisations écologistes, des victimes de l’or au Guatemala, au Ghana et en Equateur, ainsi que des campagnes contre « l’or sale ». Nous offrons de l’aide financière, organisons des actions de protestation par e-mail et informons en France et dans d’autres pays d’Europe sur les conséquences de l’extraction minière de l’or. La sensibilisation du citoyen européen a pour but de montrer à chacun ce qu’il peut faire personnellement contre les problèmes liés à l’or.

    12- Que pouvez vous faire ?

    • Faites retravailler ou recycler vos anciens bijoux ou objets contenant de l’or.
    • Renoncez à l’achat de bijoux en or massif fabriqués industriellement.
    • Parlez des conséquences de l’extraction d’or dans les bijouteries et envoyez un courrier racontant votre conversation à Sauvons la Forêt. Conseillez sur la possibilité d’utiliser de l’or certifié à la place de l’ « or sale », car il est produit selon des standards sociaux et environnementaux plus élevés.
    • Ecrivez à des journaux ou des magazines en confrontant l’image pure que l’on se fait de l’or à son horrible réalité. Vous serez peut-être publié dans le « courrier des lecteurs ».
    • Renoncez aux « cadeaux en or » sous le sapin de Noël ou à d’autres occasions.
    • Diffusez l’information autour de vous à l’aide du site internet de Sauvons la Forêt.
    • Parlez avec le député de votre circonscription et demandez-lui de prendre des mesures actives à ce sujet. Soutenez les réclamations des organisations pour le développement qui demandent au gouvernement de se prononcer contre des crédits supplémentaires de la Banque Mondiale pour les mines d’or.
    • Soutenez Sauvons la Forêt par un don, afin que nous puissions renforcer notre aide aux victimes des mines d’or dans les pays tropicaux.

    Sources: FIAN, archives Sauvons la Forêt - www.earthworksaction.de - www.spiegel.de - http://nodirtygold.org - MineralData - www.finanz.net

    Sauvons la Forêt (Rettet den Regenwald e.V.) / 2008


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  • Films à voir prochainement à la TV 

    « Les déportés du libre échange » de MM Robin 
    Documentaire sur l'ALENA, l'Accord de libre échange nord Américain diffusé sur ARTE, le samedi 4 février à 18 heures 50. C'est la première production de M2Rfilms!
    Depuis l’entrée en vigueur de l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA) en janvier 1994, trois millions de petits paysans ont rejoint les bidonvilles de Mexico ou tenté leur chance clandestinement de l’autre côté du Rio Grande. Auparavant autosuffisant d’un point de vue alimentaire, le Mexique importe aujourd’hui des Etats-Unis 40% de ses aliments. En janvier 2007, la flambée du prix de la tortilla de maïs, aliment de base de la population, a provoqué d'inédites émeutes de la faim. .
    http://robin.blog.arte.tv/2012/01/12/bonne-annee-tous-sur-arte-le-4-fevrier-a-18-heures-50/

    > La Grande invasion de Stéphane Horel sur Public Senat - La Grande Invasion est rediffusée sur Public Sénat aux dates et horaires suivants :
    samedi 21 janvier 22h suivi d’un débat
    dimanche 22 janvier 18h, suivi d’un débat
    samedi 28 janvier à 15h15, suivi d’un débat
    dimanche 29 janvier à 9h, suivi d’un débat
    lundi 30 janvier à 17h15, suivi d’un débat
    http://www.stephanehorel.fr/doc/grandeinvasion/

    Notre quotidien est envahi de produits chimiques. Incrustés dans les plastiques, les  détergents et les grille-pains, nichés dans les aliments, les boîtes de conserve, les jouets, les shampooings, ils sont invisibles et partout à la fois, y compris dans nos corps. La société de consommation et la "magie" pétrochimique peuplent nos intérieurs sous des noms inconnus et parfaitement barbares.

    Sur un ton décalé et plein d'humour, ce documentaire décrypte cette "grande invasion" à l'aide d'interventions de chercheurs reconnus, d'animations en papiers collés et d' archives commerciales des années 1950-60 - allégorie de la frénésie du progrès.

    La diffusion du documentaire sera suivie d’un débat. 


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  • Surendettement : rembourser avant de manger

    (Crédit photo : DR)
    Exclusif - Un décret vient de modifier le calcul des saisis sur salaire des surendettés. Des travailleurs pauvres devront vivre avec moins pour rembourser plus vite leur dû.

    Quelques mots retirés par décret dans le Code du travail vont bouleverser le quotidien de milliers de personnes surendettées. Les parlementaires ont adopté le 14 décembre un décret modifiant le calcul du « reste à vivre » des surendettés.

    De quoi s’agit-il ? La règle en matière de surendettement veut que les personnes salariées peuvent être contraintes par une commission de surendettement de rembourser leurs créances via une saisie automatique sur salaire. Un « reste à vivre » est dans tous les cas préservé pour le salarié, pour qu’il puisse subvenir à ses besoins minimum. Jusqu’à aujourd’hui, ce reste à vivre était proportionnel au nombre de personnes à la charge du salarié. Une personne seule préservait au minimum un montant égal à celui du RSA socle, c’est à dire 466 euros, mais cette somme était croissante en fonction du nombre de membres du foyer (voir le barème par ici).

    La moitié du seuil de pauvreté

    C’est cette variable qui vient d’être supprimée dans le Code du travail. Si bien que le reste à vivre sera le même pour un salarié seul que pour un salarié parent de plusieurs enfants, dès l’entrée en vigueur de la loi, c’est à dire en février 2013. Contacté par Terra eco, Jean-Louis Kiehl, président de l’association d’aide aux surendettés Crésus dénonce une mesure « prise en catimini ». « Ce changement vise à venir en aide aux créanciers qui veulent récupérer plus vite leurs fonds. Mais on s’attaque là aux familles dont les parents sont des travailleurs pauvres, cela sera dévastateur », estime-t-il .

    Difficile de cerner exactement combien de personnes seront frappées par cette modification. En 2011, on estime à près d’un million le nombre de ménages en situation de surendettement en France. Mais exactement 50% des particuliers surendettés sont au chômage, sans profession ou sans activité (invalidité, congé maladie de longue durée ou congé parental) et ne seront donc pas concernés. Par ailleurs, tous les dossiers de surendettement n’aboutissent pas à une saisie sur salaire, bien au contraire. Enfin, la part de salaire « saisissable » dépend du montant des revenus et de la nature des créances contractées. La part du salaire restant à la disposition du salarié est donc souvent supérieure au montant du RSA.

    Toutefois, un rapport de la Banque de France montre que 47% des surendettés ont au moins une personne à charge. Et 13% d’entre eux ont trois personnes ou plus à charge. Une chose est donc sûre : des familles dont le ou les parents travaillent seront contraintes de vivre avec 466 euros par mois seulement, soit deux fois moins que le seuil de pauvreté calculé pour une seule personne, parce qu’elles ont contracté trop de crédits.


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