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OGM : la coexistence avec les autres cultures est-elle possible ? 18/01/2012
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Saisi par le ministère de l'Agriculture, le Haut Conseil des Biotechnologies a rendu son avis sur la question sensible de la coexistence entre OGM et non-OGM. Ce rapport intervient alors que la ministre de l'Ecologie a réaffirmé sa volonté de maintenir le moratoire français sur la culture d'OGM, contre l'avis du conseil d'Etat.
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Les agriculteurs conventionnels pourront-ils continuer leurs cultures sans qu’elles ne soient colonisées par les OGM ? La coexistence est-elle possible entre les deux cultures ? Les cultures non-OGM peuvent en effet être touchées par la dispersion de pollen, de graines, ou d’organes de multiplication végétative, mais également par des opérations de manutention si les filières ne sont pas suffisamment séparées. Le Haut Conseil des Biotechnologies a apporté deux réponses à cette question dans son avis rendu public le 17 janvier. Première réponse : si l’on fixe le seuil de contamination à 0,9% comme le prévoit la directive européenne sur les OGM, (seuil au-delà duquel les produits doivent être étiquettés comme OGM), le HCB estime qu’il est possible de respecter ce seuil « par des mesures techniques » sans complications nouvelles. Deuxième réponse : si le seuil est fixé à 0,1% comme le souhaite le gouvernement pour qualifier les cultures sans OGM (un projet de décret est en cours), les mesures à prendre seront « beaucoup plus contraignantes ». Il faudrait en effet établir un zonage des productions et prévoir la concertation entre les parties prenantes pour « optimiser l’organisation territoriale des productions, entre cultures GM et non GM », indique le HCB. Il ajoute que « le respect du seuil de 0,1% pourra nécessiter la révision des normes et des conditions actuelles de production de semences et de plants, pour garantir la pureté des semences de base ». Un processus très complexe donc. Voulant préserver une « liberté de choix » dans les cultures, le HCB se prononce par ailleurs contre l’adoption de distances fixées au préalable et prône la négociation sur le terrain entre les "usagers de la terre" concernés : agriculteurs, apiculteurs, représentants des filières, organismes collecteurs et stockeurs, le tout sous l’égide de la puissance publique. Il recommande ainsi « d’assurer le maintien d’une offre diversifiée de variétés, OGM et non OGM, au bénéfice des agriculteurs, de sorte que ces derniers conservent effectivement et durablement le libre choix de leur type de production ». En cas d'échec de la négociation, ce sont finalement « les distances définies par arrêté qui s'appliqueront ». Quelle indemnisation ? Par ailleurs les ONG s’insurgent contre le nouveau mode de mesure des contaminations proposé par le HCB. Il est basé sur la parcelle, en comptant les plantes contaminées, alors que jusqu’ici, c’est le pourcentage d'ADN transgénique dans l'ADN total de la plante qui permet d’évaluer la contamination. Un comptage qui permettrait de « faire baisser artificiellement les taux de contamination », selon elles. Enfin, elles reprochent au HCB de ne « pas dire un seul mot de l'apiculture, faisant comme s'il ne s'agissait que de problèmes d'étiquetage » alors qu’aucune étude sur la coexistence avec des ruches n’a pu être publiée aujourd’hui. Les apiculteurs, eux s’inquiètent : la contamination de leur miel par les cultures OGM risque d’entraîner une obligation d’autorisation de mise sur le marché, selon une décision de la Cour de justice de l’Union européenne de septembre 2011. La CEJ a en effet décidé qu’une autorisation de mise sur le marché devrait accompagner chaque pot de miel susceptible de contenir des OGM, même en quantité infime, que le présence d’OGM soit volontaire ou non. |
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| Véronique Smée © 2012 Novethic - Tous droits réservés |
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