Parfois, le diable s’habille en cadre sup. Il arbore le carré lisse, comme cette responsable d’une agence de presse qui jette par terre les dossiers mal rangés de ses employés.
Il porte beau à la Lino Ventura, tel ce haut manager charismatique qui agonit d’injures un subalterne dévoré par l’eczéma.
Il brille de l’aura de sa grande école, comme ce polytechnicien qui ignore superbement une jeune salariée pendant des mois avant de finir par lui tendre une coupe de champagne, l’air de rien, lors d’un pot au bureau.
Ils manient le chaud et le froid, séduisent puis taclent sans crier gare, détruisent et en jouissent. Grands psychopathes ou petits pervers, les chefs tyranniques qui empoisonnent l’existence de leurs subalternes sont la plaie du monde du travail.
Le mal se banalise. Nombre d’études l’affirment, les personnalités difficiles s’épanouissent au boulot, où elles grimpent sans peine l’échelle hiérarchique, jusqu’à régner en despotes […]
Cécile Deffontaines, avec Bérénice Rocfort-Giovanni
