L’autre grand volet de la loi sera la lutte contre le surendettement, en complément de la loi Lagarde, votée il y a trois ans. L'instauration d'un registre national des crédits – une des dispositions phare prévues à l'origine – ne figure pas dans le projet mais devrait être réintroduite par voie d'amendement lors de l'examen parlementaire. Le projet de texte a fait l'objet d'objections juridiques de la part du Conseil d'État et doit être retravaillé, a fait savoir jeudi le ministère, réaffirmant que « sa détermination reste intacte » et que le ficher « figurera bien dans la loi ».
Ce point fait débat : des associations de lutte contre le surendettement, comme Cresus, y sont très favorables depuis de nombreuses années. Mais d’autres, comme l’UFC-Que choisir, estiment qu’un tel fichier positif ne préviendrait nullement le surendettement.
L’UFC-Que choisir regrette que ne figure au bout du compte dans le projet de loi qu’un seul volet sur l’assainissement du crédit à la consommation, pourtant promis par Benoît Hamon : le fait qu’au-delà de 1 000 euros, un professionnel soit tenu de proposer également un crédit amortissable s’il suggère un crédit renouvelable.
En revanche, aucune déliaison n’est faite entre les cartes de fidélité et les cartes de crédit renouvelable. Dans un certain nombre d’enseignes, l'obtention de la première continuera de générer automatiquement la seconde.
Au rayon des avancées, les associations se montrent en revanche satisfaites par les dispositions qui concernent les assurances. Les consommateurs pourront en effet plus facilement résilier leurs contrats d’assurance-habitation et automobile. À partir du 13e mois, ils pourront le faire à tout moment, sans frais ni pénalités. L’objectif est de mieux faire jouer la concurrence, alors que les prix des assurances augmentent sans cesse.
De même, la protection des consommateurs sera plus importante s’agissant des ventes à distance, via la transposition de la directive européenne du 25 octobre 2011. L’allongement du droit de rétractation sera ainsi porté de 7 à 14 jours lors de ce type de ventes.
Également au programme : un durcissement de la loi face aux pratiques commerciales trompeuses ainsi que concernant la commercialisation de denrées alimentaires dangereuses pour la santé. Le scandale de la viande de cheval vendue pour du bœuf est dans tous les esprits. Le texte prévoit de décupler les amendes pour les délits graves, et doit permettre de condamner jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires de l’exercice précédent la faute. Le juge pourra même interdire toute activité commerciale au coupable convaincu de tromperie.